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Film Index

Roberto Rossellini

Réalisation Production Écriture

Nationalité
 Italie
Naissance
8 mai 1906
Mort
3 juin 1977
Âge
71 ans
Autre nom
Roberto Gastone Zeffiro Rossellini
Membre de la famille
Rossellini
Filmographie
1 film

Biographie

Roberto Rossellini, de son nom complet Roberto Gastone Zeffiro Rossellini, né le 8 mai 1906 à Rome et mort le 3 juin 1977 dans la même ville, est un réalisateur, scénariste et producteur italien. Il compte parmi les figures fondatrices du néoréalisme italien et développe ensuite une œuvre consacrée aussi bien à la fiction qu’à l’histoire et à la transmission par la télévision.

Une enfance romaine marquée par la découverte du cinéma

Roberto Rossellini grandit dans une famille aisée de la bourgeoisie romaine. Son père, Angelo Giuseppe Rossellini, travaille dans l’entreprise familiale de construction et participe à l’édification de plusieurs bâtiments du centre de Rome, parmi lesquels des salles de cinéma. Le jeune Rossellini bénéficie ainsi très tôt d’un accès régulier aux projections.

Il ne suit pas de cursus universitaire durable et acquiert une grande partie de sa formation dans son environnement familial et par la fréquentation du cinéma. Son frère Renzo Rossellini devient compositeur et signera par la suite la musique de plusieurs de ses films.

Ses premiers travaux importants sont réalisés sous le régime fasciste. Roberto Rossellini collabore au scénario de Luciano Serra, pilote puis met en scène Le Navire blanc, Un pilote revient et L’Homme à la croix. Ces trois films, produits pendant la Seconde Guerre mondiale et liés à l’appareil cinématographique du régime, sont fréquemment réunis sous l’appellation de « trilogie fasciste ».

Rome, ville ouverte et la naissance du néoréalisme

Quelques semaines après la libération de Rome, Roberto Rossellini entreprend Rome, ville ouverte. Le film, tourné dans une ville encore profondément marquée par la guerre, utilise des décors réels et des pellicules de provenances diverses. Anna Magnani et Aldo Fabrizi figurent parmi ses principaux interprètes.

Sorti en 1945, Rome, ville ouverte connaît un retentissement international considérable. Son association de prises de vues en extérieur, de personnages issus du quotidien et d’une représentation directe de l’occupation allemande contribue à établir les principes auxquels sera associé le néoréalisme italien. Le film joue également un rôle majeur dans la reconnaissance internationale de Roberto Rossellini.

Il poursuit ce travail avec Païsa, construit en plusieurs épisodes situés pendant la progression alliée en Italie, puis avec Allemagne année zéro, tourné dans les ruines de Berlin. Ces trois œuvres sont aujourd’hui généralement regroupées sous le nom de trilogie de la guerre.

Roberto Rossellini ne se reconnaît cependant jamais complètement dans une définition stylistique rigide du néoréalisme. Il présente plutôt celui-ci comme une position morale fondée sur l’attention portée aux êtres humains et à leur environnement.

Ingrid Bergman, une collaboration artistique et personnelle

La rencontre avec Ingrid Bergman modifie profondément la vie personnelle et professionnelle de Roberto Rossellini. Après avoir découvert Rome, ville ouverte et Païsa, l’actrice suédoise lui écrit pour lui proposer de travailler avec lui. Cette démarche conduit à Stromboli, tourné sur l’île volcanique italienne.

Pendant le tournage, Roberto Rossellini et Ingrid Bergman entament une relation alors qu’ils sont tous deux mariés. La grossesse de l’actrice et leur liaison provoquent une forte réaction médiatique et politique aux États-Unis. Ils se marient en 1950 et ont trois enfants ensemble, Roberto Ingmar dit Robin, puis les jumelles Isabella et Isotta Ingrid Rossellini.

Leur collaboration comprend notamment Stromboli, Europe 51 et Voyage en Italie. Ces films placent souvent Bergman au centre de récits où un personnage traverse une crise morale, conjugale ou spirituelle. Ils sont accueillis de manière très partagée lors de leur sortie mais acquièrent par la suite une place importante dans l’histoire du cinéma moderne.

Dans Voyage en Italie, Ingrid Bergman et George Sanders interprètent un couple britannique dont le séjour à Naples révèle la dégradation de la relation. Le film abandonne largement la dramaturgie traditionnelle au profit des déplacements, des silences et des réactions des personnages aux lieux qu’ils découvrent. Le BFI le présente comme une étape déterminante vers des formes nouvelles du cinéma moderne.

Une conception du cinéma fondée sur l’observation

Roberto Rossellini accorde une place centrale à l’observation du réel et refuse de subordonner systématiquement la mise en scène à une construction dramatique traditionnelle. Ses films mêlent régulièrement interprètes professionnels et non-professionnels et donnent une importance particulière aux lieux, aux gestes et aux événements quotidiens.

Cette approche ne l’empêche pas de modifier profondément ses méthodes d’un projet à l’autre. Après la période néoréaliste, il travaille notamment sur des récits religieux, des œuvres liées à l’Inde et des films historiques. Le Général Della Rovere, avec Vittorio De Sica, lui apporte en 1959 l’un de ses principaux succès commerciaux et remporte le Lion d’or à Venise ex æquo avec La Grande Guerre de Mario Monicelli.

Roberto Rossellini se montre lui-même réticent à l’idée d’être considéré comme un auteur préoccupé avant tout par son style personnel. Il préfère se définir comme un artisan et manifeste un intérêt constant pour les possibilités techniques, pédagogiques et documentaires du médium.

La télévision comme outil de connaissance

Au début des années 1960, Roberto Rossellini annonce publiquement son intention de s’éloigner du cinéma traditionnel et de consacrer une part croissante de son activité à la télévision. Il considère alors ce média comme un instrument susceptible de transmettre directement l’histoire et les connaissances à un vaste public.

Cette orientation donne naissance à un vaste ensemble de films historiques consacrés à des personnages et périodes majeurs. La Prise de pouvoir par Louis XIV en 1966 constitue l’une des réalisations les plus connues de ce programme. Roberto Rossellini poursuit ensuite avec des œuvres sur Blaise Pascal, René Descartes et la famille Médicis.

Il cherche alors moins à dramatiser l’histoire qu’à montrer les conditions concrètes dans lesquelles les connaissances, les pratiques sociales et les idées se développent. Les gestes quotidiens, les vêtements, les repas ou les méthodes de travail prennent ainsi une place importante dans ces productions.

Ce projet représente environ quarante-deux heures d’œuvres didactiques, principalement produites pour la télévision entre la fin des années 1950 et sa mort. Roberto Rossellini envisageait cet ensemble comme le début d’un programme beaucoup plus vaste consacré à l’histoire de la connaissance humaine.

Une famille étroitement liée à son activité artistique

Avant Ingrid Bergman, Roberto Rossellini épouse la costumière Marcella De Marchis, avec laquelle il a deux fils, Marco Romano et Renzo. Marco meurt durant l’enfance en 1946, tandis que Renzo Rossellini travaille ensuite comme producteur et réalisateur. Marcella De Marchis continue également à collaborer professionnellement avec Rossellini après leur séparation.

Son union avec Ingrid Bergman donne naissance à trois enfants. Isabella Rossellini devient actrice et mannequin, tandis qu’Isotta Ingrid Rossellini poursuit une carrière universitaire dans le domaine de la littérature. Leur fils Roberto Ingmar Rossellini travaille également dans le cinéma et la production.

Après la fin de son mariage avec Bergman, Roberto Rossellini entretient une relation avec l’écrivaine et scénariste indienne Sonali Das Gupta, rencontrée pendant son séjour en Inde. Cette période correspond également à son intérêt croissant pour le documentaire, l’histoire des sociétés et les possibilités éducatives de l’image.

Roberto Rossellini meurt à Rome le 3 juin 1977, à l’âge de 71 ans. Jusqu’à ses dernières années, il poursuit son projet de films historiques et pédagogiques, dont plusieurs restent liés à la télévision européenne.

Filmographie

  • Rome, ville ouverte
    Tout public

    Rome, hiver 1944. Un ingénieur communiste, Giorgio Manfredi, tente d'échapper aux Allemands qui occupent la ville. Il se réfugie chez un ami dont la fiancée, Pina, le met en contact avec le curé de la paroisse Don Pietro. Mais la maîtresse de Manfredi va tous les dénoncer aux Allemands.

    1945 1h40 Réalisateur Producteur Scénario

Récompenses

1

nomination

1

victoire

1 nomination et 1 victoire en 1946.

  1. 1

    1946