Patti Harrison
- Casting
Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Patti Harrison, née le 31 octobre 1990 à Orient, Ohio (États-Unis), est une actrice, scénariste et humoriste américaine connue pour son humour surréaliste, ses personnages décalés et sa capacité à bousculer les formats comiques traditionnels. D’origine vietnamienne par sa mère et américaine par son père, Patti Harrison est aussi l’une des figures trans les plus visibles et singulières de la scène humoristique contemporaine aux États-Unis. Mais si son identité est souvent mentionnée, ce n’est jamais un argument de vente en soi. Elle s’impose avant tout par un talent comique hors norme, imprévisible, parfois absurde, souvent acerbe.
Une ascension atypique et provocante
Le parcours de Patti Harrison n’a rien de linéaire. Après des débuts modestes dans le stand-up, elle commence à se faire remarquer dans les années 2010 pour ses performances sur scène et dans des talk-shows américains, où elle balance des répliques aussi absurdes qu’intelligentes, souvent au bord du nonsense, mais toujours drôlement justes. Elle casse les codes classiques de la punchline, préfère les décalages, les malaises, les situations qui dégénèrent lentement.
Elle se fait véritablement connaître du grand public après une apparition dans The Tonight Show Starring Jimmy Fallon en 2017, où elle répond à la décision de Donald Trump d’interdire les personnes transgenres dans l’armée avec une prestation à la fois hilarante et politiquement acide. La vidéo fait le tour des réseaux, et marque un tournant dans sa visibilité.
Des rôles de plus en plus visibles à l’écran
Au-delà de la scène, Patti Harrison commence à apparaître dans plusieurs séries et films. Elle prête sa voix à des personnages dans des séries animées comme BoJack Horseman ou Big Mouth, et incarne des rôles plus consistants dans Shrill sur Hulu, où elle joue Ruthie, une collègue aux réparties cinglantes et à la présence électrique. Ce rôle, bien que secondaire, devient rapidement culte auprès des fans de la série.
En 2021, elle tient l’un des rôles principaux dans Together Together, une comédie douce-amère où elle partage l’affiche avec Ed Helms. Elle y incarne Anna, une jeune femme engagée comme mère porteuse, dans une relation affective à la fois tendre et complexe avec le futur père. Le film permet à Patti Harrison de montrer une autre facette de son jeu, plus retenue, plus vulnérable, sans jamais renier son style. Sa performance est saluée pour sa justesse et sa subtilité.
Fait notable : avec ce rôle, elle devient l’une des premières actrices transgenres à jouer un premier rôle romantique dans une comédie indépendante américaine distribuée à grande échelle. Mais fidèle à elle-même, elle n’en fait pas un étendard militant, préférant laisser parler la performance.
Un humour hors cadre, entre absurdité et satire sociale
Le style de Patti Harrison est difficile à résumer tant il brouille les pistes. Elle joue sur les ruptures de ton, les personnages instables, les situations absurdes et les dialogues volontairement déroutants. Son humour est souvent qualifié de surréaliste, mais ce surréalisme est toujours au service d’une critique sociale fine, parfois même violente, bien que toujours camouflée sous une couche d’absurdité volontaire.
Elle joue avec les codes de la télévision, des réseaux sociaux, du marketing, de la communication corporate... pour mieux en révéler les limites, les hypocrisies, ou les névroses. Dans certaines interviews, elle pousse le malaise à son maximum, inventant des réponses délirantes qui mettent les journalistes dans l’embarras ou retournent les questions contre elles-mêmes.
Cela fait d’elle une comédienne adorée du public alternatif, mais aussi redoutée par les formats plus conventionnels, où elle refuse les cases faciles. Elle n’adoucit pas les angles, ne cherche pas à plaire. Et c’est précisément ce qui la rend si précieuse.
Une voix queer qui refuse la simplification
Patti Harrison parle de son identité trans avec une sincérité mêlée de dérision. Elle refuse d’en faire un arc narratif unique, comme c’est encore souvent le cas dans les productions américaines. Elle se méfie des récits “inspirants” trop lisses, et préfère jouer des contradictions, des incohérences, des bizarreries. Elle ne cherche pas à représenter une communauté dans son ensemble, mais à exister, tout simplement, dans sa complexité et son étrangeté.
Elle critique régulièrement la manière dont les productions hollywoodiennes tentent de “cocher la case” de la diversité, sans réelle écoute ni compréhension. Pour elle, l’humour est une manière de déjouer les injonctions, qu’elles viennent de la société dominante ou de l’intérieur même des milieux militants.