Patrick Bauchau
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Détails
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| Filmographie | 12 films |
Biographie
Patrick Bauchau est né le 6 décembre 1938 à Bruxelles, en Belgique. Polyglotte, globe-trotteur et figure marquante du cinéma européen comme américain, Patrick Bauchau s’est construit une carrière à contre-courant des standards hollywoodiens.
Entre art-house européenne et productions télévisées américaines, il a su imposer un style raffiné, souvent énigmatique, qui le distingue nettement dans le paysage cinématographique. Fils de l’écrivain Henry Bauchau, psychanalyste proche de Jung, Patrick Bauchau baigne très tôt dans un univers intellectuel. Il étudie à Oxford, parle couramment plusieurs langues (français, anglais, allemand, italien, espagnol…) et entame sa carrière dans les années 60, au cœur du cinéma d’auteur européen. Un chemin qui l’éloigne volontairement du star-system, au profit d’un travail plus exigeant, souvent audacieux.
Patrick Bauchau et le cinéma d’auteur : Rohmer, Wenders, Fassbinder
Le début de carrière de Patrick Bauchau est marqué par des collaborations avec certains des plus grands noms du cinéma d’auteur. Il tourne avec Éric Rohmer dans La Carrière de Suzanne (1963), puis retrouve le réalisateur dans La Collectionneuse (1967), deux films emblématiques de la Nouvelle Vague française. Son jeu subtil, à la fois distant et magnétique, s’inscrit parfaitement dans cette esthétique.
Dans les années 70, il élargit son terrain de jeu et collabore avec Wim Wenders (Der Stand der Dinge) et Rainer Werner Fassbinder, renforçant son image d’acteur intellectuel, européen, exigeant. À travers ces rôles, Patrick Bauchau devient une figure à part, à mi-chemin entre le philosophe et l’homme de mystère. Une présence singulière, qui attire autant qu’elle intrigue.
Patrick Bauchau aux États-Unis : du cinéma d’auteur à la télévision populaire
À partir des années 80, Patrick Bauchau traverse l’Atlantique et s’installe dans l’univers du cinéma américain, tout en conservant ce qui fait sa spécificité. Il joue dans A View to a Kill (1985), un James Bond certes mineur mais qui marque son entrée dans une sphère plus grand public. Il continue avec des films comme The Rapture, Clear and Present Danger, Panic Room ou encore 2012, où il campe des rôles souvent sophistiqués, parfois ambigus, mais toujours marquants.
C’est pourtant à la télévision que Patrick Bauchau obtient une forme de reconnaissance plus large du public, notamment avec son rôle dans la série The Pretender (1996-2000), où il incarne Sydney, une figure paternelle et mystérieuse, mentor du héros. Là encore, son mélange de rigueur et d’empathie fait mouche. On le retrouve aussi dans House, Alias, 24 heures chrono, Medium… autant de séries dans lesquelles sa prestance européenne fait figure d’exception.
Un acteur à l’ancienne, entre mystère et précision
Ce qui frappe chez Patrick Bauchau, c’est la constance de son style. Il ne surjoue jamais, mise sur le non-dit, les silences, les regards. Une approche presque théâtrale, héritée de ses débuts dans le cinéma d’auteur, mais qui s’adapte étonnamment bien aux codes plus rythmés de la télévision américaine.
Son physique élancé, son accent difficile à situer et son port altier renforcent cette impression d’intellectuel énigmatique. Il peut jouer un aristocrate, un scientifique, un agent secret ou un père meurtri, sans changer radicalement de registre. Patrick Bauchau fait partie de ces rares acteurs capables d’imposer leur style dans tous les contextes, sans jamais le sacrifier.