Park Hoon-jung

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Détails

Autre nom 박훈정
Âge
Nationalité
Filmographie 5 films

Biographie

Park Hoon-jung, né le 14 septembre 1975 en Corée du Sud, est un scénariste et réalisateur sud-coréen reconnu pour ses films puissants, souvent violents, toujours maîtrisés. Il s’est forgé une réputation de conteur sombre, explorant les recoins les plus troubles de l’âme humaine à travers des récits où le crime, le pouvoir et la vengeance s’entrelacent de manière inextricable.

Si son nom ne figure pas toujours parmi les plus médiatisés du cinéma coréen, Park Hoon-jung est pourtant l’un des artisans les plus constants d’un cinéma de genre exigeant et stylisé, où la tension dramatique est poussée à son paroxysme. Avant de passer derrière la caméra, Park Hoon-jung se fait d’abord connaître comme scénariste, et c’est par ce biais qu’il signe l’un des tournants les plus marquants du cinéma sud-coréen des années 2010.

Scénariste de I Saw the Devil : la naissance d’une signature

C’est en 2010 que le nom de Park Hoon-jung retentit pour la première fois à l’international, avec le scénario de I Saw the Devil, réalisé par Kim Jee-woon. Ce thriller ultra-violent, qui confronte un agent des services secrets à un tueur en série dans un jeu de vengeance sans fin, est salué pour sa noirceur, sa précision narrative et sa radicalité morale.

Le film choque autant qu’il fascine, et le script de Park Hoon-jung y joue un rôle central. Il y démontre une capacité rare à manipuler les codes du thriller, à construire une spirale dramatique implacable, et à poser des dilemmes moraux sans offrir de réconfort. C’est déjà tout son style : frontal, élégant, mais jamais gratuit.

Suite à ce succès, il signe également le scénario de The Unjust (2010), un polar judiciaire réalisé par Ryoo Seung-wan, centré sur la corruption policière et judiciaire. Là encore, Park Hoon-jung propose une écriture dense, tendue, où le bien et le mal se confondent, et où chaque personnage semble prêt à tout pour survivre dans un système pourri jusqu’à l’os.

Un réalisateur de polars élégants et brutaux

Fort de ces premiers succès en tant que scénariste, Park Hoon-jung passe à la réalisation avec The Showdown (2011), un film historique en costume situé en Mandchourie au XVIIe siècle. Si ce premier essai divise la critique, il lui permet de poser les bases visuelles de son style : photographie léchée, violence stylisée, atmosphères pesantes.

C’est avec New World (Sinsegye, 2013) qu’il s’impose véritablement comme réalisateur. Ce thriller mafieux, souvent comparé aux grandes sagas du crime comme Infernal Affairs ou The Godfather, explore les tensions entre un agent infiltré et une organisation criminelle tentaculaire. Porté par des acteurs emblématiques comme Choi Min-sik, Lee Jung-jae et Hwang Jung-min, le film devient un classique instantané du genre, salué pour son écriture serrée, son ambiance paranoïaque et ses retournements de situation maîtrisés.

Avec New World, Park Hoon-jung prouve qu’il n’est pas seulement un bon scénariste, mais aussi un cinéaste capable d’orchestrer une mise en scène ambitieuse, épurée et efficace. Il y affirme aussi son obsession pour les jeux de loyauté, les conflits internes, et les univers dominés par des hiérarchies impitoyables.

Une filmographie qui flirte avec le fantastique et l’ultraviolence

Si Park Hoon-jung est d’abord associé au polar, il n’hésite pas à explorer d’autres registres. Avec The Tiger: An Old Hunter's Tale (2015), il signe une fable historique portée par Choi Min-sik, dans laquelle un ancien chasseur est confronté à un tigre mythique. Le film, plus contemplatif, mêle drame, nature et symbolisme, dans une forme de cinéma épique mais introspectif.

Il revient ensuite au thriller moderne avec VIP (2017), un récit troublant centré sur un tueur en série protégé par des intérêts politiques. Une nouvelle fois, Park Hoon-jung place ses personnages dans un univers corrompu, où la justice est inaccessible et où les figures d’autorité ne valent guère mieux que les criminels.

Mais c’est avec The Witch: Part 1. The Subversion (2018) qu’il entame un virage plus net vers le fantastique et l’action violente, en introduisant une adolescente aux pouvoirs surnaturels dans un récit à la croisée du drame, du film d’espionnage et du manga live-action. Le film surprend par son changement de ton radical en cours de route : d’abord lent et énigmatique, il bascule dans une explosion de violence sanglante et de confrontations stylisées.

Le succès critique et commercial de ce film lui permet de lancer une franchise, avec The Witch: Part 2. The Other One (2022), et un troisième volet en développement. Cette saga, à la fois visuellement marquante et volontairement excessive, permet à Park Hoon-jung de développer un univers propre, tout en continuant à interroger la manipulation, le pouvoir et l’identité.

Une vision d’auteur marquée par l’ambiguïté morale

Que ce soit dans un thriller mafieux ou dans un récit de science-fiction violente, Park Hoon-jung garde une constante : il aime les zones grises. Ses personnages sont rarement bons ou mauvais, mais presque toujours coincés dans des systèmes qui les broient. Il explore avec une précision clinique la violence institutionnelle, les rapports de force, la trahison et la survie.

Son style visuel, sobre mais soigné, refuse l’esbroufe gratuite. La violence, bien que présente, n’est jamais stylisée pour faire joli, elle dérange, elle choque, mais elle raconte aussi quelque chose sur les enjeux humains en jeu.

Filmographie

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