Paul Ritter
- Casting
Détails
| Autre nom | Simon Paul Ritter |
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Nationalité |
| Filmographie | 6 films |
Biographie
Paul Ritter est né le 20 décembre 1966 à Gravesend, dans le Kent, et s’est éteint prématurément le 5 avril 2021 à l’âge de 54 ans, des suites d’une tumeur cérébrale. Cet acteur britannique, aussi à l’aise sur scène qu’à l’écran, laisse derrière lui une carrière riche, marquée par la justesse, la finesse et une capacité rare à passer du comique à la tragique sans jamais forcer le trait.
Formé à l’université de Cambridge puis à la prestigieuse Webber Douglas Academy of Dramatic Art, Paul Ritter a construit, avec discrétion mais beaucoup de rigueur, un parcours qui l’a vu gravir tous les échelons du métier d’acteur. Son nom n’était pas forcément connu du grand public au début des années 2000, mais son visage, lui, devenait vite inoubliable.
Du théâtre shakespearien aux plateaux de télévision britannique
Avant de briller sur le petit et le grand écran, Paul Ritter s’est imposé sur les planches. Il a joué dans de nombreuses pièces classiques et contemporaines, notamment pour le National Theatre et le Royal Shakespeare Company, où son talent de comédien s’exprime pleinement. Il excelle dans les rôles subtils, ambigus, et apporte toujours une dimension humaine à des personnages qui pourraient facilement tomber dans la caricature.
Nommé aux Olivier Awards pour Coram Boy, il est également salué pour ses performances dans The Norman Conquests (Broadway), pièce qui lui vaut une nomination aux Tony Awards en 2009. Son jeu, souvent qualifié de "transparent", dans le bon sens du terme, permet aux spectateurs d’oublier l’acteur pour ne voir que le personnage.
Friday Night Dinner : le père le plus bizarre (et drôle) de la télévision britannique
Pour toute une génération de spectateurs britanniques, Paul Ritter est surtout Martin Goodman, le père de famille à la fois lunaire, envahissant et étonnamment attendrissant dans la sitcom Friday Night Dinner. Diffusée de 2011 à 2020 sur Channel 4, la série suit les réunions familiales hebdomadaires d’une famille juive anglaise moyenne, et Martin, avec son torse nu, ses remarques absurdes et son éternel "Shalom!", y est tout simplement irrésistible.
Paul Ritter y incarne avec une précision hilarante ce père pas tout à fait présent mentalement, mais toujours bien intentionné. Une performance de comédie pure, maîtrisée à la virgule, qui montre qu’il n’était pas seulement un acteur dramatique chevronné, mais aussi un vrai génie comique. Le contraste entre son jeu dans cette série et ses rôles plus sombres est d’ailleurs une preuve éclatante de sa polyvalence.
Chernobyl : un contrepoint glaçant à son registre comique
En 2019, changement total de ton avec Chernobyl, la mini-série événement produite par HBO. Paul Ritter y incarne Anatoly Dyatlov, ingénieur en chef adjoint de la centrale nucléaire soviétique. Un personnage rigide, sec, arrogant, responsable en partie de la catastrophe. Sa performance est glaçante, et parfaitement calibrée : il ne cherche pas l’effet, mais incarne le refus obstiné de voir la réalité avec une intensité sourde, qui donne encore plus de force à l’ensemble de la série.
Avec ce rôle, Paul Ritter gagne une reconnaissance internationale, saluée à la fois par la critique et le public. Il prouve qu’il peut tenir sa place dans des productions lourdes, aux enjeux historiques et émotionnels forts, sans jamais surjouer.
Un acteur de composition, discret mais fondamental
Tout au long de sa carrière, Paul Ritter a évité les projecteurs, préférant les rôles exigeants aux coups d’éclat médiatiques. Il apparaît dans des films comme Quantum of Solace (2008), The Eagle (2011), Inferno (2016), et dans des séries britanniques comme Vera, The Game, Cold Feet ou encore No Offence. Chaque fois, il se fond dans le décor avec une humilité professionnelle impressionnante.
Son jeu, toujours précis, ne cherche jamais à voler la vedette. Et c’est justement ce qui rend ses performances si efficaces : il donne corps à des personnages ordinaires ou complexes sans jamais imposer sa présence, mais en la faisant sentir à chaque seconde.
Une disparition trop précoce, mais une empreinte durable
Le décès de Paul Ritter à seulement 54 ans a profondément touché le monde du spectacle britannique. Collègues, critiques, et spectateurs ont salué un acteur de l’ombre devenu, malgré lui, incontournable, et dont le talent n’a jamais été entaché par l’ego.
Son dernier rôle filmé fut dans Friday Night Dinner: 10 Years and a Lovely Bit of Squirrel, un documentaire hommage à la série qui lui a valu une immense popularité. Il y apparaît affaibli, mais toujours souriant, toujours impliqué, une image à l’opposé du drame de Chernobyl, mais tout aussi puissante.
Paul Ritter, c’est l’élégance du jeu au service du récit, l’humour sans vulgarité, la gravité sans emphase. Un acteur que le public n’a peut-être jamais vu comme une "star", mais qu’il n’oubliera pas de sitôt.