Richard Harris
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 7 films |
| Récompenses | 4 nominations et 1 victoire |
Biographie
Richard St John Harris, né le 1er octobre 1930 à Limerick, en Irlande, et mort le 25 octobre 2002 à Londres, au Royaume-Uni, est un acteur, chanteur, poète et scénariste irlandais, dont la carrière s’est étalée sur plus de cinq décennies. Reconnu pour sa voix rocailleuse, son charisme imprévisible et sa présence magnétique à l’écran comme sur scène, Richard Harris fut à la fois figure rebelle, acteur shakespearien, idole des sixties, icône du cinéma d’auteur et, pour toute une génération, le premier visage d’Albus Dumbledore dans Harry Potter.
Avec une filmographie éclectique allant du western au drame politique, en passant par la comédie musicale et le blockbuster fantastique, il reste une figure marquante du cinéma britannique et international — intense, passionné, et souvent ingérable, pour le meilleur et pour le chaos.
Une jeunesse irlandaise, la passion du rugby et la découverte du théâtre
Richard Harris grandit à Limerick, dans une famille catholique irlandaise de neuf enfants. Jeune homme fougueux, il se passionne d’abord pour le rugby, sport auquel il se consacre avec intensité jusqu’à ce qu’une grave tuberculose l’oblige à tout arrêter. Pendant sa convalescence, il découvre Shakespeare, le théâtre, la littérature — et décide de devenir acteur.
Contre l’avis de ses proches, il part pour Londres, où il suit les cours de la London Academy of Music and Dramatic Art (LAMDA). Il s’impose vite par son jeu physique et viscéral, à contre-courant des acteurs élégants de l’époque. Harris est brut, direct, imprévisible — et terriblement vivant.
This Sporting Life : la révélation du comédien intense
En 1963, Richard Harris se fait remarquer dans This Sporting Life de Lindsay Anderson, dans lequel il incarne un joueur de rugby à la dérive. Sa prestation lui vaut le prix d’interprétation à Cannes et une nomination à l’Oscar du meilleur acteur. Ce rôle marque un tournant dans sa carrière : il est désormais considéré comme un acteur majeur du cinéma britannique, aux côtés de Richard Burton, Peter O’Toole ou Albert Finney.
Il enchaîne les rôles de personnages marginaux, passionnés, souvent en lutte contre le système, dans des films aussi variés que Red Desert d’Antonioni, The Molly Maguires, A Man Called Horse ou The Field.
Harris devient le symbole du nouvel acteur européen : moins soucieux de sa beauté que de sa vérité intérieure, prêt à exploser à l’écran, mais aussi à se perdre dans ses excès personnels.
Une carrière musicale surprenante (et une chanson culte)
En parallèle de sa carrière d’acteur, Richard Harris s’essaie à la chanson. Contre toute attente, il enregistre en 1968 MacArthur Park, un titre de Jimmy Webb, devenu un tube aussi improbable que culte. Sa voix cabossée, son interprétation théâtrale, ses envolées lyriques font de la chanson un objet inclassable... à son image.
Il sortira plusieurs albums par la suite, mêlant poésie, folk et pop symphonique, confirmant une facette méconnue mais sincère de son tempérament artistique.
Des décennies de rôles puissants (et de tempêtes en coulisse)
Dans les années 1970 et 1980, Richard Harris continue de tourner sans relâche, passant du western (Un homme nommé Cheval) à la fresque biblique (The Bible: In the Beginning...), du cinéma expérimental à des productions plus commerciales. Son style, toujours habité, lui vaut l’amour du public et la crainte des producteurs : Harris est connu pour être dur en négociation, indiscipliné sur les tournages et généreux en anecdotes arrosées.
Il incarne souvent des figures tragiques, autoritaires, prophétiques — parfois même tyranniques — sans jamais chercher la facilité. Dans The Field (1990), il livre l’une de ses performances les plus marquantes, dans la peau d’un paysan irlandais obsédé par sa terre, qui lui vaut une nouvelle nomination à l’Oscar du meilleur acteur.
Harry Potter et la dernière incarnation : Dumbledore, le mentor fatigué
En 2001, à 71 ans, Richard Harris accepte de jouer Albus Dumbledore dans Harry Potter à l’école des sorciers. Il reprend le rôle dans La Chambre des secrets (2002), incarnant un Dumbledore calme, doux, mais chargé d’une autorité mystérieuse. Sa voix, son regard fatigué et son charisme naturel donnent une profondeur paternelle au personnage, qui tranche avec la légèreté de certains aspects du film.
Harris accepte le rôle à la demande de sa petite-fille, fan de la saga littéraire, bien qu’il soit déjà affaibli par la maladie. Il meurt quelques semaines après la sortie du second film, le 25 octobre 2002, des suites de la maladie de Hodgkin. Il est remplacé par Michael Gambon à partir du troisième volet.
Richard Harris : entre génie et chaos, un acteur inoubliable
Acteur incandescent, chanteur improbable, poète maudit, Richard Harris a traversé plus de 40 ans de cinéma avec une intensité rare, refusant toute concession. Il était trop rebelle pour Hollywood, trop libre pour les écoles classiques, mais profondément respecté pour son engagement total dans chacun de ses rôles.
De This Sporting Life à Harry Potter, en passant par A Man Called Horse, The Field, Camelot ou Unforgiven, il laisse l’image d’un acteur qui ne jouait pas : il vivait ses rôles, au risque de se brûler parfois lui-même.
Son nom reste associé à une époque où l’acteur pouvait encore être fauve, poétique, incontrôlable — mais bouleversant.