Isabella Rossellini
- Casting
Détails
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Nationalités |
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| Filmographie | 10 films |
| Récompenses | 2 nominations et 0 victoire |
Biographie
Née le 18 juin 1952 à Rome, en Italie, Isabella Fiorella Elettra Giovanna Rossellini — plus simplement connue sous le nom d’Isabella Rossellini — est une actrice, mannequin, réalisatrice et écrivaine italienne, naturalisée américaine. Fille du cinéaste Roberto Rossellini, figure majeure du néoréalisme italien, et de l’actrice suédoise Ingrid Bergman, icône hollywoodienne, elle porte en elle l’héritage de deux continents, deux langues, deux traditions du cinéma.
Mais loin de se contenter de cette double lignée légendaire, Isabella Rossellini a construit un parcours à part : inclassable, audacieux, souvent surréaliste, toujours porté par une intelligence artistique discrète et une volonté de ne pas plaire à tout prix. Une icône du style… mais jamais figée.
Du mannequinat au cinéma : l’éclat d’un visage hors du temps
Avant de faire ses débuts au cinéma, Isabella Rossellini se fait d’abord connaître comme mannequin. Dès les années 1980, elle devient l’un des visages emblématiques de la haute couture et de la beauté internationale. En 1982, elle devient l’égérie de Lancôme, rôle qu’elle occupera pendant plus de 14 ans — un record dans l’univers des cosmétiques de luxe, et une reconnaissance mondiale de son élégance sophistiquée, singulière, jamais standardisée.
Mais derrière l’image glacée du mannequin, il y a une actrice curieuse, une femme de lettres, une intellectuelle discrète. Elle débute au cinéma en 1976 dans Nina, puis se fait remarquer dans White Nights (1985), mais c’est David Lynch qui, un an plus tard, va véritablement révéler sa dimension artistique dans Blue Velvet.
Blue Velvet : sensualité, mystère et entrée dans le mythe
En 1986, dans Blue Velvet, elle incarne Dorothy Vallens, chanteuse de cabaret prisonnière d’un monde d’abus, de chantage et de violence feutrée. Le film, sulfureux, déroutant, dérangeant, est aujourd’hui considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de David Lynch. Et Isabella Rossellini y est magnétique, à la fois vulnérable, sensuelle, tragique.
Sa performance, très loin des canons hollywoodiens de l’époque, marque un tournant dans sa carrière : l’icône de mode devient véritable actrice, capable de s’approprier des rôles complexes, risqués, loin des sentiers balisés.
Ce rôle l’ancre définitivement dans un cinéma d’auteur, psychologique et sensoriel, que ce soit avec Lynch ou d’autres cinéastes exigeants.
Une filmographie entre cinéma d’auteur, comédie noire et expérimentations
Dans les années 1990, Isabella Rossellini diversifie ses apparitions. Elle joue dans Death Becomes Her (La Mort vous va si bien, 1992), comédie fantastique culte de Robert Zemeckis, où elle incarne Lisle Von Rhuman, mystérieuse alchimiste de l’immortalité. Silhouette drapée, port altier, regard pénétrant… elle y incarne littéralement l’élixir de jeunesse éternelle.
Elle enchaîne ensuite des rôles dans Fearless de Peter Weir, Big Night, The Saddest Music in the World de Guy Maddin, ou encore Two Lovers de James Gray, toujours en cultivant un mélange rare d’intensité dramatique et de légèreté élégante.
Son visage devient aussi familier sur le petit écran, dans des séries comme Friends, Alias, 30 Rock ou Shut Eye, où elle fait souvent des apparitions à contre-emploi, teintées d’humour et d’ironie sur sa propre image.
Réalisatrice, écrivaine et biologiste (si, si)
Ce qu’on sait moins, c’est que Isabella Rossellini mène aussi une carrière artistique en dehors des plateaux. Passionnée par l’éthologie et la biologie animale, elle suit des études de comportement animalier et crée plusieurs courts-métrages décalés et éducatifs, notamment la série Green Porno (2008-2009), produite par Sundance Channel, dans laquelle elle incarne — littéralement — les comportements reproducteurs de divers animaux. Oui, elle joue une limace de mer, une araignée mâle ou encore un canard, dans des costumes bricolés… et avec une gravité scientifique tout à fait sérieuse.
Sous leurs allures absurdes, ces vidéos sont fascinantes, pédagogiques, féministes et drôlement bien écrites. Elles confirment que l’actrice n’a aucun problème à détourner son image, à se moquer des normes de l’industrie et à s’intéresser à des sujets que peu de stars osent aborder.
Elle est aussi l’autrice de plusieurs ouvrages autobiographiques, dont Some of Me (1997) et In the Name of the Father, the Daughter and the Holy Spirits: Remembering Roberto Rossellini, mêlant mémoire familiale, réflexions artistiques et humour pince-sans-rire.
Une élégance libre, loin des diktats hollywoodiens
Isabella Rossellini, c’est le paradoxe d’une grande dame du cinéma qui ne s’est jamais laissée définir par les règles du glamour. Elle assume son âge, sa singularité, son accent, son intelligence, ses centres d’intérêt bizarres — et c’est précisément ce qui en fait une figure aussi moderne que fascinante.
Lorsqu’elle revient en 2016 comme égérie de Lancôme à l’âge de 63 ans, après avoir été remerciée vingt ans plus tôt pour « avoir vieilli », elle incarne un changement d’époque dans la représentation des femmes dans les médias. Toujours élégante, mais sans chercher à rester éternellement jeune, elle devient un symbole d’authenticité et de liberté artistique.