Philip Glass
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- Sons
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 12 films |
| Récompenses | 4 nominations et 1 victoire |
Biographie
Philip Glass est né le 31 janvier 1937 à Baltimore, dans le Maryland. Compositeur prolifique, audacieux et souvent controversé, il est considéré comme l’un des grands rénovateurs de la musique contemporaine, à l’origine d’un courant souvent qualifié, parfois à tort, de minimalisme. Son œuvre, traversée par des motifs répétitifs, des rythmes en boucle et une tension hypnotique, dépasse largement le cadre de la musique dite « savante ». Cinéma, opéra, théâtre, danse, musique populaire : Philip Glass est partout, et ce depuis plus d’un demi-siècle.
Une formation classique, un appétit de déconstruction
Fils d’un disquaire passionné de musique, Philip Glass découvre très tôt le répertoire classique. Il étudie au Peabody Institute, à la Juilliard School, puis part à Paris dans les années 1960 pour suivre l’enseignement de Nadia Boulanger, figure tutélaire de la pédagogie musicale européenne. Là-bas, il travaille également avec le musicien indien Ravi Shankar, dont la musique modale et cyclique marque un tournant dans son approche de la composition.
Plutôt que de poursuivre une carrière dans le sillage du modernisme européen, Philip Glass décide de remettre à plat les fondations de l’écriture musicale occidentale. Il s’éloigne de l’héritage post-sériel et explore les structures répétitives, les pulsations régulières, les déphasages. Cette démarche, qui rejoint celle de compositeurs comme Steve Reich, La Monte Young ou Terry Riley, devient dans les années 1970 le socle de ce qu’on nommera, parfois trop rapidement, le minimalisme américain.
Ensemble, opéras, cycles : l’œuvre comme processus
Pour interpréter ses œuvres, Philip Glass fonde son propre ensemble, le Philip Glass Ensemble, composé de claviers, vents et voix amplifiées. L’idée est simple : les orchestres traditionnels ne savent pas, ou ne veulent pas, jouer ce type de musique. Alors autant tout faire soi-même. Le son Glass naît là : nappes de claviers, motifs itératifs, progressions millimétrées, et cette sensation de flot musical qui oscille entre méditation et urgence.
Parmi ses premières grandes œuvres, Music in Twelve Parts (1971–1974) pose les bases d’une esthétique à la fois rigoureuse et hypnotique. Mais c’est surtout avec l’opéra Einstein on the Beach (1976), co-créé avec le metteur en scène Robert Wilson, que Philip Glass entre dans l’histoire. Opéra sans narration linéaire, sans livret classique, mêlant science, symboles visuels et boucles musicales, cette œuvre radicale secoue le monde lyrique. Elle est aujourd’hui un jalon incontournable du théâtre musical contemporain.
Il poursuit avec d’autres opéras ambitieux, souvent centrés sur des figures historiques ou spirituelles : Satyagraha (inspiré de Gandhi), Akhnaten (le pharaon hérétique), The Voyage (sur Christophe Colomb). Son langage évolue, s’enrichit, sans jamais perdre sa rigueur rythmique.
Un compagnon fidèle du cinéma et des images
Philip Glass est également une figure majeure de la musique de film. Il signe la bande originale de Koyaanisqatsi (1982), film expérimental de Godfrey Reggio, véritable poème visuel sur le déséquilibre entre nature et société moderne. La musique, répétitive, planante, incantatoire, est indissociable du film. Deux autres volets suivront : Powaqqatsi (1988) et Naqoyqatsi (2002).
Sa carrière cinématographique s’étend bien au-delà de ces films cultes. Il compose pour Martin Scorsese (Kundun), Stephen Daldry (The Hours), Errol Morris, Woody Allen, Mira Nair, et même pour le remake de Candyman. Chaque fois, sa musique impose une temporalité propre, une manière d’habiter l’image sans la surligner.
Plus qu’un simple compositeur de commande, Philip Glass est un auteur sonore, qui donne au film une architecture rythmique et émotionnelle spécifique.
Un passeur entre les mondes : populaire, savant, spirituel
Contrairement à d’autres figures de la musique contemporaine, Philip Glass n’a jamais cherché à s’enfermer dans une tour d’ivoire. Il a collaboré avec David Bowie, Brian Eno, Aphex Twin, Paul Simon, ou encore Leonard Cohen. Il compose aussi pour le ballet, la télévision, la publicité, et même les Jeux olympiques.
Sa musique, longtemps jugée répétitive ou mécanique, a été progressivement réhabilitée, et même adoptée, par de nombreux publics. Elle séduit les amateurs de classique comme les fans de musiques électroniques, les spectateurs de cinéma comme les danseurs contemporains.
Philip Glass se revendique d’une forme de spiritualité sans dogme. Influencé par le bouddhisme, la culture hindoue et la pensée non occidentale, il cherche dans sa musique l’expérience du présent, la dilatation du temps, la conscience du rythme intérieur.
Un créateur inlassable, toujours en mouvement
Malgré les décennies, Philip Glass continue de composer. Son catalogue comprend plus d'une vingtaine d'opéras, douze symphonies, des concertos, des quatuors à cordes, des cycles de piano, et une multitude de musiques pour le théâtre et le cinéma. Son style a évolué, s’est assoupli, parfois enrichi d’orchestrations plus classiques, mais sa signature demeure reconnaissable entre toutes.
Il a publié ses mémoires (Words Without Music) en 2015, où il revient sur son parcours, ses influences, ses doutes. On y découvre un homme simple, curieux, pragmatique, loin du mythe du génie torturé.
Filmographie
12 sur 12 films