Quentin Tarantino

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 26 films
Récompenses 20 nominations et 4 victoires

Biographie

L’enfant terrible du cinéma devenu maître du dialogue et de la violence stylisée

Quentin Jerome Tarantino est né le 27 mars 1963 à Knoxville, dans le Tennessee (États-Unis). Il est américain, avec des origines italiennes du côté de son père et irlandaises et cherokee du côté de sa mère. Cinéphile compulsif, scénariste surdoué, réalisateur culte… Quentin Tarantino est l’un des rares cinéastes contemporains dont le nom est devenu une marque à lui seul. Chaque film est un événement, chaque réplique est potentiellement culte, et chaque plan suinte la cinéphilie par tous les pores de l’écran.

Des débuts autodidactes : du vidéoclub à Hollywood

Avant de devenir un réalisateur respecté, Quentin Tarantino est un passionné de cinéma... au sens obsessionnel du terme. Il travaille dans un vidéoclub à Los Angeles dans les années 1980, où il passe ses journées à dévorer des films de toutes sortes : westerns spaghetti, films de samouraïs, polars français, séries B, films d’horreur, et bien sûr les classiques hollywoodiens.

C’est là qu’il forge son style : un mélange de haute culture et de culture pop, d’hommages référencés et de dialogues ciselés. Sans passer par une école de cinéma, il écrit ses premiers scénarios, dont celui de True Romance (réalisé ensuite par Tony Scott) et Tueurs nés (Natural Born Killers, réécrit par Oliver Stone, ce qui ne lui a pas trop plu, au passage).

Reservoir Dogs et Pulp Fiction : Quentin Tarantino explose les codes du cinéma indépendant

En 1992, Quentin Tarantino réalise Reservoir Dogs. Ce huis clos sanglant autour d’un braquage raté (qu’on ne voit jamais) pose les bases de son style : violence brutale, narration non linéaire, dialogues qui digressent et bande-son savamment choisie. Le film devient instantanément culte dans le circuit indépendant.

Mais c’est en 1994 avec Pulp Fiction que Tarantino change définitivement la donne. Palme d’or à Cannes, succès planétaire, résurrection de John Travolta, dialogues devenus légendaires ("Royale with cheese", tu connais ?), et un montage en puzzle qui déroute et séduit… Bref, Quentin Tarantino est désormais une superstar du cinéma d’auteur.

Quentin Tarantino : un style reconnaissable entre mille

Ce qui distingue immédiatement un film de Quentin Tarantino, c’est sa capacité à transformer la violence en chorégraphie, les scènes de bavardages en pièces de théâtre, et les références obscures en clins d’œil jubilatoires. Il joue avec les genres, mélange les époques, cite des films oubliés avec le même sérieux qu’il traite un duel final.

Autre élément fondamental : le dialogue. Chez Tarantino, on peut parler cinq minutes d’un massage des pieds ou d’un burger, et pourtant faire avancer la tension comme dans un thriller. C’est un maître du verbe cool, du détail absurde qui en dit long, et des silences qui explosent sans prévenir.

Et puis il y a ses acteurs fétiches : Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Christoph Waltz, Harvey Keitel, Tim Roth, et plus récemment Leonardo DiCaprio ou Brad Pitt. Tous semblent galvanisés par ses scripts, comme s’ils jouaient dans le film le plus cool de leur carrière – ce qui est parfois vrai.

De Kill Bill à Django Unchained : Tarantino, le cinéaste caméléon des genres

Après Jackie Brown (1997), adaptation plus posée et mature d’un roman d’Elmore Leonard, Quentin Tarantino revient en force dans les années 2000 avec le diptyque Kill Bill. Mélange flamboyant d’arts martiaux, de western et d’exploitation seventies, c’est un hommage XXL au cinéma de genre asiatique, porté par une Uma Thurman vengeresse et stylisée à souhait.

Avec Inglourious Basterds (2009), il revisite la Seconde Guerre mondiale en mode uchronie explosive, tandis que Django Unchained (2012) s’attaque au western spaghetti en plein sud esclavagiste. Dans chaque cas, il brise les conventions, réécrit l’Histoire (littéralement) et offre à ses personnages des répliques et des scènes d’anthologie.

Once Upon a Time... in Hollywood : nostalgie, cinéma et fin de cycle

En 2019, Quentin Tarantino sort Once Upon a Time... in Hollywood, son neuvième film, situé dans le Los Angeles de 1969. Plus contemplatif, presque doux par moments (oui, vraiment), ce film marque une nouvelle étape dans sa carrière. Il y rend hommage à une époque révolue du cinéma, à ses héros oubliés, et joue encore une fois avec la réalité historique — notamment avec la fin alternative autour de Sharon Tate.

Brad Pitt y décroche un Oscar, DiCaprio y montre une palette impressionnante, et Tarantino semble, pour une fois, s’offrir une déclaration d’amour au cinéma plus qu’un règlement de comptes sanglant.

Quentin Tarantino et sa "retraite" annoncée : réalité ou mythe ?

Tarantino l’a répété à plusieurs reprises : il ne fera que dix films, pas un de plus. Pourquoi ? Parce qu’il veut partir au sommet, ne pas devenir un réalisateur qui s’essouffle. Selon sa propre comptabilité (où Kill Bill compte comme un seul film), il ne lui resterait donc qu’un dernier long métrage à réaliser.

Depuis des années, les rumeurs vont bon train : western ? film d’horreur ? comédie ? adaptation de roman pulp ? Le mystère reste entier, et l’attente est à la hauteur du personnage : intense, passionnée, et un peu théâtrale.

Quentin Tarantino : un auteur pop devenu classique malgré lui

Ce qui frappe chez Quentin Tarantino, c’est qu’il a réussi l’impossible : marier la pop culture la plus assumée avec une exigence de mise en scène rigoureuse, et devenir une référence dans les écoles de cinéma tout en restant un chouchou des spectateurs. Il cite, il emprunte, il transforme — et crée toujours du neuf avec du vieux.

Loin de l’image du provocateur gratuit, il s’impose comme l’un des derniers véritables "auteurs" hollywoodiens, capable d’écrire, de réaliser, de monter, de défendre ses films sans filtre ni compromis. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde. Et paradoxalement, c’est ce qui plaît.

Filmographie

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