Richard Fleischer
- Réalisation
- Production
Détails
| Autre nom | Richard Owen Fleischer |
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Nationalité |
| Filmographie | 5 films |
Biographie
Richard Fleischer, de son nom complet Richard Owen Fleischer, est né le 8 décembre 1916 à Brooklyn, New York, aux États-Unis, et s’est éteint le 25 mars 2006 à Los Angeles.
Fils de Max Fleischer, pionnier de l’animation (à qui l’on doit notamment Betty Boop et Popeye), Richard Fleischer aurait pu suivre une voie toute tracée dans le dessin animé. Il choisira pourtant le grand écran, la mise en scène et les plateaux de tournage, avec une rigueur et une polyvalence qui feront de lui un réalisateur à la carrière aussi durable que discrète.
Réalisateur de films aussi différents que 20 000 lieues sous les mers, Les Vikings, L’Étrangleur de Boston ou Soleil vert, Richard Fleischer reste aujourd’hui encore une figure à part du cinéma américain classique. Ni star, ni outsider, ni théoricien du plan-séquence : juste un homme de métier, qui savait faire tourner une superproduction… et raconter une histoire.
Les débuts d’un technicien solide dans l’âge d’or hollywoodien
Après des études à la Yale School of Drama, Richard Fleischer commence sa carrière dans les années 1940 en réalisant des courts métrages documentaires pour la RKO. Il passe rapidement au long format avec des polars à petit budget, notamment The Narrow Margin (1952), considéré aujourd’hui comme l’un des joyaux du film noir américain. Un huis clos tendu dans un train, sans budget mais avec une tension constante : voilà du Fleischer pur jus, sans fioritures.
Cette efficacité narrative va séduire les studios. En 1954, Disney lui confie la réalisation de 20 000 lieues sous les mers, un des premiers grands films d’aventure en Cinémascope et Technicolor. C’est un tournant : le succès du film installe Richard Fleischer comme un faiseur fiable de grands spectacles. Il maîtrise les effets spéciaux, dirige des stars comme Kirk Douglas, et livre un film à la fois accessible, spectaculaire et élégant. Mission accomplie.
Le réalisateur des grands récits épiques… mais pas que
Pendant les deux décennies suivantes, Richard Fleischer va s’imposer comme un expert du cinéma de genre. Il signe Les Vikings (1958), production monumentale avec Tony Curtis et Kirk Douglas, qui reste un classique du film d’aventure historique. Puis Barabbas (1961), drame biblique filmé avec une éclipse solaire en temps réel, ce qui en dit long sur son sens du détail technique.
Il n’a pourtant jamais été cantonné à un style unique. Dans les années 60 et 70, il explore des thématiques beaucoup plus sombres, notamment dans L’Étrangleur de Boston (1968), avec un Tony Curtis glaçant, ou dans The New Centurions (1972), regard désenchanté sur la police américaine.
Mais c’est avec Soylent Green (Soleil vert, 1973), film d’anticipation aux accents écologiques, qu’il signe une œuvre à la fois visionnaire et angoissante. Charlton Heston y découvre une vérité effrayante sur le futur de l’alimentation humaine, une image forte et devenue mythique, aujourd’hui encore citée dans la culture populaire.
Un réalisateur sans ego, au service des histoires
Richard Fleischer n’a jamais revendiqué une signature d’auteur au sens strict. Il ne cherche pas à faire « son » film, mais à réussir un film, pour le public, pour les producteurs, et pour les comédiens. Cette posture assumée lui a permis de travailler dans tous les registres : aventures, thrillers, science-fiction, drames historiques, et même comédies.
Dans les années 80, il s’oriente vers des productions plus commerciales voire franchement kitsch : Amityville 3D (1983), Conan le Destructeur (1984), ou Red Sonja (1985). Des œuvres moins célébrées, mais symptomatiques d’un réalisateur qui ne boude aucun projet et qui sait s’adapter aux attentes du moment, même quand le scénario semble bancal ou l’ambiance de tournage un peu folklorique.
Certes, ces films ne figurent pas dans les anthologies du 7e art. Mais leur efficacité, leur rythme, et leur capacité à séduire un large public confirment ce que Richard Fleischer a toujours été : un cinéaste de l'équilibre, ni cynique, ni prétentieux, simplement professionnel.
Une carrière à l’ombre des projecteurs, mais bien remplie
Le nom de Richard Fleischer est souvent éclipsé par ceux des réalisateurs "auteurs" de son époque. Pourtant, peu ont eu un parcours aussi riche : plus de 40 longs métrages, des genres variés, des succès critiques comme populaires, des stars hollywoodiennes par dizaines devant sa caméra.
Il a aussi publié une autobiographie (Just Tell Me When to Cry, 1993), au ton à la fois lucide et amusé, dans laquelle il revient sur son expérience dans l’industrie, ses hauts, ses bas, et sa manière de naviguer dans le système sans jamais se perdre lui-même.
Et au fond, c’est peut-être cela le plus fascinant chez Richard Fleischer : il n’a pas eu besoin de style flamboyant pour marquer les esprits. Il a simplement fait son travail, avec rigueur et passion, dans un Hollywood en perpétuel changement.
Richard Fleischer, ou l’élégance discrète du cinéma de studio
À l’heure où le cinéma se cherche entre autoréférences et surenchère visuelle, revoir un film de Richard Fleischer, c’est redécouvrir une autre idée de la mise en scène : sobre, claire, tendue vers le récit. Il n’était ni révolutionnaire, ni conformiste. Il faisait du cinéma avec sérieux, mais sans se prendre trop au sérieux.
Et si ses films ne font pas toujours la couverture des ciné-clubs, beaucoup ont traversé le temps. De 20 000 lieues sous les mers à Soleil vert, de The Narrow Margin à Les Vikings, Richard Fleischer a laissé une empreinte durable. Celle d’un artisan de l’image, modeste et exigeant, qui croyait surtout à l’intelligence du spectateur et à la force des histoires bien racontées.
Filmographie
5 sur 5 films