Peter O'Toole
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 5 films |
| Récompenses | 13 nominations et 2 victoires |
Biographie
Peter Seamus O'Toole est né le 2 août 1932 à Leeds, Yorkshire (Royaume-Uni) et est décédé le 14 décembre 2013 à Londres, à l’âge de 81 ans. Acteur de théâtre et de cinéma à la présence magnétique et à la diction impeccable, Peter O'Toole est entré dans la légende grâce à des rôles flamboyants, des excès de vie célèbres et une carrière mêlant tragédie shakespearienne et folie hollywoodienne. Son regard perçant, sa silhouette élancée et sa voix inoubliable ont marqué plusieurs générations de cinéphiles.
Et si l’Oscar du meilleur acteur lui a échappé huit fois, son aura, elle, ne s’est jamais fanée.
Un Irlandais (peut-être), élevé à l’anglaise
La biographie de Peter O'Toole commence de manière floue, à l’image de sa vie : il disait parfois être né à Connemara, en Irlande, parfois à Leeds, en Angleterre. Ce flou n’a jamais été totalement dissipé, et lui-même semblait s’en amuser. Il grandit à Leeds, dans une famille modeste (son père est bookmaker) et découvre très tôt une passion pour la littérature, la scène… et le refus de l’autorité.
Après un passage comme journaliste, il entre à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), où il se lie d’amitié avec Richard Harris et Albert Finney. Autant dire que la classe était plutôt… vivante.
Lawrence d’Arabie : la fulgurance d’un rôle légendaire
En 1962, Peter O'Toole devient instantanément une star mondiale grâce à son rôle mythique dans Lawrence of Arabia de David Lean. Il y incarne T.E. Lawrence, officier britannique ambigu et tourmenté, pris entre deux mondes et deux guerres. Sa silhouette dorée par le soleil, sa posture noble et sa diction impeccable fascinent. Le film est un chef-d'œuvre, et O'Toole, qui remplace au pied levé Marlon Brando, devient une légende dès son premier grand rôle au cinéma.
Sa première nomination aux Oscars arrive, la première de huit, toutes infructueuses, mais toujours prestigieuses.
Un acteur flamboyant, entre Shakespeare et provocation
Peter O'Toole est de ces acteurs qui portent le théâtre en eux, même quand ils jouent pour la caméra. Il brille dans les rôles historiques, démesurés, borderline : Becket (1964), The Lion in Winter (1968) face à Katharine Hepburn, Goodbye, Mr. Chips (1969), The Ruling Class (1972), où il campe un noble qui se prend pour Jésus, puis pour Jack l'Éventreur (tout un programme).
Il est capable de passer du drame profond à l’absurde total sans jamais perdre en crédibilité. Excessif, drôle, déroutant, il refuse la tiédeur avec une constance admirable.
Une relation orageuse avec Hollywood (et l’alcool)
En dehors de l’écran, Peter O'Toole est aussi célèbre pour son goût de la fête, de la boisson et des nuits blanches, souvent en compagnie d'autres « bad boys » du cinéma britannique comme Oliver Reed ou Richard Burton. Ces excès contribuent autant à sa légende qu'à ses trous de carrière.
Sa santé en pâtit très tôt : en 1976, il frôle la mort après des problèmes d’estomac liés à l’alcool. Il ralentit (un peu), mais continue de travailler avec une énergie impressionnante.
Hollywood l’admire, mais lui résiste : huit fois nommé aux Oscars, jamais récompensé, un record. En 2003, l’Académie lui remet un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière. Il l’accepte avec élégance, après l’avoir d’abord refusé, espérant encore gagner « à la loyale ».
La fin de carrière d’un roi sans couronne
Dans ses dernières années, Peter O'Toole continue de tourner, avec la même intensité. Il impressionne dans The Stunt Man (1980), My Favorite Year (1982), puis, bien plus tard, dans Venus (2006), rôle d’un acteur vieillissant tombant amoureux d’une jeune femme. Il y est touchant, fragile, bouleversant, et reçoit sa huitième et dernière nomination à l’Oscar.
Il prête aussi sa voix à Anton Ego, le redoutable critique gastronomique dans Ratatouille (2007), preuve qu’il peut captiver... même en animation.
En 2012, il annonce sa retraite, déclarant : « Le théâtre et le cinéma m’ont offert tout ce que j’ai pu espérer… je rends les armes avec gratitude. » Un an plus tard, il s’éteint, laissant derrière lui une filmographie dense, inégale parfois, mais toujours passionnante.
Peter O'Toole : l’art du panache
Peter O'Toole, c’est plus qu’un acteur : c’est une incarnation du panache à l’anglaise, version excessive, raffinée et profondément humaine. Il pouvait tout jouer (rois, saints, clochards, monstres) avec une flamboyance rare. Il est de ces acteurs qui vivent leurs rôles, quitte à y laisser quelques plumes.
Et si l’Oscar du meilleur acteur ne lui a jamais été accordé, le cinéma, lui, ne l’a jamais oublié. Parce que dans ce métier, il y a ceux qui brillent un temps… et ceux qui illuminent toute une époque.