Robert Forster
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 18 films |
| Récompense | 1 nomination et 0 victoire |
Biographie
Robert Forster, né le 13 juillet 1941 à Rochester (New York, États-Unis) et décédé le 11 octobre 2019 à Los Angeles, est un acteur américain dont la carrière a connu plusieurs vies.
Il est de ces comédiens qui ont connu la gloire, le creux, puis la redécouverte, tout en gardant une constance dans le jeu et une fidélité au métier qui forcent le respect. Son visage calme, son regard un peu triste mais franc, et cette voix grave et posée l’ont rendu immédiatement crédible dans des rôles de flics, de pères de famille, de types ordinaires… ou de losers magnifiques.
Robert Forster, c’est avant tout l’histoire d’un acteur terrien, jamais spectaculaire, mais toujours juste. Un professionnel du “moins c’est plus”, qui a traversé des décennies de cinéma américain avec humilité et classe.
Les débuts dans les années 60 : un acteur prometteur dans un cinéma en mutation
Après des études en droit à l’Université de Rochester, Robert Forster se tourne vers le théâtre, puis décroche ses premiers rôles à la télévision. Il fait ses débuts au cinéma en 1967 dans Reflections in a Golden Eye aux côtés de Marlon Brando et Elizabeth Taylor. Un baptême du feu impressionnant, qui attire immédiatement l’attention sur lui.
Il enchaîne avec Medium Cool (1969), un film hybride entre fiction et documentaire signé Haskell Wexler, tourné au cœur de manifestations réelles. Ce rôle de journaliste plongé dans l’Amérique agitée des années 60 reste l’un de ses plus marquants. Le style naturaliste de Robert Forster, déjà bien installé, colle parfaitement à l’esprit du film.
À cette époque, tout semble lui sourire. Il est jeune, talentueux, et a ce mélange rare de virilité tranquille et de vulnérabilité discrète. Mais Hollywood est capricieux, et les promesses ne tiennent pas toujours.
Une traversée du désert discrète, mais fidèle au métier
Durant les années 70 et 80, Robert Forster continue à tourner, mais souvent dans des séries B, des films d’action oubliables ou des téléfilms. Il accepte des rôles alimentaires, sans jamais se départir de son sérieux. Qu’il joue un détective dans une production fauchée ou un père dans un drame de seconde zone, il le fait toujours avec conviction.
Il devient en quelque sorte un acteur de fond, de ceux qu’on appelle quand il faut du solide, du crédible, du vrai. Loin du star-system, il continue à vivre modestement de son métier, sans bruit, sans scandale, et surtout sans renier ce qu’il est.
Cette période aurait pu sonner comme un lent effacement. Mais Robert Forster n’a jamais cherché à fuir cette réalité. Il la prend comme elle vient, avec une sorte de dignité tranquille qui finit par payer.
Le retour inattendu grâce à Quentin Tarantino et Jackie Brown
En 1997, Quentin Tarantino lui offre le rôle de Max Cherry, le bail bondsman doux et mélancolique de Jackie Brown. Ce rôle relance sa carrière d’un seul coup. Face à Pam Grier, Robert Forster livre une performance tout en retenue, pleine de sensibilité, qui séduit autant la critique que le public.
Il décroche une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle masculin, et prouve, à 56 ans, qu’il a encore beaucoup à offrir. Loin de jouer la revanche tonitruante, il accueille cette reconnaissance avec humilité, comme une parenthèse bienvenue dans un parcours déjà long.
Ce retour sur le devant de la scène lui ouvre de nouvelles portes, mais il reste fidèle à son style : pas de compositions flamboyantes, pas de rôles exagérés, juste cette manière unique de faire exister des hommes ordinaires, de les ancrer dans le réel.
Une fin de carrière active, entre séries, films indépendants et fidélité au cinéma populaire
Après Jackie Brown, Robert Forster devient une figure recherchée pour des rôles secondaires de qualité. Il apparaît dans Mulholland Drive de David Lynch, Me, Myself & Irene avec Jim Carrey, The Descendants d’Alexander Payne, Like Mike, Olympus Has Fallen… et la liste est longue. À chaque fois, il joue avec cette même rigueur presque invisible.
Il s’illustre aussi à la télévision dans des séries comme Heroes, Breaking Bad et plus tard Better Call Saul, où il reprend son rôle de "nettoyeur" de vie, Ed Galbraith. Là encore, peu de scènes, peu de mots… mais un impact fort.
Même au crépuscule de sa vie, Robert Forster continue à tourner. Il apparaît dans El Camino: A Breaking Bad Movie (2019), sorti le jour même de son décès, comme un clin d’œil à cette constance inébranlable jusqu’au bout.
Robert Forster, ou la noblesse du jeu simple
Dans un monde du cinéma souvent avide d’esbroufe, Robert Forster représentait une forme d’élégance silencieuse. Il ne jouait pas pour briller, mais pour raconter. Il n’interprétait pas des archétypes, mais des humains. Il ne cherchait pas à séduire, mais à être juste. Et cette quête de simplicité, paradoxalement, faisait de lui un acteur rare.
Il avait cette présence rassurante, ce grain de voix usé mais doux, cette manière de regarder ses partenaires avec une attention sincère. C’était un acteur qu’on croyait sans effort. Parce qu’il ne trichait pas.