Robin Williams

  • Casting

Détails

Autre nom Robin McLaurin Williams
Âge
Nationalité
Filmographie 22 films
Récompenses 6 nominations et 1 victoire

Biographie

Robin Williams, né le 21 juillet 1951 à Chicago, Illinois (États-Unis) et décédé le 11 août 2014 à Tiburon, Californie, reste une figure inoubliable du cinéma et de la télévision américaine. À la fois acteur, humoriste, doubleur et improvisateur de génie, Robin Williams a marqué des générations entières par la profondeur de son jeu, capable de passer du rire le plus explosif à l’émotion la plus désarmante, parfois au sein d’une même scène.

Fils d’un cadre de l’industrie automobile et d’une ancienne mannequin, Robin Williams grandit dans un milieu relativement aisé, mais développe très tôt un imaginaire débordant et un goût pour l’imitation. Ce talent naturel l’amène à étudier à la prestigieuse Juilliard School à New York, où il côtoie notamment Christopher Reeve, qui deviendra un ami proche. S’il commence sa carrière dans la comédie pure, Robin Williams démontrera rapidement qu’il peut tout jouer, ou presque.

Mork, stand-up et les débuts télévisuels

La carrière de Robin Williams prend véritablement son envol à la fin des années 1970 avec la série Mork & Mindy, où il incarne un extraterrestre farfelu venu étudier les humains. Ce rôle, taillé sur mesure pour ses talents d’improvisation, le propulse instantanément au rang de star. Le public découvre alors un acteur capable de transformer le moindre dialogue en performance drolatique, imprévisible et joyeusement absurde.

En parallèle, Robin Williams s'impose dans le monde du stand-up, un art qu’il pratique avec une énergie inégalée, enchaînant les personnages, les voix, les digressions et les fulgurances. Son humour est à la fois corrosif, politique, délirant, mais souvent empreint d’une certaine mélancolie. Très vite, il est reconnu comme l’un des humoristes les plus talentueux de sa génération, un électron libre capable de retourner une salle en quelques minutes.

Le passage au cinéma : un acteur à la palette élargie

Dès les années 1980, Robin Williams commence à explorer le cinéma, avec une aisance qui étonne autant qu’elle séduit. Ses premiers rôles, comme dans Popeye (1980) ou Le Monde selon Garp (1982), montrent une volonté de casser l’image du simple comique. Il ne cherche pas uniquement à faire rire, mais à interpréter des personnages touchants, souvent décalés, en quête de sens ou de rédemption.

Le succès critique vient avec Good Morning, Vietnam (1987), où il incarne un animateur radio fantasque pendant la guerre du Vietnam. Le film lui permet d’improviser à loisir tout en abordant un contexte tragique. Cette performance lui vaut sa première nomination à l’Oscar du meilleur acteur, et assoit sa réputation de comédien total, capable de faire rire dans l’horreur sans jamais trahir l’émotion.

Il enchaîne avec Le Cercle des poètes disparus (1989), dans lequel il campe le charismatique professeur Keating. Ce rôle, profondément humaniste, marque une génération entière de spectateurs et devient l’un de ses plus iconiques. Carpe diem entre dans le langage courant, et Robin Williams devient le symbole de l’enseignant inspirant, rêveur, et rebelle dans l’âme.

Entre rire et larmes : la maîtrise du grand écart émotionnel

Ce qui fait la singularité de Robin Williams, c’est justement cette capacité à incarner la comédie sans jamais fuir la douleur. Dans Mrs. Doubtfire (1993), il mélange déguisement burlesque et tristesse paternelle avec une justesse rare. Dans Jumanji (1995), il est à la fois aventurier et enfant brisé. Dans Will Hunting (1997), il devient ce thérapeute doux-amer, père de substitution pour un jeune homme en détresse. Ce dernier rôle lui vaut l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle, une reconnaissance tardive mais méritée.

Il n’hésite pas non plus à incarner des rôles sombres, voire inquiétants. Dans Insomnia (2002) de Christopher Nolan, il joue un meurtrier manipulateur avec une glaçante retenue. Dans Photo Obsession, il campe un employé obsessionnel, loin de l’image joviale qu’il projette ailleurs. Ces incursions dans le thriller psychologique montrent une nouvelle facette de son jeu, plus sobre, plus effrayante, mais tout aussi maîtrisée.

Le doublage et les voix inoubliables

Impossible d’évoquer Robin Williams sans mentionner ses performances vocales. En 1992, il prête sa voix au Génie d’Aladdin dans la version originale du film Disney. C’est l’un de ses rôles les plus emblématiques : un feu d’artifice verbal, rempli d’improvisations, d’accents et de clins d’œil culturels. Le personnage est si fortement lié à sa voix qu’il devient difficile de l’imaginer autrement.

Sa performance redéfinit la manière dont les studios envisagent les doublages de dessins animés, ouvrant la voie à d’autres castings de célébrités. Mais au-delà de l’effet marketing, c’est surtout la générosité et la folie douce de son interprétation qui la rendent inoubliable.

Une vie personnelle marquée par la lutte intérieure

Derrière l’humour, Robin Williams menait un combat constant contre ses propres démons. Il a lutté contre la dépression, l’addiction à l’alcool et aux drogues, et a évoqué publiquement ses difficultés dans plusieurs interviews. Malgré son immense popularité, il semble n’avoir jamais été totalement en paix avec lui-même.

Sa mort, survenue en 2014, a profondément choqué le monde du spectacle et ses fans à travers le monde. Le diagnostic posthume de démence à corps de Lewy, une maladie neurodégénérative, a donné un éclairage nouveau sur ses derniers mois, marqués par la confusion, l’angoisse, et une perte progressive de ses repères mentaux.

Un héritage inépuisable

Aujourd’hui encore, Robin Williams continue de hanter le cœur des spectateurs. Sa filmographie, d’une richesse impressionnante, mêle comédie burlesque, drame intime, thriller psychologique et animation culte. Il a su incarner la complexité humaine avec une rare justesse, en faisant rire pour mieux faire réfléchir, en faisant pleurer sans jamais sombrer dans la mièvrerie.

Ni totalement ange ni tout à fait clown, Robin Williams était un peu tout à la fois. Un funambule émotionnel, capable de marcher entre deux mondes sans jamais tomber. Sa voix, ses regards, ses gestes, tout chez lui exprimait un besoin d’aimer et d’être aimé.

Et s’il fallait résumer ce qu’il a laissé derrière lui, on pourrait dire simplement ceci : un vide immense, mais une chaleur persistante, comme un rire qu’on n’oubliera jamais.

Filmographie

Film Année Durée Rôles
  • Ajouté le
  • Modifié le