Paul Simon
Casting Divers Sons
- Nationalité
- États-Unis
- Naissance
- 13 octobre 1941 à Newark (États-Unis)
- Âge
- 85 ans
- Autre nom
- Paul Frederic Simon
- Récompense
- 1 nomination et 0 victoire
- Filmographie
- 6 films
Biographie
Paul Simon, de son nom complet Paul Frederic Simon, est un auteur-compositeur-interprète, guitariste, producteur, acteur et scénariste américain né le 13 octobre 1941 à Newark, dans le New Jersey, aux États-Unis.
Une enfance dans le Queens et la rencontre avec Art Garfunkel
Paul Simon grandit à Forest Hills, dans le Queens, à New York, au sein d’une famille juive d’origine hongroise. Son père, Louis Simon, est enseignant et musicien, notamment contrebassiste, tandis que sa mère, Belle, exerce le métier d’institutrice. Il découvre très jeune la musique populaire américaine et s’intéresse particulièrement au rhythm and blues, au doo-wop et aux premiers interprètes du rock’n’roll.
À l’école primaire, il rencontre Art Garfunkel, avec lequel il partage un intérêt pour le chant et les harmonies vocales. Les deux adolescents commencent à se produire ensemble en s’inspirant notamment des Everly Brothers, duo américain dont les chansons reposent sur l’association de deux voix.
En 1957, ils enregistrent sous le nom de Tom & Jerry la chanson Hey, Schoolgirl, composée par Paul Simon. Publié par le label Big Records, le disque entre dans le classement américain des meilleures ventes et permet aux deux jeunes musiciens de participer à l’émission télévisée American Bandstand, présentée par Dick Clark.
Cette première expérience est suivie d’une séparation temporaire. Paul Simon poursuit ses études au Queens College de la City University of New York, où il obtient en 1963 un diplôme de littérature anglaise. Il suit également des cours de droit à la Brooklyn Law School, avant d’abandonner cette formation pour se consacrer à la musique.
Pendant cette période, il enregistre plusieurs chansons sous différents pseudonymes, notamment Jerry Landis, et travaille avec le groupe Tico and the Triumphs. Il écrit aussi des compositions destinées à d’autres interprètes et se familiarise avec les méthodes de production de l’industrie musicale new-yorkaise.
Simon & Garfunkel et le renouveau de la musique folk américaine
En 1964, Paul Simon retrouve Art Garfunkel pour enregistrer Wednesday Morning, 3 A.M., premier album publié sous le nom de Simon & Garfunkel. Produit par Tom Wilson pour Columbia Records, le disque associe des chansons traditionnelles folk à des compositions originales de Simon, dont The Sound of Silence.
Les ventes initiales sont modestes et les deux musiciens interrompent leur collaboration. Paul Simon séjourne alors en Angleterre, où il se produit dans les clubs folk et participe à la scène musicale londonienne. Il y enregistre The Paul Simon Songbook (1965), album acoustique réunissant plusieurs chansons qui seront ensuite reprises avec Art Garfunkel.
Pendant son absence, le producteur Tom Wilson fait ajouter une instrumentation électrique à l’enregistrement acoustique de The Sound of Silence. Cette nouvelle version, publiée en 1965, atteint la première place du classement américain au début de 1966. Le succès conduit les deux artistes à reformer leur duo.
Les compositions de Paul Simon abordent notamment les relations amoureuses, la solitude et les transformations de la société américaine. Son écriture associe des mélodies inspirées du folk à des procédés empruntés à la musique populaire contemporaine. Les arrangements vocaux d’Art Garfunkel contribuent à l’identité sonore du duo.
En 1967, le réalisateur Mike Nichols utilise plusieurs chansons de Simon & Garfunkel dans Le Lauréat (The Graduate), film avec Dustin Hoffman et Anne Bancroft. Paul Simon écrit notamment Mrs. Robinson, chanson intégrée au récit avant d’être publiée dans une version complète sur l’album Bookends (1968). Le morceau remporte deux Grammy Awards en 1969.
Le dernier album studio du duo, Bridge over Troubled Water (1970), connaît un succès commercial international. La chanson-titre, interprétée principalement par Garfunkel, est récompensée par plusieurs Grammy Awards, dont ceux de l’enregistrement et de la chanson de l’année. L’album reçoit également le Grammy Award de l’album de l’année.
Des divergences artistiques et personnelles conduisent à la séparation du duo en 1970, après la sortie de ce cinquième album studio.
Une carrière solo entre folk, pop et jazz
Après la dissolution de Simon & Garfunkel, Paul Simon développe un répertoire solo dans lequel il intègre des influences musicales plus diverses.
Son album Paul Simon (1972) comprend notamment Mother and Child Reunion, enregistré en Jamaïque avec des musiciens de reggae. La chanson témoigne de son intérêt pour des rythmes encore peu présents dans la musique populaire américaine destinée au grand public.
L’album There Goes Rhymin' Simon (1973) poursuit cette recherche. Il collabore avec des musiciens de différentes traditions américaines, notamment les guitaristes et chanteurs de gospel des Dixie Hummingbirds, qui participent à Loves Me Like a Rock.
En 1975, il publie Still Crazy After All These Years, album consacré notamment aux relations sentimentales et aux souvenirs personnels. Il collabore avec le saxophoniste de jazz Michael Brecker et le pianiste Richard Tee, tout en retrouvant Art Garfunkel pour My Little Town.
La chanson 50 Ways to Leave Your Lover, construite autour d’un rythme de batterie joué par Steve Gadd, devient son premier titre solo à atteindre la première place du classement américain Billboard Hot 100. L’album reçoit le Grammy Award de l’album de l’année en 1976.
Pendant cette période, Paul Simon participe régulièrement à l’émission humoristique Saturday Night Live, créée en 1975 par Lorne Michaels. Il en anime notamment la deuxième émission, diffusée le 18 octobre 1975, et participe à plusieurs séquences comiques avec les membres de la troupe.
Son apparition du 20 novembre 1976 comprend une interprétation de Still Crazy After All These Years, au cours de laquelle il porte un costume de dinde, dans le cadre d’un sketch lié à la fête américaine de Thanksgiving.
One-Trick Pony, une expérience d’acteur et de scénariste
En 1980, Paul Simon écrit le scénario et tient le rôle principal de One-Trick Pony, film dramatique réalisé par Robert M. Young. Il interprète Jonah Levin, musicien de rock dont la carrière décline et qui éprouve des difficultés à concilier son activité artistique avec ses responsabilités familiales.
Le personnage se produit dans de petites salles avec un groupe de musiciens, mais ses relations avec une maison de disques sont compliquées par des désaccords sur l’orientation de son répertoire. Le récit aborde notamment les contraintes commerciales imposées aux artistes et les changements de l’industrie musicale américaine.
La distribution comprend Blair Brown, qui interprète l’épouse de Jonah, et Rip Torn, dans le rôle d’un producteur musical. Des personnalités de la scène musicale apparaissent également dans le film, notamment Lou Reed et les musiciens du groupe de Paul Simon.
Pour les séquences de concert, il travaille avec des instrumentistes qui participent également à l’enregistrement de la bande originale, dont le bassiste Tony Levin et le batteur Steve Gadd.
L’album One-Trick Pony (1980) contient notamment Late in the Evening, chanson qui rencontre un succès commercial indépendant de celui du film. Paul Simon obtient une nomination au Grammy Award de la meilleure interprétation vocale pop masculine pour ce titre.
En dehors de ce premier rôle principal, ses apparitions comme acteur demeurent occasionnelles. Il interprète notamment son propre personnage dans la série comique Portlandia (2015) et prête sa voix à Thurman Munson, joueur de baseball des Yankees de New York, dans le film d’animation Henry & Me (2014).
Graceland et la rencontre avec les musiciens sud-africains
Au milieu des années 1980, Paul Simon découvre une cassette de mbaqanga, genre musical populaire en Afrique du Sud qui associe différentes traditions locales à des instruments électriques. Cette découverte l’incite à entreprendre un nouveau projet discographique reposant sur une collaboration avec des musiciens sud-africains.
En 1985, il se rend à Johannesburg avec son producteur Roy Halee pour enregistrer plusieurs séances avec des instrumentistes locaux. Il travaille notamment avec le guitariste Ray Phiri et les musiciens du groupe Stimela. Il collabore également avec Ladysmith Black Mambazo, ensemble vocal fondé par Joseph Shabalala et spécialisé dans l’isicathamiya, tradition polyphonique chantée principalement en langue zouloue.
Ces enregistrements constituent une partie de l’album Graceland, publié en août 1986. Le disque associe les compositions de Paul Simon à des rythmes sud-africains, tout en intégrant des influences cajuns et zydeco venues de Louisiane. Sur la chanson Homeless, il partage notamment le travail de composition avec Joseph Shabalala.
Le projet provoque une controverse politique. À cette époque, l’Afrique du Sud est soumise au régime de l’apartheid et fait l’objet d’un boycott culturel international. Plusieurs organisations opposées à la ségrégation raciale, dont l’African National Congress (ANC), reprochent à Paul Simon d’avoir enfreint ce boycott en enregistrant dans le pays.
Le musicien défend sa décision en expliquant avoir collaboré directement avec des artistes noirs sud-africains, rémunérés pour leur travail, sans se produire devant des publics soumis à la ségrégation. Des artistes engagés contre l’apartheid, notamment Miriam Makeba et Hugh Masekela, participent ensuite à la tournée internationale organisée autour de l’album.
Le disque connaît un succès commercial considérable et remporte le Grammy Award de l’album de l’année en 1987. La chanson Graceland reçoit celui de l’enregistrement de l’année en 1988. Le projet contribue également à la diffusion internationale de la musique sud-africaine, particulièrement celle de Ladysmith Black Mambazo.
Les musiques brésiliennes et les projets scéniques
Après Graceland, Paul Simon poursuit ses recherches musicales en s’intéressant particulièrement aux rythmes brésiliens.
Pour l’album The Rhythm of the Saints (1990), il collabore notamment avec le groupe de percussions Olodum, originaire de Salvador de Bahia, ainsi qu’avec plusieurs musiciens américains et africains. Les compositions reposent fréquemment sur des structures rythmiques complexes, auxquelles il associe des mélodies chantées et des arrangements instrumentaux.
L’album atteint la quatrième place du classement américain Billboard 200 et reçoit une nomination au Grammy Award de l’album de l’année en 1992.
En 1991, Paul Simon organise un concert gratuit à Central Park, à New York, consacré à son répertoire solo et à ses collaborations internationales. L’événement rappelle celui qu’il avait donné dans le même parc avec Art Garfunkel en septembre 1981, devant plusieurs centaines de milliers de spectateurs. Ce premier concert avait donné lieu à l’album The Concert in Central Park (1982), suivi d’une tournée de réunion du duo.
Au cours des années 1990, Paul Simon travaille également à la création d’une comédie musicale consacrée à une affaire criminelle new-yorkaise.
Présentée à Broadway en 1998, The Capeman raconte l’histoire de Salvador Agrón, adolescent portoricain condamné pour un double meurtre commis en 1959 à New York. Paul Simon écrit les chansons et collabore avec le poète Derek Walcott, prix Nobel de littérature, à l’élaboration du livret.
La production, mise en scène par Mark Morris, réunit notamment Marc Anthony dans le rôle du jeune Salvador Agrón et Rubén Blades dans celui du personnage adulte. Malgré plusieurs années de préparation et un budget important, le spectacle ferme après soixante-huit représentations. Paul Simon publie parallèlement l’album Songs from The Capeman (1997), constitué de chansons composées pour la production.
Une reconnaissance institutionnelle dans la musique populaire
L’ensemble de son œuvre vaut à Paul Simon plusieurs distinctions attribuées par les principales institutions musicales américaines.
En 1990, il entre au Rock and Roll Hall of Fame avec Art Garfunkel. Il y est admis une seconde fois, à titre individuel, en 2001, lors d’une cérémonie où le chanteur Marc Anthony lui rend hommage.
Membre du Songwriters Hall of Fame depuis 1982, il reçoit en 1998 le Johnny Mercer Award, distinction récompensant l’ensemble d’une carrière d’auteur-compositeur. En 2002, il est également honoré par le Kennedy Center, institution américaine qui distingue les artistes ayant contribué à la vie culturelle du pays.
En 2007, la Bibliothèque du Congrès des États-Unis lui remet le premier prix Gershwin de la chanson populaire, créé pour reconnaître les auteurs dont les compositions ont marqué la culture américaine. À cette occasion, un concert lui est consacré à Washington, avec la participation de nombreux musiciens, dont Stevie Wonder et Alison Krauss.
En 2012, Paul Simon reçoit le Polar Music Prize, distinction musicale internationale décernée en Suède. Il est récompensé la même année que le violoncelliste Yo-Yo Ma.
Au total, il compte seize Grammy Awards, remportés comme interprète, auteur ou producteur, notamment pour ses enregistrements avec Simon & Garfunkel et ses albums solo.
Seven Psalms et les compositions de la maturité
Au XXIe siècle, Paul Simon poursuit son activité de compositeur en travaillant notamment avec le producteur britannique Brian Eno sur Surprise (2006). L’album associe sa guitare acoustique et son écriture mélodique aux traitements électroniques conçus par Eno. Les chansons abordent notamment les relations familiales et les conséquences des conflits contemporains.
En 2011, il publie So Beautiful or So What, album dans lequel il retrouve une instrumentation acoustique tout en intégrant des rythmes et des sonorités empruntés à différentes traditions musicales. Il poursuit cette démarche avec Stranger to Stranger (2016), qui comprend des collaborations avec le musicien électronique italien Clap ! Clap !.
En 2018, Paul Simon entreprend une tournée d’adieu intitulée Homeward Bound, qui s’achève par un concert dans le parc de Flushing Meadows-Corona, dans le Queens, quartier où il a grandi. Il annonce alors son intention de mettre fin aux grandes tournées internationales.
Il publie en 2023 Seven Psalms, une composition d’environ trente-trois minutes conçue comme une œuvre continue en sept mouvements. La pièce associe guitare acoustique, voix et arrangements instrumentaux. Elle aborde principalement la mortalité, la foi et la condition humaine, à travers des paroles qui empruntent certaines de leurs images à la tradition biblique.
L’enregistrement réunit notamment la chanteuse Edie Brickell, épouse du musicien, et le chœur britannique VOCES8. Seven Psalms est nommé au Grammy Award du meilleur album folk contemporain en 2024.
La préparation de cette œuvre est documentée dans In Restless Dreams: The Music of Paul Simon (2023), film documentaire réalisé par Alex Gibney. Le réalisateur suit Paul Simon pendant les séances d’enregistrement et revient sur son parcours à partir de nombreuses archives et d’entretiens avec ses collaborateurs.
Le Children’s Health Fund et l’engagement pour la santé des enfants
En 1987, Paul Simon participe à la fondation du Children’s Health Fund, organisation caritative américaine créée avec le pédiatre Irwin Redlener et Karen Redlener. L’association cherche à faciliter l’accès aux soins des enfants vivant dans des familles sans domicile ou disposant de faibles ressources.
Le projet naît après une visite au Martinique Hotel, établissement new-yorkais transformé en hébergement d’urgence pour des familles sans logement. Les fondateurs constatent les difficultés rencontrées par les enfants pour accéder à des consultations médicales régulières.
L’organisation met en service une première clinique pédiatrique mobile, aménagée dans un véhicule équipé de salles de consultation. Ce dispositif permet à des professionnels de santé de se rendre directement dans les quartiers défavorisés et les lieux d’hébergement.
Paul Simon contribue au financement du programme et organise des manifestations musicales destinées à recueillir des fonds. Le Children’s Health Fund étend progressivement ses activités à plusieurs États américains, en développant des partenariats avec des établissements hospitaliers et des organisations locales.
Le programme comprend également des interventions auprès des enfants touchés par des catastrophes naturelles, notamment après l’ouragan Katrina en 2005.
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