Peter Falk
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 5 films |
| Récompenses | 2 nominations et 0 victoire |
Biographie
Peter Falk, né le 16 septembre 1927 à New York (États-Unis) et mort le 23 juin 2011 à Beverly Hills, est un acteur américain surtout connu pour son rôle culte de Columbo, l’un des détectives les plus singuliers et attachants de l’histoire de la télévision. Derrière ce personnage à l’imperméable froissé et aux questions apparemment anodines, se cache un comédien aux multiples facettes, bien plus complexe que ne le laisse supposer son célèbre personnage.
Atteint d’un cancer de l’œil dans son enfance, Peter Falk perd son œil droit à l’âge de 3 ans et portera toute sa vie un œil de verre. Un détail physique devenu une sorte de signature involontaire, qui contribue à son jeu si particulier, mélange de malice et de nonchalance. Après des études en sciences politiques et un bref passage dans l’administration publique, il décide sur le tard de se lancer dans le théâtre. Ce détour, pour le moins atypique, ne l’empêchera pas de devenir l’un des visages les plus aimés du petit écran.
Peter Falk avant Columbo : une carrière cinématographique remarquée
Avant de devenir l’incarnation parfaite de Columbo, Peter Falk s’est illustré au cinéma dans des rôles dramatiques qui ont vite attiré l’attention. Il est nommé deux fois aux Oscars du meilleur second rôle à la fin des années 1950 et au début des années 1960, notamment pour Murder, Inc. (1960) et Pocketful of Miracles (1961). Son physique hors normes, son regard asymétrique, sa diction particulière : autant de caractéristiques qui auraient pu le cantonner à des rôles secondaires, mais qu’il transforme en atouts.
Au fil des années, Peter Falk construit une filmographie éclectique, alternant comédies, drames et polars. Il collabore notamment avec John Cassavetes, figure du cinéma indépendant américain, dans des films comme Husbands ou A Woman Under the Influence. Leur complicité artistique est profonde, basée sur l’improvisation et une quête d’authenticité. Chez Cassavetes, Peter Falk révèle une autre facette de son jeu, plus brut, plus sensible, loin de la figure du détective rusé.
Columbo : la légende d’une gabardine
Difficile d’évoquer Peter Falk sans parler de Columbo, ce personnage qu’il endosse pour la première fois en 1968, dans un téléfilm intitulé Prescription: Murder. Ce n’est qu’en 1971 que la série débute officiellement. Le succès est immédiat, porté par un format inhabituel : le spectateur connaît l’assassin dès le début, et suit ensuite Columbo dans sa lente désintégration du mensonge.
Le génie de Peter Falk, c’est de rendre Columbo profondément humain, tout en le dotant d’un flair redoutable. Sa façon de revenir toujours à la charge avec un "juste une dernière chose…" est devenue une réplique culte. Et pourtant, sous ses airs distraits, Columbo est d’une intelligence redoutable. Le personnage séduit parce qu’il ne s’impose jamais par la force, mais par l’obstination tranquille et une sorte de politesse corrosive.
Peter Falk incarnera Columbo dans plus de 60 épisodes sur une période de plus de 30 ans, entre 1968 et 2003. Il remportera quatre Emmy Awards et un Golden Globe, mais surtout, il deviendra une figure emblématique de la télévision mondiale. Loin de l’enquêteur musclé et sûr de lui, Columbo impose un style, une méthode et une philosophie du doute.
Une personnalité discrète, un artiste complet
En dehors de l’univers de Columbo, Peter Falk mène une vie relativement discrète. Passionné de dessin et de peinture, il expose même ses œuvres dans des galeries. Il prête aussi sa voix à des personnages animés et joue dans plusieurs films familiaux ou fantastiques, comme The Princess Bride (1987), où il campe un grand-père conteur, tendre et plein d’humour.
Jusqu’à la fin de sa vie, Peter Falk reste actif, même si la maladie (il souffrait de troubles liés à la maladie d’Alzheimer) finit par l’éloigner du public dans ses dernières années. Son décès en 2011 suscite une vague d’hommages, témoignant de l’affection durable du public pour cet acteur pas tout à fait comme les autres.
Le secret de Peter Falk, c’est peut-être justement de ne jamais avoir cherché à briller. Il jouait comme on marche dans la rue, un peu voûté, l’air ailleurs, mais toujours en alerte. Derrière cet air distrait, se cachait un acteur d’une justesse rare, capable de faire passer un monde dans un haussement d’épaules ou un regard appuyé. Et franchement, qui aurait pu mieux incarner Columbo que lui ?