Richard Linklater

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 8 films
Récompenses 8 nominations et 2 victoires

Biographie

Richard Linklater, né le 30 juillet 1960 à Houston, dans le Texas (États-Unis), est un réalisateur, scénariste et producteur américain reconnu pour son style contemplatif, ses dialogues riches et sa capacité à saisir l’écoulement du temps comme peu d’autres cinéastes contemporains. À la fois figure du cinéma indépendant et réalisateur salué à l’international, Richard Linklater construit depuis les années 1990 une œuvre atypique, ancrée dans l’instant présent, mais toujours tournée vers l’essentiel : ce qui lie les êtres humains entre eux.

Son cinéma est bavard, mais jamais vain. Introspectif, mais jamais ennuyeux. Et surtout, d’une liberté formelle rare à Hollywood.

Les débuts indépendants de Richard Linklater : filmer les errances

Formé en autodidacte, Richard Linklater commence à réaliser des courts-métrages dans les années 80, avec une caméra Super 8 et beaucoup d’observations du quotidien texan. Son premier film remarqué, Slacker (1990), est un ovni narratif : pas vraiment d’intrigue, juste une série de conversations qui s’enchaînent d’un personnage à l’autre, dans une Austin faussement tranquille. Le film devient culte, ouvre les portes du cinéma indépendant américain et pose déjà les bases de son style.

Ce regard porté sur les marginaux, les rêveurs, les bavards qui n’agissent pas vraiment mais qui pensent intensément, on le retrouvera dans toute sa filmographie. Chez Linklater, les gens parlent beaucoup — mais pas pour combler le silence : pour comprendre le monde.

Dazed and Confused et Before Sunrise : la jeunesse et l’instant suspendu

C’est en 1993 avec Dazed and Confused que Richard Linklater touche pour la première fois un public plus large. Le film, plongée nostalgique dans une dernière journée de lycée en 1976, révèle plusieurs jeunes acteurs promis à une brillante carrière (dont Matthew McConaughey, qui y lâche son fameux "Alright, alright, alright"). Loin des teen movies classiques, le film s’intéresse à l’énergie flottante de la jeunesse, à ses non-dits, ses hésitations, ses fêtes sans lendemain.

Deux ans plus tard, il signe Before Sunrise (1995), où Jesse (Ethan Hawke) et Céline (Julie Delpy) passent une nuit à Vienne à discuter de tout, de rien, de la vie, de la mort, de l’amour. Le film est un miracle de simplicité : deux personnages, une ville, une nuit, et des dialogues d’une justesse déconcertante. Il donnera naissance à deux suites, Before Sunset (2004) et Before Midnight (2013), toutes les deux écrites avec Hawke et Delpy, et filmées à neuf ans d’écart, à chaque fois à l’âge réel des acteurs. Un projet rare, sincère, sans tricherie temporelle.

Boyhood : filmer le temps réel, sans effet spécial

En 2014, Richard Linklater pousse encore plus loin sa logique de cinéma fondé sur la durée avec Boyhood, tourné pendant 12 ans avec les mêmes acteurs. On y suit Mason, un enfant de 6 ans, jusqu’à ses 18 ans, dans une chronique simple mais bouleversante de la vie ordinaire. Rien de spectaculaire, mais une vérité profonde, captée à travers l’évolution réelle des visages, des corps, des voix, des relations.

Ce pari fou, réalisé sans studio à l’origine et avec une structure souple, lui vaut l’Ours d’argent du meilleur réalisateur à Berlin, puis une pluie de récompenses internationales, dont le Golden Globe du meilleur film dramatique. Le film entre instantanément dans l’histoire du cinéma comme l’un des projets narratifs les plus audacieux et émouvants du XXIe siècle.

Un réalisateur aux styles variés, mais toujours cohérent

Même s’il est souvent associé à un certain naturalisme, Richard Linklater aime aussi expérimenter. Il signe des films en rotoscopie, technique d’animation à partir de prises réelles, comme Waking Life (2001) ou A Scanner Darkly (2006), tous deux explorant les rêves, la mémoire, la paranoïa — le tout avec une dimension quasi philosophique.

Il s’essaie à la comédie musicale avec School of Rock (2003), gros succès populaire avec Jack Black, ou encore à la comédie noire avec Bernie (2011). Il s’intéresse aussi au sport (Everybody Wants Some!!), à la guerre (Last Flag Flying), au mensonge (Where’d You Go, Bernadette)… mais toujours avec ce regard curieux, posé, jamais cynique.

Son fil rouge : l’humain, dans toute sa complexité, sa banalité parfois, mais aussi sa grandeur invisible.

Richard Linklater, artisan du temps et des mots

Loin du tumulte des blockbusters, Richard Linklater construit son œuvre à contre-courant des modes et des logiques de marché. Il tourne quand il a quelque chose à dire. Il prend le temps. Il laisse ses personnages respirer. Il écrit des dialogues qui ne servent pas l’intrigue, mais qui dessinent les contours d’une âme.

Il n’a jamais été obsédé par les récompenses (même s’il en a reçu beaucoup), ni par la gloire. Il préfère le chemin, la conversation, le regard posé sur l’instant. Son œuvre parle du temps qui passe, mais sans nostalgie larmoyante. Plutôt avec une forme d’émerveillement tranquille.

Un cinéaste rare et essentiel

Aujourd’hui, Richard Linklater fait partie de ces réalisateurs que les cinéphiles aiment presque comme un ami. On ne va pas voir un de ses films pour être secoué ou impressionné, mais pour être ému, accompagné, compris.

Il n’a pas révolutionné le cinéma par la forme, mais par la patience, l’écoute, la vérité. Et dans un monde qui va vite, c’est peut-être bien l’un des plus beaux actes de création.

Filmographie

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