Reda Kateb
- Casting
Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Reda Kateb, né le 15 janvier 1977 à Ivry-sur-Seine, est un acteur, réalisateur et scénariste français, reconnu pour son jeu à la fois intense, pudique et profondément habité.
Fils d’un acteur algérien, Malek-Eddine Kateb, et petit-neveu du célèbre écrivain Kateb Yacine, il grandit dans une famille baignée de culture, de théâtre et d’histoire politique. Dès ses débuts, Reda Kateb s’affirme comme une figure à part du cinéma français, capable d’occuper tous les territoires du jeu, qu’il s’agisse de films sociaux, de thrillers tendus ou de récits intimes.
Elevé entre Vitry, Ivry et Montreuil, Reda Kateb découvre le théâtre très jeune. Il commence par jouer sur scène, notamment au sein de compagnies indépendantes, avant de passer devant la caméra à la fin des années 1990. Sa présence singulière, à la fois physique et spirituelle, intrigue les réalisateurs. Il n’a pas l’ambition tapageuse des stars, mais quelque chose d’aimanté se dégage de ses silences, de ses regards, de sa façon de traverser une scène sans forcer l’attention.
Reda Kateb, acteur caméléon entre cinéma d’auteur et grand public
C’est dans Un prophète de Jacques Audiard (2009) que Reda Kateb se fait véritablement remarquer, dans le rôle de Ryad, un codétenu dont l’évolution bouleverse la trajectoire du héros. Ce film charnière dans le cinéma français contemporain révèle l’acteur à un large public. Il y impose un jeu à la fois rugueux et délicat, sans clichés, sans gestes inutiles. Et surtout, il incarne l’humanité dans ce qu’elle a de plus brut, mais aussi de plus vulnérable.
À partir de là, Reda Kateb devient un acteur très demandé, tout en restant fidèle à une certaine éthique de travail. On le retrouve dans Zero Dark Thirty de Kathryn Bigelow, Hippocrate de Thomas Lilti (où il crève l’écran en médecin engagé), Loin des hommes avec Viggo Mortensen, ou encore Dheepan de Jacques Audiard, Palme d’or à Cannes. Il excelle dans les rôles qui nécessitent de l’écoute, de la densité, une présence enracinée.
Loin de se limiter à une image ou à un profil, Reda Kateb enchaîne des rôles très différents, passant avec aisance du policier (dans La Résistance de l’air ou Close Enemies) à des personnages plus fragiles ou intérieurs. Il a aussi tourné dans Le Chant du loup, thriller sous-marin où il partage l’affiche avec François Civil, Omar Sy et Mathieu Kassovitz, prouvant qu’il peut aussi s’intégrer à des productions ambitieuses et rythmées.
Une carrière façonnée par la nuance et la fidélité à soi-même
Ce qui distingue Reda Kateb, c’est peut-être sa manière de ne jamais trahir ses convictions, ni de chercher à se modeler à une image préfabriquée. Il choisit ses projets avec soin, en privilégiant les histoires fortes et les collaborations humaines. Il ne court pas après les rôles à sensation, préférant les personnages en tension, entre deux mondes, deux identités, deux vérités.
En 2015, il reçoit le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Hippocrate, une reconnaissance saluée par ses pairs comme la preuve qu’un acteur peut tracer son sillon sans faire de compromis. Il ne s’agit pas seulement de talent ici, mais aussi de cohérence, d’une ligne artistique qui ne cède pas aux modes.
Reda Kateb derrière la caméra : un prolongement naturel
En 2019, Reda Kateb passe à la réalisation avec le court métrage Pitchoune, présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Cette incursion dans la mise en scène prolonge sa démarche d’acteur : raconter des vies en marge, explorer l’intime sans effet de manche, faire exister des personnes qu’on voit peu à l’écran.
On sent chez lui une envie d’élargir son expression, sans abandonner son attachement à la sincérité. Il ne s’agit pas de prouver quelque chose, mais de continuer à raconter des histoires, avec cette sensibilité discrète mais profondément humaine qui le caractérise.