Paul Greengrass
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Paul Greengrass, né le 13 août 1955 à Cheam, dans le Surrey (Royaume-Uni), est un réalisateur, scénariste et producteur britannique dont le style est reconnaissable entre mille. Avec sa caméra épaule, son goût du montage rapide, et un sens aigu de la tension dramatique,
Paul Greengrass a su conjuguer cinéma d’action haletant et engagement politique, imposant une signature à la fois nerveuse, réaliste et profondément humaine.
De ses débuts dans le journalisme télévisé à ses blockbusters hollywoodiens, son œuvre reflète une obsession du réel, un besoin de filmer la complexité contemporaine sans filtre, quitte à désorienter le spectateur. Mais c’est précisément ce déséquilibre contrôlé qui fait toute sa force.
Une formation documentaire qui ne le quitte jamais
Avant d’embrasser le cinéma, Paul Greengrass débute comme journaliste à la télévision britannique, notamment pour le célèbre programme World in Action, réputé pour ses enquêtes musclées et sa rigueur. Cette expérience dans le journalisme d’investigation forge son regard : il s’intéresse aux zones grises, aux fractures sociales, aux événements tragiques vus à hauteur d’homme.
Ce bagage influence directement ses débuts au cinéma, en particulier Bloody Sunday (2002), reconstitution de la marche pacifique en Irlande du Nord réprimée dans le sang par l’armée britannique en 1972. Tourné comme un reportage, caméra à l’épaule, lumière naturelle, casting en grande partie inconnu : le film donne au spectateur l’impression de vivre l’événement de l’intérieur, sans recul, sans artifices.
Ce film marque un tournant. Il révèle un cinéaste capable de raconter l’Histoire avec urgence, de filmer la foule comme un personnage, et de créer une tension dramatique sans passer par les codes classiques du thriller.
La saga Jason Bourne : révolution du film d’action
En 2004, Paul Greengrass reprend la saga Bourne avec The Bourne Supremacy, succédant à Doug Liman. Là encore, il apporte sa patte : action ultra-nerveuse, caméra tremblante, montage serré, narration tendue. Loin du cinéma d’action lisse et chorégraphié, il impose un réalisme brut, qui fait ressentir chaque impact, chaque course, chaque dérapage.
Avec The Bourne Ultimatum (2007), il pousse encore plus loin cette grammaire visuelle, transformant la saga en modèle pour toute une génération de réalisateurs. Son style influence des sagas entières, y compris des franchises comme James Bond, qui adoptent à leur tour une esthétique plus brute et immersive à partir de Casino Royale.
Mais derrière cette virtuosité technique, Paul Greengrass reste un conteur engagé. Les films Bourne ne sont pas seulement des courses-poursuites planétaires, ce sont aussi des récits sur la surveillance, la manipulation étatique, et la perte d’identité.
United 93 : l’émotion à hauteur humaine
En 2006, il réalise United 93, qui reconstitue en temps réel le vol détourné par des terroristes le 11 septembre 2001, celui qui ne toucha jamais sa cible grâce à la rébellion des passagers. Le film est d’une sobriété bouleversante, sans musique larmoyante, sans figures héroïques classiques. Il donne la parole aux anonymes, aux gens ordinaires, et filme la terreur, la confusion, la dignité dans un style quasi documentaire.
Le film est salué pour sa retenue, sa puissance émotionnelle, et sa volonté de ne pas trahir la mémoire des victimes par le spectaculaire. C’est l’un des sommets de la carrière de Paul Greengrass, qui confirme sa capacité à faire du cinéma politique sans jamais tomber dans la démonstration ou l’idéologie visible.
Entre thriller politique et grand spectacle
Tout au long de sa filmographie, Paul Greengrass alterne les productions à gros budget et les récits plus sobres, mais garde une cohérence thématique : il s’intéresse à la vérité, à la manipulation de l’opinion, à la violence institutionnelle.
Dans Green Zone (2010), il retrouve Matt Damon pour une dénonciation directe de la guerre en Irak et des fausses preuves de la CIA. Dans Captain Phillips (2013), avec Tom Hanks, il retrace la prise d’otages par des pirates somaliens, en adoptant le point de vue des deux camps, avec humanité et tension. Il filme la fatigue, la peur, la résistance, et donne une ampleur dramatique à un fait divers maritime.
Avec 22 July (2018), il s’attaque à la tuerie d’Utøya en Norvège, à nouveau avec un regard à la fois politique et profondément humain, centré sur les victimes et la société qui tente de se reconstruire.
Un style contesté mais reconnaissable
Le style Paul Greengrass, souvent imité, parfois critiqué, repose sur une grammaire très identifiable : caméra portée, lumière naturelle, montage fragmenté, et dynamisme constant, même dans les scènes les plus calmes. Certains reprochent à sa caméra de trop bouger, à ses scènes de manquer de lisibilité dans l’action. Mais cette instabilité est volontaire, elle reflète un monde désorganisé, où la vérité est toujours en mouvement.
Il ne cherche pas à donner des réponses, mais à plonger le spectateur dans la complexité du réel, quitte à le bousculer. Il fait partie de ces réalisateurs qui traitent le divertissement comme un véhicule pour penser la société, sans jamais sacrifier la tension dramatique.
Filmographie
7 sur 7 films