Robert Wise

  • Réalisation
  • Montage
  • Production

Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 2 films
Récompenses 8 nominations et 6 victoires

Biographie

Né le 10 septembre 1914 à Winchester, dans l’Indiana (États-Unis), Robert Earl Wise reste une figure emblématique du cinéma américain du XXᵉ siècle. Réalisateur, monteur, producteur, il a marqué l’histoire par sa capacité à traverser les genres avec une sobriété remarquable, toujours au service du récit. Il s’éteint le 14 septembre 2005 à Los Angeles, à l’âge de 91 ans, laissant derrière lui une filmographie éclectique, traversée par une rigueur visuelle constante et un goût prononcé pour le rythme juste.

Contrairement à d’autres cinéastes de sa génération portés par une vision d’auteur affirmée, Robert Wise se définit avant tout comme un technicien du cinéma, un homme de l’ombre devenu maître du cadre, du montage et de la narration. Son parcours incarne cette génération de réalisateurs venus de la pratique pure, au style épuré et profondément narratif.

Des débuts au montage et une leçon de rigueur auprès d’Orson Welles

Avant de tenir la caméra, Robert Wise travaille dans les coulisses. Il débute dans les années 1930 comme monteur sonore pour les studios RKO, puis devient monteur image. C’est à lui qu’Orson Welles confie le montage de Citizen Kane (1941), expérience fondatrice qui le confronte à un style cinématographique audacieux, mais aussi à des exigences formelles extrêmes. Le film devient un jalon dans l’histoire du montage, et Wise, à tout juste 27 ans, en sort avec une réputation de rigueur et de précision.

En 1944, il fait ses débuts comme réalisateur avec La Malédiction des hommes-chats, suite officieuse du Chat noir, un film de la série B produit par Val Lewton. Ce cadre modeste l’oblige à faire preuve d’économie visuelle, d’invention, et surtout d’efficacité narrative. Une école qui restera la sienne, quel que soit le genre qu’il aborde par la suite.

Une filmographie qui saute les genres sans jamais perdre la main

Robert Wise est l’un des rares réalisateurs à avoir traversé autant de genres sans se laisser enfermer dans un style ou un public cible. Film noir (Born to Kill, The Set-Up), horreur gothique (The Haunting), science-fiction (The Day the Earth Stood Still, The Andromeda Strain, Star Trek: The Motion Picture), drame judiciaire (I Want to Live!), comédie musicale (West Side Story, The Sound of Music)… Il touche à tout, avec une même volonté : servir le propos par la forme, et non l’inverse.

Son style n’est jamais démonstratif. Il repose sur une maîtrise millimétrée du découpage, un sens très sûr du tempo (hérité de son expérience de monteur), et une direction d’acteurs qui favorise la clarté émotionnelle. Ce n’est pas un cinéma flamboyant, mais un cinéma solide, capable de magnifier aussi bien un ballet urbain dans West Side Story qu’un huis clos spatial ou un procès social.

L’apogée des années 60 : l’Oscar et la reconnaissance critique

C’est au début des années 60 que Robert Wise atteint une reconnaissance mondiale. Il co-réalise avec Jerome Robbins West Side Story (1961), adaptation explosive de la comédie musicale de Broadway, qui rafle 10 Oscars, dont celui de meilleur film et meilleur réalisateur. Il enchaîne quatre ans plus tard avec The Sound of Music (1965), qui devient un phénomène mondial, porté par Julie Andrews. Là encore, Wise parvient à jongler entre classicisme et dynamisme, offrant un spectacle à la fois limpide et moderne, sans jamais sombrer dans le kitsch.

Ces deux films résument bien sa philosophie de réalisateur : laisser parler l’histoire, soigner l’articulation visuelle, tout en restant humble devant le sujet. Et visiblement, ça paie.

Un homme d’institutions et un mentor discret

Outre sa carrière de réalisateur, Robert Wise s’illustre aussi comme figure de référence de l’industrie. Il préside la Directors Guild of America, puis l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Il reçoit en 1967 l’Irving G. Thalberg Award, en 1998 l’AFI Life Achievement Award, et en 2001 la National Medal of Arts. De nombreux réalisateurs, comme Ron Howard ou Steven Spielberg, saluent son influence en tant que technicien du récit et transmetteur de savoir-faire.

Il n’a jamais cherché à créer une école ou à imposer un manifeste. Au contraire, il incarne une génération pour qui le film est un objet collectif, que l’on façonne avec méthode, patience et discrétion. Pas d’ego surdimensionné, pas de prises de position tonitruantes — juste du cinéma pensé pour durer.

Une filmographie à redécouvrir pour ce qu’elle est : un modèle de maîtrise

Aujourd’hui, Robert Wise est parfois cité comme un réalisateur « sans style », ou comme un caméléon technique. C’est un malentendu tenace. Ce qu’il propose, c’est un style invisible, où la technique disparaît derrière la narration. Ses meilleurs films sont encore étudiés dans les écoles de cinéma, précisément pour cette raison : parce qu’ils sont construits avec intelligence, retenue, et une rigueur rarement égalée.

Dans un paysage cinématographique souvent dominé par l’esbroufe visuelle ou les signatures spectaculaires, la méthode Wise rappelle une chose essentielle : la mise en scène, ce n’est pas ce qu’on montre, c’est ce qu’on permet de ressentir.

Filmographie

2 sur 2 films

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