Roger Donaldson

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Détails

Biographie

Roger Donaldson est né le 15 novembre 1945 à Ballarat, en Australie, mais c’est en Nouvelle-Zélande qu’il a véritablement commencé sa carrière de cinéaste. Réalisateur, scénariste et producteur, Roger Donaldson s’est taillé une place solide dans le paysage du cinéma international, notamment dans les années 80 et 90, en enchaînant les thrillers politiques, les films d’action efficaces et quelques incursions dans la science-fiction. Avec une carrière qui s’étend sur plusieurs décennies, il fait partie de ces réalisateurs caméléons, à l’aise aussi bien dans les projets de studios hollywoodiens que dans des productions plus modestes.

Des débuts enracinés dans le renouveau du cinéma néo-zélandais

Arrivé en Nouvelle-Zélande dans les années 60, Roger Donaldson commence par travailler dans la photographie, puis se tourne rapidement vers le documentaire et la télévision. Il réalise notamment plusieurs courts métrages et productions pour la télévision néo-zélandaise, avant de passer au long métrage avec Sleeping Dogs (1977), un thriller politique tendu et sombre. Ce film a une importance particulière : il marque non seulement les débuts au cinéma de Sam Neill, mais aussi un tournant dans le développement de l’industrie cinématographique néo-zélandaise, alors encore balbutiante.

Le ton est donné. Même lorsqu’il s’attaque plus tard à des films plus grand public, Roger Donaldson reste attaché aux tensions humaines, aux choix moraux complexes et à un certain réalisme brut.

L’entrée à Hollywood : stratégie, efficacité et casting cinq étoiles

Le succès local de ses premiers films attire l’attention des studios américains. C’est ainsi qu’il réalise en 1984 The Bounty, avec Mel Gibson et Anthony Hopkins, une nouvelle adaptation de la célèbre mutinerie sur le HMS Bounty. Le film, ambitieux et impeccablement interprété, confirme la capacité de Roger Donaldson à gérer des productions de grande envergure, tout en gardant une dimension psychologique dans son traitement des personnages.

Ce sera ensuite une suite assez régulière de productions hollywoodiennes, souvent portées par des acteurs de premier plan. No Way Out (1987), avec Kevin Costner et Gene Hackman, reste l’un de ses thrillers les plus acclamés, mêlant suspense politique et triangle amoureux, dans un climat de paranoïa en pleine Guerre froide. Puis vient Dante’s Peak (1997), un film catastrophe pur jus, avec Pierce Brosnan, dans lequel un volcan menace une petite ville de montagne. Un plaisir coupable pour certains, un modèle de film de genre maîtrisé pour d’autres.

Une filmographie marquée par la variété… et une obsession pour la tension

Ce qui caractérise Roger Donaldson, ce n’est pas tant un style visuel flamboyant que sa capacité à se glisser dans des genres variés tout en maintenant une tension constante. Il s’intéresse souvent aux personnages pris au piège d’un système, qu’il soit politique (Thirteen Days, 2000), judiciaire (The Recruit, 2003) ou social (The Bank Job, 2008). Ces histoires sont rarement manichéennes : Roger Donaldson préfère les zones grises, les dilemmes moraux, les choix qui coûtent.

Et quand il s’essaie à la science-fiction, comme avec Species (1995), il y ajoute une dose de thriller et un soupçon d’érotisme, dans un mélange typiquement 90’s, pas toujours subtil, mais diablement efficace à sa manière.

Un réalisateur discret mais toujours en mouvement

Malgré une carrière bien remplie, Roger Donaldson n’a jamais vraiment été une star du système hollywoodien. Pas de style tape-à-l’œil, pas de provocations en interview, pas de signature visuelle immédiatement identifiable. Et pourtant, il a su se rendre indispensable, surtout dans les années où les studios cherchaient des réalisateurs capables de livrer des films solides, bien rythmés, avec des scénarios tendus et des têtes d’affiche.

Même dans les années 2010, Roger Donaldson continue à travailler, parfois sur des productions moins visibles, mais toujours avec cette même volonté de raconter une histoire qui accroche, qui fait grimper la tension, et qui tient le spectateur jusqu’au bout.

Il reste aujourd’hui une figure un peu à part : pas tout à fait auteur, pas entièrement réalisateur de commande non plus. Il occupe cette zone intermédiaire entre l’art et le divertissement, avec une filmographie qui, sans révolutionner le cinéma, en dit long sur les standards d’efficacité narrative et de maîtrise technique dans le cinéma anglo-saxon de ces quarante dernières années.

Filmographie

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