Robert Rodriguez
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 22 films |
Biographie
Le cinéaste texan qui a filmé Hollywood comme un western mexicain
Robert Rodriguez, de son nom complet Robert Anthony Rodriguez, est né le 20 juin 1968 à San Antonio, au Texas (États-Unis). Réalisateur, scénariste, producteur, monteur, compositeur… parfois tout à la fois, Robert Rodriguez est un touche-à-tout du cinéma indépendant américain, connu pour son style visuel explosif, son économie de moyens assumée, et sa capacité à concilier série B assumée et créativité débridée.
Entre le sang des cartels, les explosions improbables, les enfants espions et les tueurs à guitare, il a construit un cinéma à la fois personnel, jubilatoire et sans complexes, toujours quelque part entre Tex-Mex et pulp.
El Mariachi : le coup de feu initial à 7 000 dollars
Robert Rodriguez commence par écrire, réaliser, monter et produire son premier film avec un budget dérisoire : El Mariachi (1992), tourné pour 7 000 dollars, une légende du cinéma indépendant à lui tout seul. Il finance le tournage en se prêtant à des essais médicaux rémunérés, et tourne dans les rues mexicaines avec des amateurs et une caméra empruntée.
Le film est repéré par Columbia Pictures, qui en achète les droits et le distribue largement, lançant ainsi la carrière de Rodriguez comme exemple vivant du "do-it-yourself" hollywoodien. Il devient instantanément un symbole du cinéma indépendant latino-américain fait maison, mais stylisé.
La trilogie mexicaine : Desperado, Once Upon a Time in Mexico… et des guitares qui explosent
Fort de ce succès, Robert Rodriguez enchaîne avec Desperado (1995), suite/reboot avec Antonio Banderas dans le rôle-titre, et Salma Hayek en tueuse magnétique. Le film impose un style visuel déjà très marqué : ralentis nerveux, humour noir, violence graphique et cool désinvolte.
La saga se termine avec Once Upon a Time in Mexico (2003), troisième volet plus ambitieux, où Rodriguez mêle espionnage, western et révolution mexicaine, dans un joyeux chaos porté par Johnny Depp, Banderas et Willem Dafoe.
Ce triptyque, souvent surnommé la trilogie du Mariachi, résume tout ce qui fait le charme du cinéaste texan : l’amour du genre, la caméra libre, les personnages bigger than life, et la volonté d’en faire toujours plus avec parfois… pas grand-chose.
From Dusk Till Dawn, Sin City, Planet Terror : le roi du cinéma pulp
Au-delà des westerns urbains, Robert Rodriguez est aussi un fan absolu de cinéma de genre, ce qui le pousse à collaborer avec Quentin Tarantino, son ami et complice depuis les années 1990.
Il réalise From Dusk Till Dawn (1996), un film hybride qui commence comme un polar à la Reservoir Dogs, et vire à mi-parcours en série B vampirique déchaînée. Il s’amuse avec les codes, les twists, les effets sanglants et les dialogues savoureux, le tout dans un esprit "drive-in revisité".
Il atteint un nouveau sommet avec Sin City (2005), co-réalisé avec Frank Miller, dont il adapte fidèlement l’esthétique de la bande dessinée en noir, blanc et violence stylisée. Ce film devient un jalon du cinéma numérique, notamment grâce à sa photographie radicale et son ton nihiliste, et montre que Rodriguez peut associer expérimentation visuelle et pure série noire.
Il récidive avec Planet Terror (2007), sa moitié du projet Grindhouse, un double programme rétro avec Tarantino (Death Proof). Rodriguez y livre une histoire de zombies toxiques, de strip-teaseuses armées et de militaires dégénérés, dans un hommage total aux films d’exploitation des années 70, jusqu’au grain de la pellicule.
Spy Kids et le goût du fun familial
Mais Robert Rodriguez ne s’enferme pas dans le cinéma d’adultes amateurs de ketchup visuel. Il surprend tout le monde en créant la saga Spy Kids (2001–2011), films pour enfants où de jeunes espions sauvent le monde, armés de gadgets farfelus et de répliques punchy.
Coloré, léger, souvent délirant, l’univers Spy Kids révèle un autre versant de son cinéma : celui de l’inventivité joyeuse et accessible, toujours bricolée avec passion mais pensée pour émerveiller plutôt que choquer. Il y intègre d’ailleurs ses propres enfants… dans les rôles, les idées, et parfois le générique.
Rodriguez est un papa-cinéaste, qui filme l’imagination comme un parc d’attractions digital, sans se prendre au sérieux — ce qui lui permet d’attirer aussi bien des enfants que des parents nostalgiques du Saturday movie.
Un artisan du système D, entre indépendance et gros studios
Ce qui distingue Robert Rodriguez de nombreux cinéastes hollywoodiens, c’est son attachement farouche à l’indépendance. Il a fondé son propre studio, Troublemaker Studios, basé à Austin, au Texas, loin de Los Angeles. Il préfère tourner en petit comité, bricoler ses effets, composer ses musiques lui-même, et parfois même tenir la caméra.
Il a souvent refusé de rejoindre les grandes machines hollywoodiennes, préférant des projets où il contrôle tout ou presque, quitte à en assumer les défauts.
Même lorsqu’il participe à de grosses franchises, comme Alita: Battle Angel (2019), coécrit et produit par James Cameron, il conserve un sens de l’image vif et ludique, et une narration directe, sans fioritures inutiles.
Un style reconnaissable : graphisme, adrénaline, autodérision
Robert Rodriguez, c’est un cinéaste qui ne cache jamais son amour du faux, du bricolé, du second degré et des coulures de sang numériques. Il ne filme pas pour faire réaliste, mais pour faire vibrer, faire sourire, faire bondir. Il aime le rythme qui tabasse, les méchants outranciers, les héros cabossés et les gadgets improbables.
Son cinéma est souvent un melting pot de références, entre western spaghetti, comic book, soap mexicain, série Z et jeu vidéo. Il assume tout, même l’excès. Ce qui compte, chez lui, c’est l’énergie.
Robert Rodriguez : le punk du cinéma de genre devenu mogul du fun
Robert Rodriguez, c’est l’exemple même du cinéaste qui a refusé de choisir entre artisanat et spectacle, entre films fauchés et délires numériques. Il a toujours suivi ses envies, qu’elles mènent à une explosion de zombies, une ballade en guitare mitraillette ou une course-poursuite dans une base lunaire pour enfants.
Il filme comme il respire : vite, fort, avec passion, et souvent en dehors des normes. Et même si tous ses films ne font pas l’unanimité, ils portent tous sa patte, ce mélange si particulier de violence graphique, d’humour pulp, et de sincérité de gamin qui s’amuse avec une caméra.
En résumé, Robert Rodriguez, c’est un peu le Quentin Tarantino qui aurait grandi avec une Super Nintendo dans un garage texan. Et il ne s’en cache pas.
Filmographie
22 sur 22 films