Remo Remotti

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Filmographie 4 films

Biographie

Remo Remotti, né le 16 novembre 1924 à Rome (Italie) et décédé le 21 juin 2015 dans sa ville natale, est un acteur, poète, dramaturge, peintre et sculpteur italien. Figure singulière du paysage culturel italien, Remo Remotti a mené une carrière éclectique et passionnée, toujours fidèle à ses racines romaines, entre verve populaire, humour décapant et regard social affûté. S’il n’a jamais cherché la notoriété à tout prix, il a su s’imposer comme une voix à part, entre cinéma d’auteur, théâtre underground et poésie en dialecte.

Un artiste autodidacte, profondément romain

Avant de devenir acteur, Remo Remotti commence sa vie d’adulte dans un tout autre univers : celui du droit et du commerce. Il part vivre un temps au Pérou, où il travaille dans les affaires tout en développant un goût pour la peinture et l’art. C’est là, loin de Rome, qu’il réalise ses premières œuvres plastiques, entre naïveté et ironie.

De retour en Italie dans les années 60, il s’engage pleinement dans une carrière artistique polymorphe, à la fois peintre expressionniste, écrivain libre et bientôt acteur au théâtre puis au cinéma. Son langage, souvent en dialecte romain, est frontal, cru, parfois volontairement vulgaire, mais toujours profondément sincère.

Il cultive un ton bourru mais lucide, un peu râleur mais toujours éveillé, comme une sorte de vieux sage de Trastevere avec un verre de vin rouge à la main et un stylo dans l’autre.

Une figure familière du cinéma italien

Au cinéma, Remo Remotti devient un visage reconnaissable dès les années 70, en apparaissant dans des petits rôles où il incarne souvent des romains râleurs, des curés excentriques, des fous doux-amers, ou simplement des hommes du peuple, avec toute l’énergie brute que cela suppose. Il travaille avec certains des plus grands noms du cinéma italien : Marco Bellocchio, Ettore Scola, Nanni Moretti, Paolo Sorrentino ou encore Pupi Avati.

Dans Bianca (1984) et La messa è finita (1985), deux films de Nanni Moretti, Remo Remotti joue des rôles secondaires mais hautement mémorables, avec cette capacité à voler la scène en une seule réplique bien placée. Il est également présent dans Le Dîner (1998) de Scola, film choral où son naturel rugueux se fond parfaitement dans l’ambiance romaine.

Il apparaît aussi dans des productions internationales, comme Hudson Hawk (1991) avec Bruce Willis, où il incarne un cardinal comique, preuve que son style dépasse même, parfois, les frontières du cinéma d’auteur.

Poète, pamphlétaire et performeur

Mais Remo Remotti, c’est aussi (et peut-être surtout) un poète performeur, connu pour ses récitations à haute voix, souvent en dialecte romain, parfois improvisées, toujours habitées. Ses textes parlent de sexe, de vieillesse, de religion, de politique, de manière directe, frontale, presque provocante.

Il publie plusieurs recueils, notamment Poesie in romanesco et Ho rubato la marmellata, où son style mêle humour noir, tendresse et critique sociale. Il se produit régulièrement dans de petites salles, des bars, des librairies, toujours avec cette volonté d’être proche du public, loin de toute prétention littéraire.

Son personnage de vieux bougon à l’esprit vif devient culte auprès d’une certaine jeunesse italienne, notamment à travers des vidéos ou des interviews où il n’hésite pas à dire ce qu’il pense, sans filtre.

Un artiste complet, jamais rangé, jamais rangé

En plus de sa poésie et de son travail d’acteur, Remo Remotti continue toute sa vie à peindre et sculpter, développant un style personnel, expressif, presque enfantin mais porteur d’une violente ironie sur le monde. Il expose dans plusieurs galeries en Italie et à l’étranger, souvent avec des œuvres à la frontière de l’art brut, du commentaire social et de la confession intime.

Jamais enfermé dans un seul médium, il est acteur à la scène, poète à la rue, peintre à l’atelier et râleur en toutes circonstances, avec un regard toujours aiguisé sur la société italienne, les absurdités politiques ou la comédie humaine quotidienne.

Une voix rare, éteinte mais pas oubliée

Remo Remotti s’éteint en 2015 à l’âge de 90 ans, laissant derrière lui une œuvre éparse mais profondément vivante, comme un collage de tout ce qu’il a été : un peu peintre, un peu comédien, beaucoup poète, mais surtout un romain dans l’âme, habité par la langue, la rue et une forme de révolte joyeuse.

Il reste une figure marginale mais profondément respectée, un artiste inclassable, trop brut pour les institutions, trop vrai pour être récupéré, mais adoré pour cette même raison. Dans un monde artistique souvent lisse, Remotti reste une de ces voix qu’on entend encore longtemps après qu’elle s’est tue.

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