Richard Lester
- Réalisation
Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Richard Lester est un réalisateur, producteur et scénariste américain, né le 19 janvier 1932 à Philadelphie, en Pennsylvanie. Bien qu’Américain de naissance, c’est au Royaume-Uni qu’il bâtit l’essentiel de sa carrière, devenant l’un des grands noms du cinéma britannique des années 1960 et 1970.
Sa signature ? Un style visuel libre, rapide, humoristique et audacieux, qui va influencer toute une génération de réalisateurs, de la Nouvelle Vague à MTV, en passant par le cinéma postmoderne. S’il reste surtout célèbre pour avoir mis en scène les Beatles au cinéma, Richard Lester a en réalité touché à presque tous les genres : comédie absurde, aventure, satire historique, film de super-héros... souvent avec un ton ironique, parfois anarchique, mais toujours reconnaissable.
De la télévision américaine au succès londonien
Avant de devenir cinéaste, Richard Lester travaille dans la télévision dès l’âge de 19 ans, d’abord comme régisseur, puis réalisateur pour des programmes musicaux et humoristiques. Il s’installe au Royaume-Uni dans les années 1950, trouvant dans la télévision anglaise une liberté créative qu’il juge plus stimulante qu’aux États-Unis. C’est là qu’il commence à collaborer avec Peter Sellers et Spike Milligan, figures de la comédie britannique, avec lesquelles il crée The Running Jumping & Standing Still Film (1959), un court-métrage absurde qui attire l’attention de... quatre jeunes musiciens de Liverpool.
L’homme derrière l’image des Beatles
En 1964, Richard Lester devient le réalisateur de A Hard Day’s Night, film musical mettant en scène les Beatles dans leur propre rôle. Tourné en noir et blanc avec un style quasi documentaire et un humour typiquement british, le film casse les codes du genre musical traditionnel. Il montre les Fab Four comme des jeunes hommes drôles, sarcastiques et pleins d’énergie, tout en utilisant des techniques de montage innovantes. Résultat : un film culte, souvent considéré comme le précurseur du clip vidéo moderne.
Fort de ce succès, Richard Lester enchaîne avec Help! (1965), toujours avec les Beatles, mais cette fois dans une ambiance plus colorée et complètement loufoque. Là encore, le réalisateur multiplie les trouvailles visuelles et s’amuse avec les genres, entre parodie de film d'espionnage et délire pop psychédélique. Ces deux films marquent durablement l’imaginaire collectif des années 60.
Un réalisateur inclassable et expérimental
Après l’aventure Beatles, Richard Lester poursuit sa carrière avec des projets aussi variés qu’inattendus. Il réalise The Knack... and How to Get It (1965), satire sur les relations hommes-femmes qui remporte la Palme d’or à Cannes, puis How I Won the War (1967), satire militaire grinçante avec John Lennon dans un de ses rares rôles d’acteur.
Dans les années 1970, il s’attaque à des adaptations de classiques d’aventure, avec Les Trois Mousquetaires (1973) et Les Quatre Mousquetaires (1974), films connus pour leur mélange d’action spectaculaire et d’humour burlesque. Il y dirige une distribution prestigieuse et joue habilement avec les codes du film de cape et d’épée, en y injectant une dose de dérision bienvenue.
Superman, Beatles et semi-retrait
Au début des années 1980, Richard Lester est appelé à reprendre en urgence la réalisation de Superman II, après le départ controversé de Richard Donner. Il imprime sa patte sur le film, notamment dans les scènes plus légères. Il signe ensuite Superman III (1983), où il pousse encore plus loin les éléments comiques, parfois au détriment du ton sérieux attendu par certains fans. Le résultat divise, mais confirme sa préférence pour l’ironie face au sérieux des blockbusters.
Son dernier long-métrage, Get Back (1991), est un film concert sur Paul McCartney, bouclant d’une certaine façon la boucle de son lien avec les Beatles. Après cela, Richard Lester se retire progressivement du cinéma, estimant ne plus reconnaître l’industrie qui l’avait tant inspiré.
Richard Lester, un anticonformiste influent
Peu attaché aux honneurs, Richard Lester est pourtant considéré comme l’un des grands stylistes du cinéma moderne. Il a influencé des réalisateurs comme Martin Scorsese, Steven Soderbergh ou Edgar Wright, notamment par son sens du rythme, ses montages inventifs et sa capacité à mêler humour et gravité. Il a aussi redéfini l’image des musiciens à l’écran, bien avant les clips de MTV, et contribué à décloisonner les genres.
Souvent qualifié d’inclassable, Richard Lester n’a jamais cherché à être dans une case. Il a fait des films à son image : vifs, curieux, parfois désinvoltes, souvent brillants, et toujours un peu à contre-courant. Son œuvre témoigne d’un esprit libre, qui a su capter l’énergie de son époque sans jamais en devenir prisonnier.