Rami Malek
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 15 films |
| Récompenses | 2 nominations et 2 victoires |
Biographie
Rami Malek, né le 12 mai 1981 à Los Angeles, en Californie (États-Unis), est un acteur américain d’origine égyptienne, connu pour sa capacité à se transformer physiquement et mentalement pour incarner ses rôles, avec une intensité qui frôle souvent la fascination. Il s’est imposé à Hollywood non pas grâce à un physique classique de leading man, mais grâce à une présence étrange, presque hypnotique, qui attire irrésistiblement l’œil. C’est cette singularité, à mi-chemin entre vulnérabilité et tension, qui a permis à Rami Malek de passer de second rôle remarqué à Oscar du meilleur acteur, tout en gardant une trajectoire singulière et soignée.
Racines égyptiennes, culture californienne
Fils d’un guide touristique devenu vendeur d’assurances et d’une comptable, Rami Malek est issu d’une famille copte orthodoxe ayant émigré d’Égypte vers les États-Unis. Il grandit dans une banlieue tranquille de Los Angeles, où il parle arabe à la maison et fréquente l’école avec un léger décalage culturel qu’il revendique encore aujourd’hui.
Il étudie le théâtre à l’Université d’Evansville, dans l’Indiana, où il commence à forger un style de jeu précis, presque physique, inspiré par le théâtre classique mais adapté à l’écran. Et comme beaucoup de jeunes acteurs à Hollywood, il commence sa carrière par de petits rôles à la télévision, notamment dans Gilmore Girls, Medium, ou encore 24.
Mais déjà, ce qui ressort, c’est un regard intense, une manière de prononcer ses répliques qui ne ressemble à personne d’autre.
Mr. Robot : le rôle qui change tout
Le grand tournant, c’est évidemment Elliot Alderson, le héros de la série Mr. Robot, diffusée à partir de 2015. Dans ce thriller paranoïaque sur fond de hacking et d’effondrement numérique, Rami Malek incarne un jeune informaticien asocial, brillant et tourmenté, en proie à la dépression et à des hallucinations. Un rôle aussi complexe que risqué.
Sa performance est bluffante : étrangement stoïque mais profondément émotive, avec une voix off omniprésente et un jeu tout en silences, ruptures de ton et gestes mesurés. La série devient culte, et Rami Malek reçoit un Emmy Award du meilleur acteur en 2016, ce qui l’installe immédiatement dans une autre dimension.
Elliot n’est pas un rôle classique de héros télé. Il est dépressif, distant, peu bavard, parfois antipathique. Mais dans les mains de Rami Malek, il devient l’un des personnages les plus marquants des années 2010.
De hacker à rockstar : Bohemian Rhapsody
En 2018, Rami Malek fait un virage spectaculaire avec Bohemian Rhapsody, où il incarne Freddie Mercury, le légendaire chanteur de Queen. Le pari est énorme : comment rendre hommage à une figure aussi flamboyante sans tomber dans l’imitation ? Et pourtant, le résultat est là.
Avec une transformation physique impressionnante, des prothèses dentaires, un travail gestuel millimétré et une émotion palpable dans les scènes plus intimes, Rami Malek livre une performance saluée par le public comme par la critique. Le film divise, mais lui vole la vedette.
Il remporte le Golden Globe, le BAFTA, le Screen Actors Guild Award, et surtout l’Oscar du meilleur acteur en 2019. Il devient ainsi le premier acteur d’origine arabe à recevoir cette récompense.
Une carrière sous contrôle
Depuis cet Oscar, Rami Malek ne se précipite pas sur les scripts. Il prend son temps, choisit des rôles où il peut continuer à explorer des zones d’ombre, des personnalités troubles, ou des figures atypiques. On le retrouve en antagoniste dans No Time to Die (2021), dernier James Bond avec Daniel Craig, où il incarne Lyutsifer Safin, un méchant glacial et mystérieux, presque spectral.
Il ne cherche pas à se réinventer à chaque film, mais plutôt à approfondir cette ambivalence naturelle qu’il porte en lui : à la fois fragile et inquiétant, doux et dérangeant. Une posture rare, surtout dans un système hollywoodien qui aime les personnages bien rangés.
Et il continue de s’aventurer dans des projets moins attendus, comme The Little Things (aux côtés de Denzel Washington) ou Oppenheimer, où il fait une brève mais marquante apparition dans une distribution prestigieuse.
Un acteur qui échappe aux cases
Rami Malek n’est pas un acteur de franchise, ni un "beau gosse" d’Hollywood. Il ne coche pas les cases traditionnelles du héros américain, et c’est précisément ce qui fait sa valeur dans le paysage actuel. Il incarne cette génération d’acteurs pour qui la vulnérabilité est une force, et qui préfère le trouble au confort.
À une époque où les rôles sont souvent formatés, Rami Malek continue de jouer des figures à la marge, parfois fascinantes, parfois inquiétantes, mais toujours profondément humaines.