Rance Howard
- Casting
Détails
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| Filmographie | 19 films |
Biographie
Rance Howard, né le 17 novembre 1928 à Duncan, dans l’Oklahoma (États-Unis), et décédé le 25 novembre 2017 à l’âge de 89 ans, est un acteur américain dont la longévité et la constance dans l’industrie hollywoodienne forcent le respect. S’il n’a jamais été une tête d’affiche, Rance Howard est l’un de ces seconds rôles essentiels, souvent en arrière-plan, mais toujours justes, solides, fiables. Il a incarné pendant plus de soixante ans ce que l’on pourrait appeler un acteur de métier, au service des histoires, sans chercher la lumière, mais sans jamais passer inaperçu.
Père du réalisateur Ron Howard et du comédien Clint Howard, Rance Howard fait partie de cette lignée d’artistes qui ont transmis la passion du jeu et du récit comme un héritage familial. Sa carrière, tout comme sa vie, est marquée par la fidélité, l’humilité et la rigueur professionnelle, autant de qualités rarement valorisées à Hollywood, mais absolument indispensables à sa mécanique.
Un acteur formé à la scène, passé maître dans l’art de l’adaptation
Né Harold Rance Beckenholdt, il adopte le nom de scène Rance Howard au moment de lancer sa carrière professionnelle. Il étudie le théâtre à l’Université d’Oklahoma, et c’est sur les planches qu’il affine son jeu. Il y rencontre sa première épouse, Jean Speegle Howard, également actrice, avec qui il partagera sa vie jusqu’à sa mort en 2000. Leur relation donne naissance à une véritable dynastie artistique, qui restera très présente dans l’histoire du cinéma et de la télévision américaine.
Dès les années 1950, Rance Howard se lance dans le cinéma et surtout la télévision, qui lui offrira un nombre impressionnant de rôles secondaires. Il apparaît dans des séries westerns, des feuilletons familiaux, des drames médicaux, et plus tard dans des sitcoms ou des thrillers. Il est le genre d’acteur qui peut jouer un fermier, un juge, un pasteur ou un passant avec la même honnêteté d’interprétation, sans jamais chercher à tirer la couverture à lui.
Une filmographie longue comme un roman, souvent en collaboration avec Ron Howard
Ce qui frappe dans la carrière de Rance Howard, c’est son impressionnante quantité de rôles : plus de 280 apparitions à l’écran, dans des films, téléfilms et séries confondus. On le retrouve dans Chinatown, Ed Wood, Cool Hand Luke, A Beautiful Mind, Apollo 13, Frost/Nixon, Nebraska, The Missing, ou encore Cocoon, et très souvent, dans des films réalisés par son fils Ron Howard, qui ne manquait jamais de lui confier un rôle, même minime.
Cette fidélité paternelle à l’écran n’était pas du simple népotisme : Rance Howard apportait une stabilité, une chaleur humaine et une touche de réalisme qui enrichissaient toujours les scènes. Il savait jouer sans forcer, sans cabotinage, avec un naturel qui le rendait presque invisible, dans le bon sens du terme.
Une figure familière des séries américaines pendant des décennies
Impossible de faire le tour complet de ses participations télévisuelles, tant elles sont nombreuses. On l’a vu dans Gunsmoke, Bonanza, The Waltons, Happy Days, Murder, She Wrote, Seinfeld, Nash Bridges, Grey’s Anatomy, NCIS… et la liste est encore longue. À chaque apparition, Rance Howard livre ce que l’on attend de lui : une interprétation juste, sans excès, qui sert l’histoire et respecte le personnage, aussi modeste soit-il.
C’est cette régularité qui a fait de lui l’un des visages les plus reconnaissables du petit écran américain, même si son nom restait, lui, moins connu du grand public. Il a souvent incarné des rôles d’autorité ou de sagesse, mais pouvait aussi surprendre par des rôles plus grinçants ou décalés.
Une leçon d’humilité dans une industrie souvent obsédée par le star-system
Rance Howard n’a jamais cherché à devenir une star, et cela se ressent dans l’ensemble de sa carrière. Il a su rester fidèle à sa vocation d’acteur, sans dévier vers la célébrité gratuite ou les rôles trop éloignés de ses valeurs. Son parcours est un témoignage rare d’une carrière guidée par l’éthique du travail et l’amour du jeu, plutôt que par la recherche de reconnaissance.
Son influence se mesure aussi à travers ses enfants, en particulier Ron Howard, qui n’a cessé de saluer l’inspiration et le soutien reçus de son père, aussi bien sur le plan humain que professionnel. Rance est apparu dans presque tous les films de Ron, comme une sorte de talisman discret mais incontournable.
Quand il meurt en 2017, c’est tout un pan du cinéma et de la télévision américaine qui perd une figure familière. Mais Rance Howard laisse derrière lui une œuvre immense, faite de petites scènes, de rôles ponctuels, de présences modestes, et d’une constance admirable.
Dans un monde où l’on parle souvent des étoiles filantes, Rance Howard fut une étoile fixe. Une présence fiable, bienveillante, enracinée. Et c’est peut-être cela, finalement, le vrai secret d’une longue et belle carrière.