Philippe Rebbot

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Filmographie 5 films

Biographie

Philippe Rebbot, né le 30 novembre 1964 à Toulouse, est un acteur français à la présence reconnaissable entre mille. Grand, légèrement dégingandé, regard rêveur, phrasé traînant, Philippe Rebbot a imposé, presque sans le vouloir, une figure unique dans le paysage du cinéma français contemporain. Ni vraiment comique, ni complètement dramatique, il évolue dans un entre-deux parfaitement assumé, où la maladresse devient une forme de grâce, et où l’étrangeté n’exclut jamais la tendresse. S’il a commencé tardivement à apparaître sur les écrans, il s’est depuis fait une place à part, loin des standards, et avec une liberté de ton qui n’appartient qu’à lui.

Un acteur qui débute sur le tard, mais pas par hasard

Philippe Rebbot n’est pas ce qu’on appelle un "acteur précoce". Il arrive au cinéma après avoir multiplié les vies : barman, décorateur, scénographe, animateur radio... Bref, un parcours cabossé, mais riche. Ce détour, loin d’être un accident, semble avoir nourri sa manière d’aborder le jeu : avec décalage, sincérité et sans vernis technique.

Il commence à tourner au début des années 2000, dans de petits rôles, puis se fait remarquer grâce à sa participation dans Les Deux Amis de Louis Garrel, Gaby Baby Doll, ou encore Un moment d’égarement où il apporte un contrepoint comique involontaire dans des scènes plutôt tendues.

Mais c’est à partir de L’effet aquatique (2016) et Le Grand Bain (2018) que le grand public met un nom sur ce visage doux et un peu flottant. Il devient, à sa manière, une figure attachante du cinéma français, à la croisée de l’absurde et du réel.

Des rôles de "types" à côté de la plaque… mais jamais ridicules

Ce qui distingue Philippe Rebbot, c’est qu’il incarne souvent des personnages mal ajustés au monde. Des pères largués, des amis paumés, des collègues un peu trop francs ou pas assez présents, bref des hommes en dehors de la bonne fréquence sociale. Mais là où un autre acteur pourrait surjouer cette marginalité, lui la fait exister avec une sincérité désarmante.

Il ne cherche pas à "faire drôle", il est simplement là, avec ses hésitations, ses silences, ses regards en coin. Et ça fonctionne. Parce que derrière l’humour, on sent une vraie mélancolie, une inquiétude parfois, et souvent une grande tendresse pour les gens qu’il incarne.

Dans L’amour flou (2018), co-écrit et co-joué avec Romane Bohringer, il pousse encore plus loin cette frontière entre fiction et réalité. Le film raconte leur séparation, dans un appartement commun qu’ils continuent de partager pour le bien de leurs enfants. Un projet autobiographique tendre, décalé, où l’on retrouve tout ce qui fait la force de Philippe Rebbot : l’auto-dérision, la pudeur, l’originalité non fabriquée.

Une voix unique dans le cinéma français : absurde, douce et décalée

Ce qui rend Philippe Rebbot immédiatement identifiable, c’est aussi sa voix. Un débit lent, une diction parfois hésitante, une manière de laisser les mots vivre leur propre vie. Ce n’est pas du cabotinage : c’est une façon d’être. Il ne cherche pas à incarner un personnage en costume, il le laisse venir à lui, tranquillement.

On pense parfois à Jacques Tati, pour le corps ; à Pierre Richard, pour l’inadaptation ; ou à Jean Rochefort, pour le mélange de distinction et d’ironie douce. Mais Philippe Rebbot n’imite personne. Il est dans une filiation, oui, mais sans nostalgie. Il propose une forme de présence fragile, qui fait du bien dans un cinéma parfois trop lisse ou trop démonstratif.

Un parcours atypique, mais une reconnaissance bien là

Aujourd’hui, Philippe Rebbot continue d’alterner les formats : cinéma, séries, documentaires, collaborations avec des cinéastes indépendants comme avec des productions plus visibles. Il ne cherche pas la première place, mais il devient peu à peu une figure centrale de ce cinéma français humaniste et légèrement barré, où l’humour n’écrase jamais l’émotion.

Il est aussi apprécié pour sa générosité en interviews, son refus de se prendre au sérieux, et une forme de lucidité un peu triste mais jamais désespérée sur son métier et le monde qui l’entoure. Il ne joue pas la star, et ne cherche pas à en être une. Il préfère sans doute qu’on le voie comme un artisan du jeu, un passant attachant, un témoin bienveillant.

Filmographie

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