Richard D. Zanuck
- Production
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 19 films |
Biographie
Richard D. Zanuck, né le 13 décembre 1934 à Los Angeles et décédé le 13 juillet 2012 à l’âge de 77 ans, est l’un des producteurs les plus influents de l’histoire du cinéma américain. Fils du mythique Darryl F. Zanuck, cofondateur de la 20th Century Fox, Richard D. Zanuck naît littéralement dans les coulisses d’Hollywood. Pourtant, il ne se contente pas de marcher dans les traces paternelles : il imprime sa propre marque sur le cinéma des années 60 à 2000, avec un flair incontestable pour les talents émergents et les projets audacieux.
Un début de carrière au cœur du studio system
Dans les années 1950 et 60, Richard D. Zanuck entre dans le monde du cinéma presque naturellement. Il débute au sein de la 20th Century Fox, là où son père règne en maître, mais son ascension est loin d’être uniquement due au népotisme. Très vite, il montre qu’il a un vrai œil pour les histoires fortes et les réalisateurs prometteurs.
À 28 ans à peine, il est nommé vice-président de la production, puis président de la Fox en 1969. Sous sa direction, le studio produit des films emblématiques comme The Sound of Music, Planet of the Apes ou encore Patton. Malgré ces succès, l’entreprise traverse des difficultés financières, et Richard D. Zanuck finit par être évincé… par son propre père, dans une saga familiale à la hauteur d’un drame hollywoodien.
Ce revers, plutôt que de le freiner, donne un nouvel élan à sa carrière.
La renaissance avec David Brown et la naissance de grands classiques
Après son départ de la Fox, Richard D. Zanuck s’associe avec David Brown, ancien journaliste devenu producteur. Ensemble, ils forment un duo redoutablement efficace et fondent la Zanuck/Brown Company. C’est dans ce cadre qu’ils croisent la route d’un certain Steven Spielberg, jeune réalisateur ambitieux qui s’apprête à révolutionner le cinéma.
En 1975, leur film Jaws (Les Dents de la mer) devient un phénomène mondial. Ce succès marque non seulement le début de la carrière de Spielberg, mais aussi celui du blockbuster moderne. Grâce à son sens de la production et à sa capacité à prendre des risques calculés, Richard D. Zanuck contribue à créer un nouveau modèle de succès hollywoodien, mêlant suspense, efficacité narrative et marketing bien pensé.
Le duo Zanuck/Brown continue sur sa lancée avec des films comme The Sugarland Express, Cocoon (réalisé par Ron Howard) ou encore Driving Miss Daisy, qui remportera l’Oscar du Meilleur Film en 1990. Le palmarès parle de lui-même, et le nom de Richard D. Zanuck s’impose définitivement comme synonyme de qualité et de flair artistique.
Un style de production entre prestige et popularité
Contrairement à certains producteurs obsédés par les chiffres ou d'autres portés exclusivement sur l'art, Richard D. Zanuck se distingue par sa capacité à trouver un équilibre rare. Ses films peuvent plaire au grand public sans renier une certaine exigence artistique. Ce positionnement hybride lui permet de naviguer entre les genres, du drame intimiste à la science-fiction, en passant par le fantastique.
Il est aussi reconnu pour son approche collaborative. Plutôt que d’imposer sa vision, Richard D. Zanuck cherche à soutenir celle des réalisateurs. Il joue souvent un rôle de médiateur entre les créateurs et les studios, protégeant autant que possible l’intégrité des projets qu’il défend. Ce respect du processus créatif, combiné à une rigueur organisationnelle solide, en fait un producteur apprécié dans le milieu, même sur les tournages les plus exigeants.
Une deuxième carrière avec Tim Burton
Dans les années 2000, Richard D. Zanuck entame une collaboration fructueuse avec Tim Burton, l’un des réalisateurs les plus singuliers de sa génération. Il produit plusieurs de ses films, dont Planet of the Apes (2001), Big Fish (2003), Charlie and the Chocolate Factory (2005) et Sweeney Todd (2007). Leur dernière collaboration, Dark Shadows, sortira en 2012, peu avant la mort de Richard D. Zanuck.
Cette association peut sembler surprenante au premier abord, tant les univers de Tim Burton paraissent éloignés des productions plus classiques du producteur. Mais elle montre bien l’ouverture d’esprit et l’évolution constante de Richard D. Zanuck, qui, même après des décennies dans l’industrie, continue de s’investir dans des œuvres à forte identité visuelle et narrative.
Une reconnaissance tardive, mais méritée
Bien qu’il ait connu le succès très tôt, Richard D. Zanuck ne reçoit une reconnaissance officielle qu’assez tard dans sa carrière. Il obtient le Irving G. Thalberg Memorial Award en 1991, une distinction décernée par l’Académie des Oscars pour l’ensemble d’une œuvre de producteur. Ce prix vient souligner une carrière marquée par la constance, la diversité et une vraie intelligence de production.
Jusqu’à la fin de sa vie, Richard D. Zanuck reste actif, passionné, engagé dans un métier qu’il semble n’avoir jamais abordé comme une simple affaire familiale ou une course aux profits. Si le cinéma hollywoodien a souvent été critiqué pour son cynisme, il reste, à travers des figures comme la sienne, un art de conviction et de pari humain.