Romain Duris

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Filmographie 19 films

Biographie

Romain Duris est né le 28 mai 1974 à Paris, en France. Avant de devenir l’un des visages les plus marquants du cinéma hexagonal, il se destinait plutôt à une carrière artistique… mais en tant qu’illustrateur. Ce n’est pourtant pas le dessin mais bien le jeu d’acteur qui va révéler chez lui une intensité singulière, brute, presque animale.

Romain Duris, c’est un acteur qu’on ne "dirige" pas, on l’oriente, on l’attrape au vol, on le laisse surgir. Il agit comme un instrument sensible qu’on ne peut ni contraindre, ni dompter totalement.

Repéré dans la rue par un directeur de casting (oui, vraiment), il débute au cinéma sans formation classique, mais avec un instinct de jeu immédiat, une énergie nerveuse qui va très vite devenir sa signature. Il incarne dès ses débuts une jeunesse urbaine, électrique, un peu cabossée, loin des archétypes propres sur eux. Et cette fracture entre le charme naturel et la tension intérieure, il ne cessera de l’explorer dans des rôles toujours plus ambivalents.

De Le Péril jeune à L’Auberge espagnole : le déclic Klapisch

C’est avec Cédric Klapisch que Romain Duris fait ses premiers pas, dans Le Péril jeune (1994), film générationnel où il incarne un adolescent charismatique, désinvolte, un peu paumé — un rôle qui lui colle à la peau sans jamais le réduire. La collaboration entre les deux hommes devient alors l’un des duos récurrents du cinéma français, une sorte de compagnonnage artistique en constante évolution.

Avec L’Auberge espagnole (2002), il devient Xavier, étudiant en Erasmus à Barcelone. Le film est un carton, et Romain Duris devient malgré lui le porte-parole d’une génération : celle des jeunes adultes qui cherchent leur place entre les frontières, les langues et les contradictions. Il reprend ce personnage dans Les Poupées russes et Casse-tête chinois, trois films qui accompagnent son évolution, et celle de ses spectateurs, sur plus d’une décennie.

Mais là où d’autres se seraient installés confortablement dans ce type de rôle, Romain Duris prend à contre-pied les attentes, comme pour mieux préserver sa liberté d’acteur.

Virage sombre et tension intérieure

Très vite, Romain Duris choisit des rôles plus sombres, plus durs, qui cassent son image d’éternel trentenaire bohème. Dans De battre mon cœur s’est arrêté (2005) de Jacques Audiard, il livre une prestation saisissante d’intensité : un jeune homme tiraillé entre sa violence latente et son désir de rédemption à travers la musique. Il y incarne un personnage en lutte, nerveux, tendu comme un fil, à la fois repoussant et bouleversant. Ce rôle le fait changer de catégorie : il n’est plus seulement un acteur populaire, il devient un acteur reconnu, respecté, incontournable.

Il explore ensuite des personnages plus complexes, parfois ambigus, parfois glaçants : tueur à gages, père dépassé, amoureux obsessif, homme au bord de la rupture. Que ce soit dans L’Arnacœur, Populaire, Mood Indigo, Une nouvelle amie ou Nos batailles, il injecte une sensibilité désarmante dans des rôles qui auraient pu être mécaniques ou caricaturaux. Ce mélange d’instinct et de retenue devient sa marque.

Une physicalité singulière au service de personnages mouvants

Ce qui distingue Romain Duris, c’est son corps autant que son visage. Il joue avec ses gestes, ses silences, ses crispations, comme s’il portait le rôle jusque dans ses os. Il n’a pas peur du grotesque, du débordement, ni de l’inconfort. On sent chez lui une tension permanente, un trop-plein d’énergie qu’il canalise dans le regard ou laisse exploser en une fraction de seconde.

Il peut être drôle, mais jamais léger. Il peut être violent, mais jamais vide. Il amène de l’inattendu dans des scènes balisées, et c’est peut-être ce qui le rend aussi difficile à cerner : on ne sait jamais vraiment comment il va jouer, ni où il va nous emmener, et c’est précisément ce qui captive.

Filmographie

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