Paul Wernick
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Détails
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| Filmographie | 10 films |
Biographie
Paul Wernick, né le 3 novembre 1973 à Toronto, au Canada, est un scénariste et producteur qui s’est taillé une place de choix dans l’univers très codifié des blockbusters hollywoodiens. Si son nom reste souvent en retrait derrière celui des réalisateurs ou des stars à l’écran, Paul Wernick est pourtant l’un des artisans clés de quelques-uns des succès les plus populaires et les plus irrévérencieux des années 2010. À commencer par Zombieland… et surtout Deadpool.
Son parcours est inséparable de celui de son complice de longue date, Rhett Reese. Ensemble, ils forment un duo d’écriture qui ne se contente pas de répondre aux attentes du public : ils s’amusent à les détourner, à les tordre, à les dynamiter gentiment. Le style Paul Wernick, c’est un savant dosage entre ironie méta, dialogues affûtés et goût assumé pour les univers décalés, voire franchement absurdes.
De la télé-réalité au scénario : un virage créatif bien négocié
Avant de plonger dans l’écriture de films à gros budget, Paul Wernick travaille dans la production télévisée, notamment sur des émissions de téléréalité. Un univers très loin des zombies et des super-héros, mais qui lui permet d’affûter un sens du rythme et de la mise en situation, deux qualités qu’on retrouve dans ses scénarios les plus célèbres.
C’est au milieu des années 2000 que le tandem Wernick–Reese se lance véritablement dans l’écriture de fiction. Leur script de Zombieland, comédie horrifique au ton résolument original, attire rapidement l’attention. Le film sort en 2009, et c’est un succès immédiat. Il faut dire qu’il mélange allègrement les genres : film de survie, road movie, buddy movie et satire sociale. Le tout porté par un style d’écriture nerveux et plein de second degré.
Le duo pose ici les bases de son style : un regard ironique sur les codes du genre, une narration éclatée et surtout une volonté constante de briser le quatrième mur, au sens propre comme au figuré.
Deadpool, ou comment tordre les super-héros sans les casser
Le plus grand coup de projecteur sur Paul Wernick arrive en 2016 avec Deadpool, adaptation tant attendue du personnage Marvel, incarné par Ryan Reynolds. Le film, longtemps bloqué dans les tiroirs des studios, doit beaucoup à l’obstination de ses créateurs — dont Paul Wernick — qui défendent une version fidèle au ton irrévérencieux des comics.
Le résultat dépasse toutes les attentes : carton critique et public, Deadpool devient l’un des films classés R les plus rentables de l’histoire. Le scénario signé Wernick et Reese brille par son sens de la dérision, ses répliques cinglantes et ses nombreux clins d’œil méta qui moquent joyeusement l’univers des super-héros, tout en y contribuant.
Ils remettent ça en 2018 avec Deadpool 2, toujours avec Ryan Reynolds au centre de la tornade, et un humour encore plus noir, encore plus audacieux. Pour Paul Wernick, ce succès s’inscrit dans une logique : écrire des personnages qui ont conscience d’être dans un film, mais qui y croient quand même.
Une écriture calibrée mais jamais convenue
Ce qui caractérise le style de Paul Wernick, c’est sa capacité à intégrer de la légèreté même dans les genres les plus formatés. Que ce soit dans 6 Underground (2019), film d’action spectaculaire réalisé par Michael Bay, ou dans Spiderhead (2022), un thriller de science-fiction plus psychologique, on retrouve ce goût pour le contraste entre gravité du propos et légèreté de ton. Il ne cherche pas à faire du drame à tout prix, ni à désamorcer toutes les tensions par des blagues faciles. Il préfère jouer sur le fil, dans un équilibre pas si simple à tenir.
C’est là que son tandem avec Rhett Reese fonctionne parfaitement. Les deux scénaristes ne produisent pas des scripts à la chaîne : ils affinent, peaufinent, adaptent leur ton en fonction du projet, tout en conservant cette patte reconnaissable — dialogues qui fusent, auto-références, humour parfois trash mais jamais gratuit.
Filmographie
10 sur 10 films