Randy Newman
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 19 films |
| Récompenses | 22 nominations et 2 victoires |
Biographie
Randy Newman, né le 28 novembre 1943 à Los Angeles, en Californie (États-Unis), est un auteur-compositeur-interprète, pianiste, arrangeur et compositeur de musique de film américain. En activité depuis les années 1960, il incarne une figure rare de la musique populaire : un artiste capable de conjuguer sarcasme mordant, humour grinçant, et émotion sincère, tout en écrivant aussi bien pour lui-même que pour Hollywood.
On peut le résumer comme ça : Randy Newman, c’est un type qui peut vous faire pleurer avec une chanson pour Toy Story, et dans la foulée, vous balancer un morceau satirique sur le racisme ordinaire ou la politique étrangère américaine. Une sorte de crooner à lunettes, pince-sans-rire, qui joue doucement du piano pendant que le monde part en vrille. Avec le sourire, en plus.
Un enfant de la musique, plongé dans l’univers des studios
Né dans une famille de compositeurs (ses oncles Alfred, Lionel et Emil Newman étaient tous des musiciens de film renommés), Randy Newman a grandi au cœur du système hollywoodien. Très tôt, il baigne dans les arrangements orchestraux, les studios d’enregistrement, et la mécanique bien huilée de la musique de film américaine.
Mais au lieu de suivre une voie strictement académique ou orchestrale, Randy Newman choisit d’y ajouter sa propre voix, littéralement. Il commence à écrire des chansons dès l’adolescence, d’abord pour d’autres artistes (Gene Pitney, Cilla Black, Irma Thomas…), avant de sortir son propre album en 1968.
Et là, c’est une surprise : ce premier disque, Randy Newman (sobrement intitulé, comme son style), est à mille lieues du rock psychédélique en vogue à l’époque. Il y propose un piano dépouillé, des orchestrations néo-classiques, et surtout des textes ironiques, parfois même dérangeants. Le public ne comprend pas tout, mais la critique, elle, est déjà conquise.
Un répertoire entre satire sociale et tendresse désabusée
Ce qui distingue Randy Newman, c’est sa façon très particulière d’écrire ses chansons : il adopte souvent le point de vue de personnages peu recommandables, ignorants, cyniques ou maladroits, pour mieux pointer du doigt les travers de la société américaine. Il se cache derrière eux, et nous tend un miroir.
Parmi ses morceaux les plus célèbres, on trouve Short People (1977), chanson ironique sur la discrimination… des personnes de petite taille. Mal comprise à sa sortie, elle provoque une vague de protestations. Pourtant, elle est évidemment satirique, et vise à dénoncer l’absurdité du rejet de l’autre.
De même, dans Rednecks (1974), il adopte la voix d’un sudiste raciste pour critiquer non seulement le Sud américain, mais aussi l’hypocrisie du Nord. C’est dérangeant, incisif, et parfois inconfortable, mais c’est toujours brillamment écrit. Randy Newman n’est pas là pour caresser qui que ce soit dans le sens du poil.
Mais il sait aussi se montrer d’une émotion bouleversante, comme dans I Think It’s Going to Rain Today, Marie, ou Real Emotional Girl. Des ballades d’une grande simplicité, où l’ironie cède la place à la tendresse ou à la mélancolie. C’est là toute sa force : être capable d’alterner, parfois dans un même morceau, la moquerie et la compassion.
Le compositeur chouchou de Pixar (et pas que)
Dans les années 90, une nouvelle facette de sa carrière prend le dessus : Randy Newman devient un compositeur incontournable de musique de film, notamment dans l’univers de l’animation. Il commence avec Toy Story en 1995, et offre au monde la chanson You’ve Got a Friend in Me, devenue un classique instantané. Ce morceau, à lui seul, résume bien Newman : accessible, chaleureux, et un peu cabossé.
Il enchaîne avec A Bug’s Life, Monsters, Inc., Cars, Toy Story 2, Toy Story 3, Toy Story 4 et Monsters University, un véritable partenariat durable avec Pixar. Ses compositions pour ces films lui ont valu plusieurs nominations aux Oscars, et une reconnaissance du public mondial, bien au-delà des cercles de la musique américaine indépendante.
Mais il ne travaille pas que pour l’animation. Il compose aussi pour Pleasantville, Seabiscuit, Meet the Parents, et bien d’autres films. Et s’il a été longtemps considéré comme l’un des artistes les plus souvent nommés aux Oscars sans jamais gagner, il finit par remporter deux statuettes, pour If I Didn't Have You (Monsters, Inc.) et We Belong Together (Toy Story 3).
Une voix à part dans le paysage musical
Oui, sa voix est nasillarde, un peu usée, souvent ironique dans sa diction. Mais c’est exactement ce qui rend Randy Newman unique. Il n’a jamais cherché à chanter "bien" dans le sens traditionnel, mais plutôt à incarner, jouer, raconter. Il est moins chanteur que conteur au piano, un peu comme un Tom Waits qui aurait été élevé dans un studio MGM.
Sa carrière musicale est ponctuée d’albums exigeants, pas toujours commerciaux, mais souvent salués par la critique (Sail Away, Good Old Boys, Land of Dreams, Harps and Angels...). Il continue d’écrire, de composer et de se produire, avec cette énergie tranquille de ceux qui n’ont plus rien à prouver, mais encore beaucoup à dire.
Filmographie
19 sur 19 films