Roger Carel
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Détails
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Roger Carel, de son vrai nom Roger Bancharel, est né le 14 août 1927 à Paris et s’est éteint le 11 septembre 2020 à Aigre, en Charente, où il vivait depuis plusieurs années. Acteur de théâtre, de télévision, de cinéma, mais surtout comédien de doublage, Roger Carel est probablement l’un des artistes les plus entendus de la culture populaire française, sans pour autant avoir été systématiquement reconnu à la hauteur de son incroyable influence.
Sa voix, pourtant, est immédiatement identifiable, même quand on ne sait pas qui il est. C’est que Roger Carel a doublé une galaxie entière de personnages mythiques. Astérix, C-3PO, Kermit la grenouille, Winnie l’ourson, Wally Gator, Maigret, Benny Hill, Hercule Poirot, le serpent Kaa, Mickey, Panoramix… autant dire qu’il était difficile d’allumer un écran sans qu’un de ses rôles vocaux ne soit en embuscade.
Une formation classique, pour une carrière pas si classique
Avant d’être une voix, Roger Carel a été un comédien, formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Il débute sur les planches dans les années 1950, jouant Molière, Marivaux ou Feydeau. Il excelle dans les rôles comiques, mais aussi dans des personnages plus nuancés, ce qui lui vaut rapidement l’attention de la radio, puis de la télévision.
Au cinéma, il joue souvent des seconds rôles — voisins inquiets, fonctionnaires lunaires, hommes de foi ou de loi — avec un sens du timing comique parfaitement maîtrisé. Mais c’est avec sa voix qu’il entre vraiment dans les foyers. Et pas qu’un peu.
Le doublage, un art où il a mis tout son art
Roger Carel, c’est une voix caméléon, capable de passer du bourru au guilleret, du cérébral au délirant, en un seul souffle. Il commence à doubler dans les années 1950 et devient très vite une référence. Ce qu’il apporte ? Une capacité à adapter non seulement la voix, mais aussi le rythme, l’intention et le ton à des styles d’humour très différents — américains, anglais, français ou même japonais.
Il est la voix française de Peter Sellers, notamment dans le rôle de l’inspecteur Clouseau dans La Panthère rose. Il devient aussi le Poirot d’Agatha Christie à la télévision française, dans une version mémorable par sa diction méticuleuse et son accent volontairement approximatif. Et surtout, il est la voix officielle de C-3PO dans la saga Star Wars, une performance vocale où la nervosité du robot prend une dimension comique tout en restant crédible.
Mais s’il fallait un rôle pour symboliser Roger Carel, ce serait sans doute Astérix. À partir du premier film animé Astérix le Gaulois (1967), il prête sa voix au célèbre Gaulois moustachu pendant plus de 40 ans, avec une constance remarquable. Il joue également Panoramix, et parfois Idéfix… oui, même le chien. Quand on vous dit qu’il était polyvalent.
Une voix, plusieurs générations, aucun faux pas
Ce qui impressionne chez Roger Carel, c’est la longévité de sa carrière, sans véritable passage à vide. Il a su traverser les décennies, s’adapter à des générations d’humour, à des styles d’animation toujours plus rapides, sans jamais tomber dans l’auto-parodie.
Il a aussi prêté sa voix à de nombreux personnages Disney : Winnie l’ourson, Kaa dans Le Livre de la jungle, Pongo dans Les 101 Dalmatiens, Jiminy Cricket, le Roi dans Cendrillon, Roquefort dans Les Aristochats… et la liste est encore longue. Autant dire que si Disney a bercé ton enfance, il y a 99 % de chances que Roger Carel ait aussi bercé tes oreilles.
Il a également doublé Benny Hill, le comédien britannique au rythme frénétique, avec un timing comique parfaitement maîtrisé. Ce rôle, particulièrement exigeant, lui a valu une reconnaissance dans les milieux professionnels du doublage, notamment pour sa capacité à faire passer de l'humour visuel… par la voix.
Un héritage vocal unique dans l’histoire du doublage français
Roger Carel a révolutionné la perception du doublage en France. À une époque où le métier était encore sous-estimé, il en a fait une discipline à part entière, exigeante, technique, mais aussi profondément artistique. Il n’a jamais improvisé : chaque voix était pensée, chaque intonation pesée. Son travail est souvent invisible, justement parce qu’il est parfaitement intégré à l’œuvre.
Il a influencé toute une génération de comédiens vocaux, dont certains n’ont pas hésité à dire qu’il était « le maître absolu » dans ce domaine. Et même si sa voix est aujourd’hui associée à une époque révolue de l’animation et du cinéma, son héritage demeure vivant, notamment dans les rééditions, les diffusions, et dans la mémoire des spectateurs.
Ce qui reste, c’est cette voix chaleureuse, expressive, et toujours juste, qui savait parler aux enfants sans les infantiliser, et aux adultes sans les ennuyer.
Une disparition discrète, à l’image de sa carrière
Roger Carel s’est éteint à l’âge de 93 ans, en septembre 2020, dans une relative discrétion. Et c’est presque cohérent : l’homme ne cherchait pas la lumière. Il préférait laisser ses personnages parler pour lui. Pas de coups d’éclat, pas de scandales, pas de mégaphone médiatique. Juste des décennies de travail rigoureux, toujours dans l’ombre… mais dans toutes les oreilles.