Roland Joffé

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Détails

Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 4 films
Récompenses 6 nominations et 1 victoire

Biographie

Roland Joffé est un réalisateur et producteur né le 17 novembre 1945 à Londres, au Royaume-Uni, de parents d’origine française. Connu pour ses fresques historiques aux dimensions éthiques et politiques marquées, Roland Joffé s’est imposé dans les années 1980 comme un cinéaste ambitieux, au style visuel affirmé et aux thématiques profondes.

Son cinéma explore la souffrance humaine, les conflits intérieurs, les violences du monde, toujours avec une volonté de confronter le spectateur à l’injustice, au courage ou à la rédemption. Il reste associé à quelques films majeurs du cinéma engagé anglo-saxon, notamment The Killing Fields (La Déchirure, 1984) et The Mission (1986), tous deux salués par la critique et plusieurs fois primés. Après un début de carrière fulgurant, sa filmographie connaît des hauts et des bas, mais conserve une cohérence thématique autour de la tension entre l’individu et l’histoire collective.

The Killing Fields : la révélation internationale

Le premier long-métrage de Roland Joffé, The Killing Fields, frappe fort. Le film revient sur les événements dramatiques du Cambodge sous les Khmers rouges, à travers l’histoire vraie du journaliste américain Sydney Schanberg et de son interprète cambodgien Dith Pran. Confronté à la brutalité du régime, ce dernier tente de survivre alors que le monde occidental regarde ailleurs.

Tourné avec rigueur et émotion, The Killing Fields vaut à Roland Joffé une nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur, et remporte trois Oscars techniques (notamment pour Haing S. Ngor, acteur non professionnel et ancien survivant du génocide cambodgien). Le film est salué pour son humanité, son approche documentaire et sa dénonciation politique sans manichéisme.

Ce succès immédiat propulse Roland Joffé parmi les réalisateurs à suivre dans les années 1980. Il impose un style : caméra fluide, éclairage naturaliste, importance des visages et des regards, et surtout, une tension morale permanente.

The Mission : l’épopée spirituelle

En 1986, Roland Joffé enchaîne avec The Mission, coproduction européenne à grand budget, tournée en Amérique du Sud. Le film met en scène un ancien marchand d’esclaves (interprété par Robert De Niro) devenu jésuite, qui rejoint une mission chrétienne auprès des Indiens guarani dans la jungle amazonienne. Il y croise un autre prêtre, joué par Jeremy Irons, dans un duo tendu entre foi, culpabilité et résistance à l’oppression coloniale.

La musique de Ennio Morricone, la photographie somptueuse de Chris Menges, et la mise en scène ambitieuse de Roland Joffé donnent au film une aura quasi mystique. The Mission reçoit la Palme d’or au Festival de Cannes (ex æquo avec Quand passent les cigognes) et conforte la réputation du cinéaste comme auteur engagé et visuellement puissant.

Mais derrière la beauté, le propos reste complexe : le film interroge le rôle de l’Église, les compromis politiques, la désobéissance morale. C’est là encore une œuvre traversée par des conflits de conscience, où les choix individuels sont mis à l’épreuve du réel.

Des choix audacieux… et des projets inégaux

Après ces deux premiers films acclamés, Roland Joffé continue à explorer des univers exigeants, mais avec des résultats plus contrastés. Fat Man and Little Boy (1989) revient sur la conception de la bombe atomique, avec Paul Newman en général Groves. Le film, bien que nourri par des enjeux scientifiques et moraux importants, peine à convaincre totalement.

Dans les années 1990, Roland Joffé s’oriente vers des productions plus variées. Il réalise City of Joy (1992), tourné en Inde, avec Patrick Swayze, qui cherche à faire le lien entre Occident et pauvreté extrême sans tomber dans l’exotisme facile, pari partiellement réussi. Il s’essaie aussi à des formats plus commerciaux comme The Scarlet Letter (1995) avec Demi Moore, qui, malgré une intention de modernisation, est mal accueilli par la critique.

S’il alterne les genres et les continents, Roland Joffé semble parfois écartelé entre cinéma d’auteur engagé et nécessité de se maintenir dans le circuit international. Il réalise plus tard There Be Dragons (2011), un drame historique et religieux autour de la figure de Josemaría Escrivá, fondateur de l’Opus Dei, une œuvre controversée, symptomatique d’une carrière qui ne suit pas les chemins attendus.

Une approche narrative centrée sur la conscience humaine

Qu’ils soient réussis ou non, les films de Roland Joffé ont en commun un ancrage fort dans les dilemmes moraux, les confrontations idéologiques, les parcours de rédemption. Il met souvent en scène des personnages déchirés entre devoir et foi, entre engagement et loyauté. Ces conflits intérieurs nourrissent un cinéma qui, même dans ses détours les plus imparfaits, garde une forme d’intégrité.

La dimension spirituelle, sans être dogmatique, traverse son œuvre. Elle se manifeste dans les rapports de force entre l’intime et le politique, entre la souffrance individuelle et l’histoire collective. Ce regard humaniste, parfois désabusé, donne à son cinéma une portée qui dépasse la simple reconstitution historique.

Filmographie

4 sur 4 films

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