Robert Benton

  • Réalisation
  • Écriture

Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 4 films
Récompenses 9 nominations et 3 victoires

Biographie

Robert Benton, né le 29 septembre 1932 à Waxahachie, dans le Texas (États-Unis) et décédé le 11 mai 2025, était un scénariste et réalisateur américain, surtout connu pour ses films à la fois intimes, humanistes et portés par une écriture subtile. Son nom n’est peut-être pas aussi souvent cité que ceux des grands réalisateurs de son époque, mais Robert Benton a contribué à faire évoluer le cinéma hollywoodien des années 1970 et 1980 en injectant dans ses histoires une sincérité rarement ostentatoire, toujours touchante.

Avant de se lancer dans le septième art, Robert Benton travaille dans le milieu de la presse écrite, notamment pour le magazine Esquire. Une formation littéraire qui explique sans doute la finesse psychologique de ses scénarios et son goût marqué pour les dialogues bien construits. À l’écran, cela donne des films souvent simples en apparence, mais d’une profondeur émotionnelle durable.

Des débuts remarqués avec Bonnie and Clyde : écrire pour une génération en rupture

Le premier grand coup d’éclat de Robert Benton vient en tant que scénariste. En 1967, il coécrit Bonnie and Clyde avec David Newman. Le film, réalisé par Arthur Penn, révolutionne le cinéma américain par sa violence graphique, son ton anti-establishment et sa construction narrative inspirée de la Nouvelle Vague française.

Bonnie and Clyde devient un classique instantané, remettant en question les codes du cinéma hollywoodien traditionnel. Le scénario signé Robert Benton capte l’air du temps, entre frustration sociale et romantisme noir. Il ouvre la voie au Nouvel Hollywood, cette période où les auteurs prennent le pouvoir sur les studios.

Un réalisateur sensible aux failles humaines

Après ce succès d’écriture, Robert Benton passe rapidement à la réalisation. Son style est sobre, attaché aux personnages et à leurs failles, sans jamais tomber dans le mélodrame. En 1979, il écrit et réalise Kramer vs. Kramer, qui deviendra son film le plus célèbre. Porté par Dustin Hoffman et Meryl Streep, le long métrage traite avec une rare justesse du divorce, de la parentalité et de la reconstruction après la rupture.

Kramer vs. Kramer remporte cinq Oscars, dont meilleur film, meilleur scénario adapté et meilleure réalisation pour Robert Benton lui-même. Ce n’est pas seulement un triomphe critique et commercial, c’est aussi une œuvre profondément ancrée dans les transformations sociales de son époque — notamment la remise en question des rôles genrés dans la famille.

Des films subtils, entre tendresse et désillusion

Dans les années qui suivent, Robert Benton poursuit une filmographie discrète mais élégante. Il signe Places in the Heart (1984), avec Sally Field, un drame rural se déroulant pendant la Grande Dépression. Le film lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars pour la réalisation et lui permet de remporter une seconde statuette pour le meilleur scénario original. Il y explore des thèmes récurrents chez lui : la résilience, la communauté, les petites victoires humaines face à l’adversité.

Il réalise ensuite Nobody’s Fool (1994), avec Paul Newman dans un rôle crépusculaire salué par la critique. Ce film marque un retour à un cinéma plus modeste, centré sur un personnage marginal mais attachant, un homme vieillissant confronté à ses regrets et à ses choix passés. Encore une fois, Robert Benton se montre à l’aise dans ce territoire émotionnel fait de non-dits, de silences éloquents et de dialogues qui résonnent longtemps après la projection.

Un style discret, loin du clinquant hollywoodien

Ce qui définit Robert Benton, ce n’est pas une mise en scène spectaculaire ni une signature visuelle immédiatement reconnaissable. C’est plutôt une patte narrative, une capacité à raconter des histoires humaines avec justesse, pudeur et intelligence. Il n’a jamais cherché à faire des films à effets, mais plutôt des récits qui prennent le temps d’observer les gens, leurs relations, leurs contradictions.

Il n’a pas été le plus prolifique des réalisateurs, et ses dernières années ont été marquées par une certaine distance avec le monde du cinéma. Mais ses films, eux, ont souvent mieux vieilli que bien des œuvres plus flamboyantes de leurs époques respectives.

Robert Benton, c’est le cinéma américain à visage humain. Celui qui parle doucement, qui ne cherche pas à impressionner, mais qui laisse une empreinte durable. Une œuvre rare, souvent émotive, et toujours sincère.

Filmographie

4 sur 4 films

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