Robert Towne
- Casting
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 6 films |
| Récompenses | 5 nominations et 3 victoires |
Biographie
Robert Towne, né le 23 novembre 1934 à Los Angeles, en Californie (États-Unis) et décédé le 1er juillet 2024, était un scénariste, réalisateur et script doctor américain considéré comme l’un des plus grands auteurs du cinéma américain moderne.
Il est notamment célèbre pour avoir écrit le scénario de Chinatown (1974), souvent cité comme l’un des meilleurs scripts jamais écrits, récompensé par l’Oscar du meilleur scénario original. Figure centrale du Nouvel Hollywood des années 1970, Robert Towne s’est imposé comme un styliste du dialogue, un maître des intrigues complexes, et un réparateur de scénarios (script doctor) redouté, souvent dans l’ombre, parfois sans crédit, mais toujours essentiel.
Des débuts discrets à l’écriture brillante : les années de formation
Né et élevé à Los Angeles, Robert Towne grandit au cœur de l’industrie cinématographique. Après des études à Pomona College, il fait ses premières armes dans les années 1960, notamment grâce à Roger Corman, célèbre pour avoir lancé de nombreux talents. Il travaille sur des films à petit budget, tout en se forgeant une culture du scénario solide et instinctive.
Ce n’est qu’à la fin des années 60 qu’il commence à attirer l’attention de Hollywood grâce à son travail de réécriture, en particulier sur des films comme Bonnie and Clyde (1967), The Godfather (1972) et The Parallax View (1974), où il n’est parfois pas crédité officiellement, mais dont il a façonné certains des passages les plus emblématiques.
En parallèle, il noue des liens étroits avec des réalisateurs et acteurs majeurs comme Warren Beatty, Hal Ashby, Francis Ford Coppola, ou encore Roman Polanski, avec qui il signera son chef-d’œuvre.
Chinatown : la quintessence du scénario hollywoodien
Avec Chinatown (1974), réalisé par Roman Polanski et interprété par Jack Nicholson, Robert Towne livre un scénario qui devient rapidement une référence absolue en matière de structure narrative. Le film, hommage au film noir des années 40, prend place dans un Los Angeles corrompu et assoiffé d’eau, en apparence une enquête classique, mais en réalité une plongée dans les méandres du pouvoir, de l’inceste et de la manipulation politique.
Le script, souvent étudié dans les écoles de cinéma, brille par sa construction minutieuse, ses révélations progressives, son dialogue tranchant, et sa fin tragiquement inévitable, que Polanski impose à la place d’une version initialement plus optimiste.
L'Oscar du meilleur scénario original viendra récompenser Robert Towne, et Chinatown demeure encore aujourd’hui un mètre étalon du film noir moderne. À lui seul, ce film suffit à inscrire Towne dans l’histoire du cinéma, mais sa carrière ne s’arrête pas là.
Scénariste respecté, script doctor de l’ombre
Dans les années qui suivent, Robert Towne continue à travailler à la fois sur ses propres projets et comme conseiller de l’ombre sur d’autres scénarios. Il intervient sur The Godfather (en peaufinant des scènes cruciales), Marathon Man, Shampoo (coécrit avec Warren Beatty), et plus tard Mission: Impossible (1996), qu’il co-signe avec David Koepp.
Son style se distingue par une langue précise, jamais bavarde, des sous-entendus ciselés, et une capacité rare à structurer des récits complexes sans jamais perdre le spectateur. Il maîtrise à la perfection l’art du conflit invisible, celui qui se joue dans les regards, dans les silences, dans les choix impossibles.
Même lorsqu’il n’est pas officiellement crédité, son nom circule dans les couloirs comme le sauveur des scénarios boiteux, celui qu’on appelle en urgence pour faire passer un script de passable à brillant.
Robert Towne, réalisateur par intermittence
Si la majorité de sa carrière se concentre sur l’écriture, Robert Towne passe aussi à la réalisation dans les années 80 et 90. Il signe notamment :
- Personal Best (1982), un drame sportif et romantique autour de l’athlétisme féminin
- Tequila Sunrise (1988), thriller policier stylisé avec Mel Gibson, Michelle Pfeiffer et Kurt Russell
- Without Limits (1998), biopic sportif centré sur le coureur Steve Prefontaine, très apprécié pour sa sensibilité
Bien que respectés, ses films ne rencontrent pas le même impact que ses scénarios. Mais on y retrouve son obsession pour les personnages ambigus, les décors californiens, et les récits en demi-teinte, loin des résolutions faciles.
Une figure tutélaire du scénario américain
Avec le temps, Robert Towne est devenu une référence absolue pour toute une génération de scénaristes, de Paul Thomas Anderson à Noah Baumbach, en passant par les frères Coen. Il est cité, étudié, commenté comme l’un des rares à avoir su marier l’efficacité narrative hollywoodienne et une vraie sensibilité d’auteur.
S’il a parfois disparu du devant de la scène, il est resté actif dans les coulisses, collaborant à des projets en développement, participant à des conférences et interviews, et intervenant ponctuellement dans des ateliers de scénario.
Plus récemment, il a été associé à l’écriture d’une série sur les coulisses du monde hippique à Los Angeles, un retour à ses racines, au cœur de cette Californie trouble et fascinante qu’il n’a jamais cessé d’explorer.
Robert Towne, ou la voix intérieure d’un certain Hollywood
Dans une industrie obsédée par le spectaculaire, Robert Towne a toujours misé sur l’humain, le conflit intérieur, la tragédie quotidienne. Il n’écrit pas pour impressionner, mais pour révéler ce que les personnages veulent cacher, pour faire émerger les failles derrière les masques, pour laisser le sous-texte parler autant que les mots.
Sa carrière, marquée par une discrétion assumée et une fidélité aux récits complexes, fait de lui un gardien du cinéma adulte, celui qui ne prend pas son spectateur pour un enfant ni pour un simple client. Un scénariste, un vrai, de ceux dont les dialogues résonnent longtemps après le générique de fin.
Filmographie
6 sur 6 films