Renato Scarpa
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Renato Scarpa, né le 14 septembre 1939 à Milan, en Italie, et décédé le 30 décembre 2021 à Rome, fut un acteur italien dont le visage est resté associé à un certain cinéma d’auteur, souvent en retrait mais jamais anodin. Son parcours, étendu sur plus de 50 ans, reflète une fidélité constante à des projets subtils, parfois marginaux, souvent profonds, toujours empreints d’humanité. Renato Scarpa, c’était le genre d’acteur que l’on remarque sans qu’il ne cherche à se faire remarquer.
Une formation classique et une carrière en pente douce
Avant d’apparaître à l’écran, Renato Scarpa suit des études de lettres et de musique, avec un intérêt initial pour la mise en scène. Il étudie également au Centro Sperimentale di Cinematografia, célèbre école de cinéma italienne qui a vu passer nombre de grands noms du 7e art transalpin. Il ne se lance dans le cinéma qu’à la fin des années 60, dans une Italie marquée par les secousses politiques, culturelles, et cinématographiques de l’époque.
Il commence alors à jouer dans des films d’auteur, souvent dans des rôles secondaires mais finement dessinés. Très vite, Renato Scarpa devient un visage familier du cinéma italien exigeant, de ceux qui enrichissent une scène par une simple présence ou une ligne de dialogue bien sentie.
Un rôle culte chez Moretti, une reconnaissance durable
S’il fallait ne retenir qu’un rôle emblématique de Renato Scarpa, ce serait sans doute celui du prêtre dans La messa è finita de Nanni Moretti (1985). Il y incarne Don Giulio, un jeune prêtre confronté à une crise existentielle en revenant dans sa ville natale. Le personnage, à la fois lucide et désabusé, devient un miroir des contradictions de la société italienne de l’époque. Grâce à ce rôle principal, rare dans sa carrière, Renato Scarpa atteint une reconnaissance critique importante, confirmant qu’il était bien plus qu’un simple second couteau.
Le film remporte l’Ours d’argent au Festival de Berlin, et Renato Scarpa, malgré sa discrétion médiatique, voit son interprétation saluée pour sa justesse et son intensité retenue. Une sorte de performance silencieuse, mais durable.
De Scola à Salvatores, un fidèle des auteurs
La filmographie de Renato Scarpa est marquée par des collaborations avec de grands noms du cinéma italien. Il tourne notamment sous la direction de Ettore Scola, Giuseppe Tornatore, Gabriele Salvatores, Dario Argento, ou encore Francesco Rosi. Son rôle dans Suspiria (1977), bien que bref, reste notable pour les amateurs de cinéma d’horreur, tout comme sa participation à Il Postino (1994), un film qui connaîtra un succès international.
On le retrouve également dans Così ridevano de Gianni Amelio, Denti de Gabriele Salvatores, ou La stanza del figlio de Nanni Moretti. Autant de films marqués par une profondeur humaine, où Renato Scarpa trouve toujours le ton juste pour exister sans écraser.
Une carrière sans tapage mais sans faute
Renato Scarpa n’a jamais cherché la lumière. Pas de scandale, pas de déclarations tonitruantes, pas de personnage médiatique. Et pourtant, il aura travaillé avec les plus grands noms du cinéma italien des cinquante dernières années, en s’adaptant à des styles très variés, du néoréalisme tardif au cinéma politique, de la comédie à l’horreur stylisée.
C’est justement cette discrétion, doublée d’une régularité impressionnante, qui force le respect. Il n’était pas l’acteur que l’on court applaudir en tête d’affiche, mais celui qui, sans qu’on y pense toujours, donne à un film sa densité, sa crédibilité, son humanité.
Un visage du cinéma italien qui traverse le temps
Il y a dans la carrière de Renato Scarpa une forme d’humilité artistique assez rare. Il acceptait volontiers des rôles courts, parfois muets, parfois anecdotiques, mais les jouait toujours avec sérieux et implication. Sa filmographie est riche de ces petites touches qui, une fois rassemblées, forment un tableau impressionnant.
Même après sa disparition, son visage reste associé à une certaine idée du cinéma italien : exigeant, ancré dans le réel, parfois mélancolique, souvent introspectif. Un cinéma où chaque personnage, même mineur, a une histoire. Et Renato Scarpa savait, mieux que beaucoup, comment lui donner vie en silence.