Philippe Katerine
- Casting
- Sons
Détails
| Autre nom | Philippe Blanchard |
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Nationalité |
| Filmographie | 9 films |
Biographie
Philippe Katerine, de son vrai nom Philippe Blanchard, est né le 8 décembre 1968 à Thouars, dans les Deux-Sèvres, en France. Dès ses débuts, il défie toutes les cases. Musicien, chanteur, acteur, réalisateur, dessinateur occasionnel et performeur de l’absurde, Philippe Katerine cultive l’art du décalage avec une constance remarquable. À mi-chemin entre le poète dadaïste et le gamin farceur, il construit, depuis les années 1990, une œuvre où le non-sens se mêle à la tendresse, où la bizarrerie devient forme d’élégance, et où la légèreté cache souvent une profondeur inattendue. Il fait partie de ces artistes qu’on a d’abord cru « pour rire », avant de se rendre compte que tout est très sérieux, mais jamais grave. Et dans une époque qui prend parfois tout au sérieux, Philippe Katerine reste une respiration aussi loufoque que salutaire.
Une carrière musicale atypique, entre pop bricolée et chansons lunaires
C’est par la musique que Philippe Katerine se fait d’abord connaître, avec un premier album autoproduit en 1991, Les Mariages chinois. Le ton est déjà là : minimaliste, décalé, poétique, chanté d’une voix blanche avec des paroles aussi absurdes qu’intimes. Très vite, il devient une figure culte de la chanson pop expérimentale, souvent comparé à un mélange improbable de Gainsbourg, Brigitte Fontaine et des Monty Python.
Au fil des années, il enchaîne les albums, souvent inclassables, comme Mes mauvaises fréquentations, L’Homme à trois mains, ou plus récemment Confessions et Le film. On y croise des chansons sur les cornichons, sur les bananes, sur la barbe de Jésus ou sur la beauté des fesses. Mais derrière ces objets chantés non identifiés, il y a toujours un regard tendre, un refus des normes et une sincérité désarmante.
La musique de Philippe Katerine, ce n’est pas seulement une blague bien emballée : c’est un univers. Et ceux qui s’y laissent embarquer découvrent un auteur capable de chanter la solitude, le désir, la vieillesse ou l’amour avec une légèreté grave et un humour doux-amer.
Une présence au cinéma à la fois décalée… et redoutablement crédible
À partir des années 2000, Philippe Katerine s’invite au cinéma. D’abord dans des rôles secondaires, toujours un peu étranges, souvent muets ou à contre-emploi. Puis, petit à petit, il s’impose comme un acteur à part entière, capable de passer de la comédie burlesque au drame intime, sans jamais changer vraiment… tout en s’adaptant parfaitement.
Il explose littéralement dans Le Grand Bain de Gilles Lellouche, où il incarne un nageur dépressif et lunaire, dans une équipe de natation synchronisée masculine. Le rôle est tendre, drôle, inattendu, et lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle en 2020. Une consécration discrète, mais qui marque : Philippe Katerine n’est plus seulement un chanteur excentrique, il est devenu un comédien solide, qui joue toujours à sa manière, mais toujours juste.
On le retrouve aussi dans Le monde est à toi, Yves, Zai Zai Zai Zai, Petite Solange, ou Zaï Zaï Zaï Zaï, adaptation de la BD de Fabcaro, où son absurdité naturelle devient la matière même du récit. Dans chacun de ses rôles, il apporte une touche de flottement, une présence légèrement en décalage, qui questionne nos habitudes de spectateurs.
Un artiste visuel et un performeur complet
En parallèle de ses activités de chanteur et d’acteur, Philippe Katerine multiplie les projets artistiques, parfois exposés dans des galeries, parfois juste partagés comme des performances absurdes sur les réseaux ou en direct. Il dessine, sculpte, invente des objets inutiles, écrit des poèmes, fabrique des costumes ridicules… toujours avec cette volonté de brouiller les frontières entre art, jeu et vie quotidienne.
Il a même incarné une version de lui-même en rose de la tête aux pieds dans Mignonisme, une exposition-concept à la fois drôle et troublante. Le "mignonisme", c’est son manifeste poético-rigolo, où il prône la légèreté, l’innocence, la douceur comme armes de résistance face à la brutalité du monde. C’est du Katerine pur jus : naïf en surface, profondément politique si l’on gratte un peu.
Un style inimitable, entre génie du rien et poésie du quotidien
Ce qui rend Philippe Katerine aussi singulier, c’est sans doute sa capacité à faire quelque chose avec rien. Un mot mal prononcé, une phrase anodine, une idée apparemment bête — tout peut devenir le point de départ d’une chanson, d’un sketch, d’un tableau ou d’une réflexion. Il prend le monde tel qu’il est, et l’observe avec des yeux d’enfant un peu moqueur, mais jamais méchant.
Il n’a jamais cherché à plaire à tout le monde, et c’est sans doute pour ça qu’il plaît autant. Philippe Katerine fait partie de ces artistes qui ne ressemblent à personne, et qui le revendiquent sans arrogance. Il n’explique pas, il propose. À chacun de décider s’il veut embarquer dans son univers ou passer son chemin.
Mais une chose est sûre : dans un paysage culturel souvent balisé, Philippe Katerine est une bouffée d’oxygène délirante, un artiste total et joyeusement imprévisible, dont l’excentricité n’est jamais gratuite. Juste essentielle.
Filmographie
9 sur 9 films