René Goscinny
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- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 12 films |
Biographie
René Goscinny est né le 14 août 1926 à Paris, mais c’est à Buenos Aires, en Argentine, qu’il grandit, au sein d’une famille d’origine juive polonaise. Ce mélange de cultures, d’exils et de langues sera la base de son humour universel, capable de faire rire du primaire au président.
Mort le 5 novembre 1977, à l’âge de 51 ans, René Goscinny a eu une carrière courte mais vertigineusement riche. Il a marqué l’histoire de la bande dessinée francophone, du cinéma d’animation et de la littérature jeunesse. Et pourtant, à ses débuts, il avait été… refusé par Hergé. Comme quoi, même les plus grands commencent par se prendre une porte.
Un homme d’écriture, mais avant tout un conteur né
Formé à l’école française de Buenos Aires, René Goscinny commence très tôt à dessiner et à écrire. Après la mort de son père, il revient en France, puis part à New York dans les années 1940, où il travaille dans la publicité et publie ses premières planches. Il y fait des rencontres décisives, notamment avec Harvey Kurtzman, fondateur du magazine Mad, dont l’esprit satirique influencera durablement René Goscinny.
Mais c’est en rentrant en France qu’il trouve sa voie : l’écriture de scénarios de bandes dessinées. Il fait partie de ceux qui comprennent que la BD peut (et doit) être autre chose qu’un enchaînement de gags : un véritable art narratif. Et dans ce domaine, il va laisser une empreinte indélébile.
Astérix, Lucky Luke, Le Petit Nicolas… le scénariste derrière les mythes
La plupart des lecteurs connaissent René Goscinny sans même le savoir. Il est le scénariste d’Astérix, dessiné par Albert Uderzo, de Lucky Luke (après Morris), et du Petit Nicolas, illustré par Sempé. Trois univers totalement différents, mais chacun à sa manière, devenus des piliers de la culture populaire française.
Dans Astérix, René Goscinny déploie une satire réjouissante, parfois féroce, de la société contemporaine — à travers un village de Gaulois irréductibles. Jeux de mots, caricatures, détournements historiques… son humour, à la fois savant et accessible, fait mouche dans toutes les générations.
Avec Lucky Luke, il donne une autre ampleur au cow-boy solitaire. Loin de se contenter d’un western parodique, il y glisse des références culturelles, des jeux d’absurde, et surtout des personnages devenus cultes — à commencer par les Dalton, qui doivent beaucoup à son sens du rythme et de la réplique.
Et puis il y a Le Petit Nicolas, sûrement le plus personnel de ses projets. Un enfant qui parle comme un adulte, des situations absurdes racontées avec un naturel désarmant… René Goscinny y montre une tendresse rare, sans jamais perdre de vue ce qui fait rire — ou grincer. C’est le regard d’un adulte qui n’a jamais oublié ce que c’était, d’être petit.
Un artisan du rire, mais aussi un bâtisseur d’industrie
On aurait tort de ne voir en René Goscinny qu’un scénariste talentueux. Il fut aussi un bâtisseur du monde de la BD moderne. En 1959, il cofonde le journal Pilote, avec notamment Uderzo et Charlier. Objectif : donner une vitrine sérieuse et ambitieuse à la bande dessinée française, en rupture avec les modèles belges déjà établis.
Dans Pilote, il développe Astérix, mais aussi Iznogoud (avec Tabary), Les Dingodossiers (avec Gotlib) et bien d’autres projets. Il y défend une vision exigeante, où l’humour n’exclut pas la finesse, où la BD peut parler au plus grand nombre sans renoncer à son intelligence.
Il a aussi formé, conseillé, inspiré toute une génération d’auteurs. Certains diront qu’il était partout. C’est un peu vrai : René Goscinny, à son apogée, était le moteur invisible de la BD francophone, celui sans qui rien ne tournait vraiment rond.
Un humour codé, ludique, et toujours humain
Ce qui caractérise l’écriture de René Goscinny, c’est ce savant mélange entre l’absurde, la tendresse et la satire. Il joue avec les mots, les idées reçues, les travers humains. Il s’amuse de la bureaucratie, des clichés nationaux, de la mauvaise foi universelle… mais sans jamais sombrer dans le cynisme.
Chez lui, la langue est un terrain de jeu. Les noms des personnages sont souvent des calembours discrets (ou pas du tout), les dialogues s’appuient sur un rythme millimétré. Chaque bulle est pensée. Rien n’est gratuit. Et surtout, tout reste profondément humain. On rit de tout le monde, mais on rit avec tout le monde.
Et même dans ses œuvres les plus satiriques, il y a une place pour l’affection. Pour le faible, pour l’enfant, pour le rêveur, pour celui qui résiste avec des casseroles. Oui, René Goscinny aimait ses personnages. Et ça se sent.
Une disparition brutale, mais un héritage éternel
René Goscinny meurt subitement en 1977, d’une crise cardiaque lors d’un test à l’effort. Il avait 51 ans. Sa disparition provoque un choc immense dans le monde de la bande dessinée et au-delà. Astérix continue, mais plus tout à fait pareil. Pilote se transforme, puis s’essouffle. Il laisse derrière lui une œuvre vaste, variée, et surtout vivante.
Des générations entières ont appris à lire, à rire et même à penser grâce à lui. Des expressions sont passées dans le langage courant, des albums sont encore étudiés à l’école, et son influence continue de se faire sentir dans des domaines aussi variés que le cinéma, la publicité ou les jeux vidéo.
René Goscinny, ce n’était pas simplement un bon scénariste. C’était un ingénieur du comique, un inventeur de mondes, un homme qui croyait au pouvoir des histoires pour faire rire, réfléchir, et parfois même résister.
Filmographie
12 sur 12 films