Rob Marshall

  • Réalisation
  • Production
  • Écriture

Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 7 films

Biographie

Rob Marshall est né le 17 octobre 1960 à Madison, dans le Wisconsin, aux États-Unis. Réalisateur, chorégraphe et producteur, il s’est taillé une place singulière dans le cinéma hollywoodien moderne, en étant l’un des rares cinéastes à faire de la comédie musicale son territoire de prédilection à l’écran.

Derrière son allure discrète, Rob Marshall incarne une certaine idée du spectacle classique remis au goût du jour, avec des films riches en chorégraphies léchées, en mouvements millimétrés, et en décors flamboyants. Un cinéaste qui vient du théâtre, qui pense en rythme, et qui a toujours gardé un pied dans le monde de Broadway, même au cœur des studios Disney ou dans les coulisses des Oscars.

Un parcours forgé par la scène et la danse

Avant de faire du cinéma, Rob Marshall commence sa carrière comme chorégraphe de théâtre, d’abord comme danseur, jusqu’à ce qu’une blessure le pousse à passer derrière la mise en scène. Il signe alors plusieurs chorégraphies pour Broadway, où il se fait rapidement remarquer pour son élégance de style et sa capacité à gérer des ensembles complexes.

Son travail sur des classiques comme Cabaret, Kiss of the Spider Woman ou Damn Yankees le place au centre de la scène new-yorkaise. Il devient un metteur en scène capable de traduire l’émotion par le mouvement, en gardant toujours une précision technique rigoureuse. Cette culture du théâtre et de la performance live va nourrir toute sa future œuvre au cinéma.

Chicago, le film qui lance sa carrière cinématographique

En 2002, Rob Marshall réalise son premier long-métrage pour le cinéma avec Chicago, adaptation de la célèbre comédie musicale de Bob Fosse. Le pari est audacieux : à cette époque, le genre musical est considéré comme dépassé à Hollywood, avec quelques tentatives récentes sans grand succès.

Mais Chicago change la donne. Le film est un triomphe, aussi bien critique que commercial, et remporte 6 Oscars, dont celui du meilleur film. La mise en scène dynamique de Rob Marshall, alternant numéros musicaux stylisés et scènes réalistes, renouvelle le genre en l’adaptant aux codes du cinéma moderne.

Ce coup d’éclat place instantanément Rob Marshall parmi les réalisateurs à suivre, en particulier pour les projets à forte ambition visuelle ou chorégraphique.

Un réalisateur de studio à la touche personnelle

Après Chicago, Rob Marshall enchaîne avec Mémoires d’une geisha (2005), un drame visuellement somptueux mais reçu de manière plus contrastée. Le film témoigne de son goût pour les esthétiques codifiées, les récits empreints de mélancolie, et une certaine forme de classicisme narratif.

Il revient ensuite à la comédie musicale avec Nine (2009), adaptation du spectacle de Broadway inspiré du de Fellini. Malgré un casting impressionnant (Daniel Day-Lewis, Marion Cotillard, Penélope Cruz, Nicole Kidman), le film peine à retrouver l'équilibre de Chicago et divise la critique.

Puis vient Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence (2011), où Rob Marshall prend les commandes d’une grosse franchise Disney, avec Johnny Depp en tête d’affiche. Le film est un succès commercial, même s’il confirme une tendance chez lui à privilégier l’esthétique et la structure au détriment de l’énergie narrative brute.

Une fidélité remarquée à l’univers Disney

À partir des années 2010, Rob Marshall devient un réalisateur récurrent pour Disney. Il met en scène Into the Woods (2014), adaptation d’une comédie musicale de Stephen Sondheim mêlant plusieurs contes de fées. Le film confirme son attachement aux récits choraux, entre rêve et cruauté, tout en restant dans un format très contrôlé.

En 2018, il réalise Le Retour de Mary Poppins, suite tardive du classique de 1964. Emily Blunt y reprend le rôle emblématique de la nounou magique, dans une relecture soignée, très respectueuse de l’original, parfois jugée un peu trop sage mais portée par un réel souci du détail.

Enfin, en 2023, il signe La Petite Sirène, adaptation en live action du dessin animé de 1989. Le film, ambitieux et visuellement dense, divise une fois de plus le public, mais illustre bien le type de production à grande échelle que Rob Marshall maîtrise : musique, décors complexes, chorégraphies aquatiques… rien ne lui fait peur.

Un artisan du musical moderne

Ce qui définit Rob Marshall, c’est une fidélité aux codes de la comédie musicale, même dans des contextes modernes ou numériques. Son cinéma ne cherche pas la rupture, mais l’adaptation respectueuse. Il aime les structures classiques, les récits de transformation personnelle, les héros intérieurs, souvent soutenus par des performances musicales grandioses.

On lui reproche parfois un certain manque d’audace, une retenue là où d’autres choisiraient la subversion. Mais c’est justement dans cette maîtrise formelle, dans cette attention aux transitions musicales, aux regards chorégraphiques et aux constructions scéniques qu’il trouve sa signature.

Rob Marshall n’est pas un provocateur, c’est un homme de scène passé au grand écran, avec tout ce que cela implique de précision, de respect du texte, et de goût pour le spectacle millimétré.

Filmographie

Film Année Durée Rôles
  • Ajouté le
  • Modifié le