Rhett Reese
- Casting
- Production
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 11 films |
Biographie
Rhett Reese, né le 10 octobre 1975 à Phoenix, en Arizona (États-Unis), est un scénariste et producteur américain qui s’est imposé comme l’un des maîtres actuels de la comédie d’action, souvent à la frontière du mauvais goût parfaitement contrôlé. Longtemps dans l’ombre, Rhett Reese forme avec son complice Paul Wernick un duo redoutablement efficace, qui a su injecter un humour corrosif et méta dans des genres parfois trop codifiés, à commencer par le film de zombies et le film de super-héros. Leur collaboration, qui remonte au début des années 2000, repose sur une vision partagée du cinéma : fun, rythmé, irrévérencieux, mais jamais vide. Avec Rhett Reese, chaque vanne cache une mécanique de précision, chaque explosion s’accompagne d’un clin d’œil bien senti, et chaque personnage a conscience d’être dans un film.
Un premier grand coup avec Zombieland
Le premier succès public et critique du tandem Reese–Wernick, c’est Zombieland, sorti en 2009. Ce film, mélange inattendu entre comédie de survie et farce macabre, bouscule les codes du film de zombies avec une joie communicative. Le scénario signé Rhett Reese et Paul Wernick jongle avec les références, les ruptures de ton, les classements absurdes (les règles de survie, devenues cultes), tout en racontant une histoire d’amitié et de solitude dans un monde post-apocalyptique.
Ce n’est pas qu’un délire de geeks. C’est une réappropriation intelligente d’un genre fatigué, qui mise autant sur l’empathie que sur le gore, sur l’humour que sur la mélancolie. Et avec en prime un caméo légendaire de Bill Murray, clin d’œil typique de l’univers Rhett Reese, toujours prompt à briser les conventions avec style.
Deadpool, ou comment casser le quatrième mur avec panache
S’il fallait un projet pour résumer l’approche de Rhett Reese, ce serait sans doute Deadpool. Dès le départ, l’idée est claire : réconcilier le public avec un personnage malmené par les précédentes adaptations, en rendant justice à son humour noir, son cynisme et son insolence permanente. Mission accomplie en 2016 : Deadpool, porté par un Ryan Reynolds en feu total, devient un phénomène.
Le film ne respecte aucune règle classique du genre super-héroïque : narration déconstruite, blagues méta à la chaîne, références à la pop culture toutes les deux minutes, le tout emballé dans un rythme effréné. Le succès est colossal, et Rhett Reese y est pour beaucoup. Le script, cosigné avec Wernick, incarne une écriture très dialoguée, très consciente d’elle-même, mais jamais gratuite.
Là où certains pastichent les genres avec condescendance, Rhett Reese, lui, les adore trop pour ne pas les moquer. Et il remet ça dans Deadpool 2, avec encore plus d’excès assumés, tout en continuant à construire une vraie trame émotionnelle autour de son antihéros.
Une écriture toujours fun mais jamais creuse
Le style Rhett Reese n’est pas seulement basé sur la vanne qui claque ou le clin d’œil pop bien senti. Derrière le vernis comique, ses scénarios proposent souvent des histoires de personnages en décalage avec le monde, marginalisés, cabossés, mais profondément humains. On le voit dans 6 Underground (réalisé par Michael Bay), dans Spiderhead (avec Chris Hemsworth et Miles Teller), ou dans Deadpool & Wolverine, attendu comme l’un des films les plus fous du MCU.
Ce que Rhett Reese réussit particulièrement bien, c’est le dosage. Il sait à quel moment désamorcer une tension, quand pousser le curseur absurde, et quand, au contraire, laisser place au drame ou au silence. Il ne prend pas le spectateur pour un idiot, et son humour, même s’il peut être trash ou outrancier, n’est jamais là uniquement pour remplir le vide.
Un tandem d’écriture devenu une marque
En tandem avec Paul Wernick, Rhett Reese a développé une vraie signature de scénariste. Les studios leur font confiance pour injecter du fun dans des projets parfois trop sérieux, ou pour relancer des franchises avec une énergie nouvelle. Ensemble, ils ont aussi coécrit Life (2017), un film de science-fiction plus sombre, preuve que l’équipe sait aussi s’aventurer dans des récits moins légers.
Leur manière d’écrire repose souvent sur des dialogues punchy, une structure narrative dynamique et une forme de conscience du spectateur, comme s’ils incluaient celui-ci dans la blague. On est presque dans une forme d’écriture interactive, où le spectateur est complice du film autant qu’il en est le témoin.
Un artisan du divertissement maîtrisé
Rhett Reese n’est pas de ceux qui cherchent à réinventer le cinéma à chaque script. Mais il est de ceux qui savent parfaitement lui insuffler du style, de la fraîcheur, et surtout, un plaisir communicatif. Pas étonnant que ses films plaisent autant aux spectateurs qu’aux studios : ils ne se prennent jamais trop au sérieux, mais ils sont faits avec un sérieux absolu.
Et c’est sans doute ça, la clé : derrière les punchlines et les fusillades, Rhett Reese reste un artisan précis, amoureux des récits bien construits et des personnages à la fois drôles, tragiques et absurdes. Un scénariste de l’ombre, certes, mais dont l’humour a marqué un tournant dans le cinéma populaire de ces vingt dernières années.
Filmographie
11 sur 11 films