Rinko Kikuchi
- Casting
Détails
| Autre nom | 菊地 凛子 |
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Nationalité |
| Filmographie | 12 films |
Biographie
Rinko Kikuchi, née le 6 janvier 1981 à Hadano, dans la préfecture de Kanagawa, au Japon, est une actrice japonaise dont la carrière oscille avec aisance entre les drames intimistes et les productions hollywoodiennes à grand spectacle.
Avec son regard profond, sa présence magnétique et une propension à incarner des personnages à la marge, Rinko Kikuchi s’est imposée comme l’une des rares actrices japonaises à percer durablement sur la scène internationale sans renier ses racines.
Elle débute sa carrière d’actrice au Japon à la fin des années 1990, encore adolescente, sous son nom de naissance Yuriko Kikuchi, qu’elle changera plus tard pour Rinko. Les premiers rôles s’enchaînent dans des films japonais, souvent indépendants, où elle se fait remarquer pour son jeu physique, subtil, et sa capacité à exprimer l’émotion sans avoir besoin de trop en dire.
Une percée mondiale avec Babel
C’est en 2006 que le monde découvre Rinko Kikuchi dans Babel, le drame choral réalisé par Alejandro González Iñárritu, aux côtés de Brad Pitt et Cate Blanchett. Elle y incarne Chieko, une adolescente sourde en quête de sens et de lien dans une Tokyo étouffante. Son interprétation, quasi muette, est bouleversante et d’une justesse rare. Ce rôle lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, une première depuis plusieurs décennies pour une actrice japonaise.
Elle devient ainsi la première Japonaise nommée aux Oscars depuis 1957 (et Miyoshi Umeki, pour les puristes). Une distinction qui attire l’attention d’Hollywood, mais qui ne la détourne pas pour autant du cinéma japonais.
Entre cinéma d’auteur et science-fiction épique
Après Babel, Rinko Kikuchi alterne les expériences. Elle tourne dans des films d’auteur tels que The Brothers Bloom de Rian Johnson, où elle joue une experte en explosions au flegme redoutable et au nombre de répliques extrêmement limité. Il y a chez elle cette capacité rare à occuper l’espace même quand le texte est réduit à l’essentiel.
Puis viennent les incursions dans le cinéma de genre. En 2013, elle apparaît dans le très attendu Pacific Rim de Guillermo del Toro, en Mako Mori, pilote de robot géant avec un passé tragique et une volonté farouche. Le personnage rencontre un franc succès auprès du public et devient même une référence dans les débats sur la représentation féminine dans les blockbusters (oui, le fameux Mako Mori Test, en clin d’œil au Bechdel Test, c’est bien elle).
Elle reprend le rôle dans Pacific Rim: Uprising quelques années plus tard, même si sa présence y est plus limitée. Ce passage par la case science-fiction, bien qu’éloigné de ses premiers amours artistiques, confirme sa capacité à s’adapter aux univers les plus variés sans jamais perdre son intensité.
Une actrice fidèle à ses racines culturelles
Malgré ses succès à l’international, Rinko Kikuchi n’a jamais tourné le dos au cinéma japonais, qu’elle continue à explorer avec régularité. Elle y interprète des rôles souvent sombres, introspectifs, parfois dérangeants. Elle travaille notamment avec Isao Yukisada, Tran Anh Hung (La Ballade de l’impossible, adaptation de Norwegian Wood de Murakami), ou encore Mamoru Oshii, dans des univers exigeants qui valorisent son sens du détail et sa densité intérieure.
Elle incarne souvent des personnages en tension, en dehors des normes sociales, parfois marginalisés ou blessés. Il y a chez elle une certaine gravité, une présence qui semble toujours habitée, même dans les silences.