Roger Lloyd Pack
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Roger Lloyd-Pack est un acteur britannique, né le 8 février 1944 à Islington, Londres et mort le 16 janvier 2014 à Kentish Town, Londres.
Enfance, formation et débuts de Roger Lloyd-Pack
Né Roger Anthony Pack, il grandit dans le nord de Londres dans une famille déjà liée au milieu artistique. Son père, l’acteur Charles Lloyd-Pack, est un second rôle régulier du cinéma britannique de l’après-guerre, ce qui familiarise très tôt Roger Lloyd-Pack avec les plateaux et les plateaux de tournage. Après une scolarité notamment à Bedales School, il suit une formation d’acteur à la Royal Academy of Dramatic Art, l’une des grandes écoles d’art dramatique londoniennes.
Au théâtre, Roger Lloyd-Pack fait ses débuts professionnels au Royal Theatre de Northampton dans The Shoemaker’s Holiday de Thomas Dekker, inscrivant d’emblée son parcours dans un répertoire classique. Parallèlement, il commence à apparaître à l’écran dès les années 1960, d’abord dans de très petits rôles, comme un passant promeneur de chien dans la série The Avengers, puis au cinéma dans The Magus, Hamlet de Tony Richardson, The Go-Between de Joseph Losey ou encore Fiddler on the Roof, où son nom figure au générique parmi les seconds rôles.
Télévision britannique et rôles populaires
La notoriété de Roger Lloyd-Pack repose en grande partie sur la télévision. À partir de 1981, il incarne Colin « Trigger » Ball dans la sitcom de la BBC Only Fools and Horses, rôle qu’il tient jusqu’en 2003. Son personnage de balayeur de rue placide et légèrement à côté de la plaque, compagnon de beuverie de Del Boy et Rodney, devient l’une des figures les plus identifiables de la série et de la comédie britannique des années 1980 et 1990. Présent dès le premier épisode et jusqu’aux ultimes spéciaux, Trigger reste associé à certaines scènes les plus célèbres du programme, ce qui ancre durablement le visage de Roger Lloyd-Pack dans la culture populaire du Royaume-Uni.
Dans les années 1990, il trouve un second rôle emblématique avec Owen Newitt, fermier au franc-parler, dans la série The Vicar of Dibley, diffusée sur la BBC à partir de 1994. Il y côtoie Dawn French dans un registre comique très différent, mais tout aussi marquant, centré sur la vie d’un village anglais autour de sa femme pasteure. Plus tard, il campe Tom dans la sitcom The Old Guys, partageant l’affiche avec Clive Swift. À côté de ces rôles récurrents, il multiplie les apparitions dans des séries de prime time, comme Doc Martin, Law & Order: UK ou encore Doctor Who, où il interprète en 2006 l’industriel John Lumic dans le diptyque « Rise of the Cybermen » / « The Age of Steel ».
Cinéma, théâtre et carrières parallèles
Au cinéma, Roger Lloyd-Pack construit une filmographie de caractère qui s’étend sur plusieurs décennies. Après des participations à The Cook, the Thief, His Wife & Her Lover de Peter Greenaway, Prick Up Your Ears ou Interview with the Vampire, il apparaît en professeur de piano dans ce dernier film, au côté de Tom Cruise et Brad Pitt. Au milieu des années 2000, il est remarqué par un public international dans le rôle de Bartemius Crouch Sr. dans Harry Potter and the Goblet of Fire, adaptation du roman de J. K. Rowling. On le retrouve ensuite dans Vanity Fair de Mira Nair, Made in Dagenham et surtout Tinker Tailor Soldier Spy de Tomas Alfredson, où il interprète Mendel, l’agent de terrain chargé de la filature, dans une distribution dominée par Gary Oldman.
La scène demeure cependant un axe majeur de la carrière de Roger Lloyd-Pack. Il travaille notamment avec la compagnie Joint Stock et joue dans de nombreuses productions du théâtre britannique contemporain. Au milieu des années 1980, il est Osip dans Wild Honey d’après Tchekhov, rôle pour lequel il reçoit un prix de meilleur second rôle aux BTA Awards, puis Victor dans One for the Road de Harold Pinter à la Lyric Hammersmith. Il incarne ensuite Franz Kafka dans la création de Kafka’s Dick d’Alan Bennett, Étienne Plucheux dans A Flea in Her Ear de Feydeau, Tartuffe au Royal Exchange de Manchester et, plus tard, Sir Andrew Aguecheek dans Twelfth Night au Shakespeare’s Globe, rôle salué par la critique. Cette activité scénique, menée de front avec la télévision et le cinéma, contribue à son image d’acteur de composition capable de passer du vaudeville au drame politique.
Vie personnelle, engagements et disparition
Dans sa vie privée, Roger Lloyd-Pack se marie une première fois avec Sheila Ball, avec qui il a une fille, l’actrice Emily Lloyd. Après leur divorce au début des années 1970, il épouse en 2000 la poète et dramaturge Jehane Markham, fille de l’acteur David Markham, avec laquelle il a trois fils. Installé de longue date à Kentish Town, dans le nord de Londres, il possède également une maison près de Fakenham, dans le Norfolk, où il se retire régulièrement. Supporter déclaré du club de football Tottenham Hotspur, il assiste fréquemment aux matchs des Spurs et reste associé à l’image de ce club auprès de nombreux supporters.
Les engagements de Roger Lloyd-Pack dépassent le seul cadre culturel. Il soutient le Labour Party, fait campagne pour Ken Livingstone lors de l’élection du maire de Londres en 2012, puis signe en 2013 une lettre publique appelant à la création d’une nouvelle formation de gauche, Left Unity. Il est également patron de l’association pour enfants Scene & Heard, implantée à Somers Town, et s’implique dans des campagnes contre le réarmement nucléaire ou pour la défense des bibliothèques publiques, ce qui en fait une figure connue du militantisme local à Camden.
Atteint d’un cancer du pancréas, Roger Lloyd-Pack meurt le 16 janvier 2014 à son domicile de Kentish Town, à l’âge de 69 ans. Ses funérailles ont lieu à l’église Saint-Paul de Covent Garden, en présence de nombreux partenaires de jeu issus notamment de Only Fools and Horses, avant son inhumation au cimetière de Highgate. Dans les mois qui suivent, plusieurs programmes auxquels il a contribué lui rendent hommage, parmi lesquels un sketch spécial de Only Fools and Horses pour Sport Relief et un épisode de The Vicar of Dibley, où un carton final rappelle son nom aux côtés de celui d’autres membres disparus de la distribution.