Robert Hardy
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Né le 29 octobre 1925 à Cheltenham, en Angleterre (Royaume-Uni), Robert Hardy (nom complet : Timothy Sydney Robert Hardy) fut un acteur britannique à la carrière aussi longue que variée. Décédé le 3 août 2017 à l’âge de 91 ans, il laisse derrière lui une impressionnante galerie de personnages, incarnés aussi bien sur les planches que dans des séries télévisées, au cinéma ou dans des téléfilms historiques. Reconnaissable à sa diction soignée et à son port altier, Robert Hardy a souvent été associé à des rôles d’hommes d’autorité, de figures historiques, ou de notables anglais, ce qui, il faut bien l’admettre, allait très bien avec ses moustaches et son flegme.
Une formation classique et une affection durable pour Shakespeare
Diplômé d’Oxford, Robert Hardy étudie la littérature, mais s’oriente très tôt vers le théâtre. Il est formé dans la tradition classique britannique, ce qui signifie, entre autres, une maîtrise parfaite des textes de Shakespeare. Il rejoint rapidement la Royal Shakespeare Company, où il se fait remarquer dans plusieurs pièces majeures du répertoire. Ses rôles dans Henry V, Coriolan ou Le Roi Lear font de lui un pilier du théâtre anglais d’après-guerre.
Comme beaucoup de ses contemporains, il passe avec aisance du théâtre à la télévision. Ce n’est pas un acteur qui clame ses performances, mais plutôt un artisan du jeu, précis, efficace et élégant.
All Creatures Great and Small, un rôle culte à la télévision britannique
C’est sans doute avec la série All Creatures Great and Small (1978–1990), adaptée des romans semi-autobiographiques de James Herriot, que Robert Hardy devient une figure familière du petit écran britannique. Il y incarne Siegfried Farnon, vétérinaire excentrique et passionné, dans la campagne anglaise des années 1930.
Le personnage est à la fois fantasque et attachant, et Robert Hardy y met toute sa finesse d’interprétation. C’est l’un de ses rôles les plus populaires, qui lui vaut une affection durable du public anglais. On est ici loin des figures royales ou militaires, et pourtant, l’acteur conserve ce mélange de stature et d’humanité qui devient sa marque de fabrique.
Winston Churchill, un rôle qu’il a porté à plusieurs reprises
Parmi les rôles marquants de Robert Hardy, celui de Winston Churchill revient souvent... au point qu’il l’a incarné pas moins de huit fois dans des productions différentes, aussi bien pour la télévision que pour des téléfilms. Ce n’est pas un hasard : il partage avec Churchill une voix grave, une prestance certaine, et une capacité à transmettre à la fois l’autorité et les failles d’un homme complexe.
Sa prestation dans Winston Churchill: The Wilderness Years (1981), mini-série saluée par la critique, est souvent considérée comme l’une des meilleures incarnations du célèbre Premier ministre. Il ne cherche pas à imiter Churchill dans ses moindres tics, mais plutôt à l’habiter, ce qui donne une interprétation nuancée et crédible, loin de la caricature.
Cornelius Fudge, ou l’entrée dans l’univers Harry Potter
Pour le grand public international, surtout les plus jeunes, Robert Hardy reste surtout connu pour son rôle de Cornelius Fudge, Ministre de la Magie dans la saga Harry Potter. Il apparaît dans plusieurs films de la série entre 2002 (Harry Potter et la Chambre des Secrets) et 2007 (Harry Potter et l’Ordre du Phénix).
Son personnage est celui d’un homme politique dépassé par les événements, plus soucieux de l’image que de la vérité. Avec son habituel mélange de rigidité et de panique contenue, Robert Hardy en fait un Fudge parfaitement crédible, presque pathétique dans son aveuglement. Un rôle mineur dans l’univers de Rowling, mais qu’il rend tout à fait mémorable grâce à sa maîtrise du détail.
Une personnalité érudite et une passion pour les arcs et les flèches
En dehors du théâtre et du cinéma, Robert Hardy avait une passion étonnante : le tir à l’arc historique. Il était un expert reconnu en archerie médiévale, au point de publier des ouvrages de référence sur le longbow anglais et de collaborer avec le British Museum sur ce sujet. On est donc ici loin de l’acteur qui se contente d’apprendre ses lignes. Chez Robert Hardy, la passion pour l’Histoire est bien réelle, documentée, presque savante.
Il aimait aussi partager son savoir, aussi bien dans les documentaires que lors d’émissions culturelles. Son érudition naturelle renforçait encore cette image de gentleman acteur, à la frontière entre la scène et le savoir.
Une longévité discrète mais impressionnante
La carrière de Robert Hardy s’étend sur plus de 70 ans, ce qui force le respect. S’il n’a jamais cherché à devenir une star de cinéma, il a toujours été une valeur sûre du paysage culturel britannique. Son nom rime avec professionnalisme, présence et fidélité à la tradition du théâtre classique, sans jamais tomber dans le maniérisme.
Il est de ces acteurs qu’on reconnaît sans forcément pouvoir citer tous leurs films, mais dont la présence rassure à l’écran. Une sorte de colonne vertébrale silencieuse du jeu britannique, au service des textes, des rôles, et d’un art qu’il a servi avec élégance jusqu’à un âge avancé.
Robert Hardy, c’était la classe britannique sans le snobisme, la rigueur sans l’affectation. Et une fois encore, il prouve que certains acteurs ne crient pas leur talent… ils le murmurent avec précision.