Phyllis Somerville
- Casting
Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Phyllis Somerville, née le 12 décembre 1943 à Iowa City, dans l’Iowa (États-Unis), et décédée le 16 juillet 2020 à New York, est une actrice américaine dont le parcours, à la fois discret et profondément marquant, s’est déployé entre Broadway, cinéma indépendant et télévision dramatique.
Si son nom ne figure pas en haut des affiches, Phyllis Somerville a pourtant incarné, pendant plus de quatre décennies, une forme d’authenticité rare à l’écran comme sur scène, une actrice de caractère, au jeu nuancé, capable de transmettre beaucoup avec peu. Avec sa voix légèrement rauque, son regard franc et son allure simple mais habitée, Phyllis Somerville a su donner vie à des personnages souvent en marge, toujours crédibles, souvent blessés, jamais caricaturaux. Elle faisait partie de ces comédiennes que le public reconnaît sans toujours mettre un nom sur leur visage, mais qu’il n’oublie jamais vraiment.
Une formation théâtrale rigoureuse, socle d’une carrière exigeante
Avant de se tourner vers la télévision et le cinéma, Phyllis Somerville se forme d’abord au théâtre, une discipline à laquelle elle restera fidèle tout au long de sa carrière. Elle étudie à l’université du Nebraska, puis à celle du Minnesota, avant de poursuivre à New York, où elle s’installe pour de bon. Elle commence dans les années 1970 avec des productions théâtrales, notamment off-Broadway, où elle développe une technique fondée sur l’écoute, la précision et la sobriété.
Elle apparaît régulièrement sur les planches de Broadway, notamment dans The Sum of Us ou Over Here!, mais c’est en dehors des grands circuits commerciaux qu’elle affine sa palette. Loin des grands rôles glamour, elle préfère les personnages profonds, réalistes, accidentés, qu’elle sert avec une intelligence émotionnelle rarement surjouée. Ce n’est pas une actrice qui cherche la lumière, mais une actrice qui éclaire ses rôles de l’intérieur.
Une présence marquante à la télévision, entre douleur sourde et force tranquille
La télévision offre à Phyllis Somerville des rôles à la hauteur de sa subtilité, notamment dans des séries dramatiques où son jeu fait mouche. Elle apparaît dans des épisodes de Law & Order, The Good Wife, House of Cards, ou encore The Big C, où elle incarne une voisine fantasque et touchante, dans une série oscillant entre comédie noire et drame existentiel.
Mais c’est sans doute dans The Outsider (2020), série HBO adaptée de Stephen King, qu’elle laisse l’une de ses dernières empreintes marquantes. Elle y joue une mère accablée par la perte d’un enfant, personnage secondaire certes, mais incarné avec une telle densité émotionnelle que chaque scène devient mémorable. Sa douleur, contenue derrière une façade digne, en dit bien plus long que de longs monologues.
À travers ces rôles, Phyllis Somerville impose une signature : l’économie de moyens, une expressivité juste, jamais forcée, toujours sincère. Elle joue souvent des femmes ordinaires, mères, voisines, tantes, mais elle leur donne toujours une épaisseur, une histoire, une humanité palpable.
Un visage familier du cinéma indépendant américain
Au cinéma, Phyllis Somerville privilégie les films à taille humaine. Elle apparaît notamment dans Little Children (2006), de Todd Field, où elle incarne la mère du personnage troublé joué par Jackie Earle Haley. Là encore, son jeu est à la fois pudique et bouleversant. En quelques scènes, elle parvient à incarner toute l’ambivalence d’une mère entre amour inconditionnel et terreur muette.
Elle tourne aussi dans The Curious Case of Benjamin Button, Surveillance, Stoker, et Captain Fantastic, souvent dans des seconds rôles finement ciselés. À chaque fois, Phyllis Somerville enrichit le film par sa seule présence, comme si son personnage portait une mémoire, une densité, une histoire qu’on ne nous raconte pas, mais qu’on devine.
Elle a ce don rare de faire exister l’arrière-plan, de transformer un rôle discret en moment inoubliable, sans jamais tirer la couverture à elle.
Une actrice du réel, sans effet, sans faux-semblants
Ce qui frappe dans le parcours de Phyllis Somerville, c’est sa cohérence. Elle ne cherche pas les grands rôles transformistes, ni les performances à Oscar. Elle préfère la justesse, la vérité nue, parfois dérangeante, souvent profondément humaine. Elle joue comme on respire : sans y penser, mais en donnant vie à chaque geste, chaque mot, chaque silence.
Elle est l’exemple même d’une actrice de caractère, dans ce que ce terme a de plus noble. Elle incarne non pas des stéréotypes, mais des gens. Des vrais. Et même si elle n’a jamais été une tête d’affiche, elle a toujours été une présence essentielle dans les récits auxquels elle a participé.
Le cinéma a souvent besoin de figures discrètes comme Phyllis Somerville pour tenir debout. Des piliers de l’ombre, qui ne cherchent pas à briller, mais qui donnent aux autres la possibilité de le faire. Sa disparition en 2020 a laissé un vide silencieux, mais sa filmographie reste là, témoin d’un engagement sans fard pour un jeu sincère, humble et durable.