Park Chan-wook

  • Casting
  • Réalisation
  • Production
  • Écriture

Détails

Autre nom 박찬욱
Âge
Nationalité
Filmographie 14 films
Récompenses 6 nominations et 4 victoires

Biographie

Park Chan-wook est né le 23 août 1963 à Séoul. Réalisateur, scénariste et producteur, il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands cinéastes sud-coréens contemporains, et l’un des plus influents sur la scène internationale. En France comme ailleurs, il reste indissociable de sa fameuse trilogie de la vengeance, mais réduire Park Chan-wook à ce triptyque serait passer à côté d’un univers bien plus large, à la fois baroque, violent, élégant et curieusement tendre.

Des débuts hésitants à la révélation critique

Avant de devenir une référence mondiale, Park Chan-wook a connu des débuts plutôt timides dans l’industrie du cinéma. Son premier film, The Moon Is... the Sun's Dream (1992), passe inaperçu. Il faut attendre la fin des années 1990 pour qu’il se fasse remarquer avec Joint Security Area (2000), un thriller politique tendu situé à la frontière intercoréenne. Le film rencontre un grand succès en Corée du Sud et lui permet de s’imposer comme un réalisateur à suivre de très près. Ce tournant arrive à un moment crucial où le cinéma sud-coréen commence à sortir de ses frontières, et Park Chan-wook est en première ligne de cette vague.

Une trilogie culte, et une vision radicale de la vengeance

Ceux qui découvrent Park Chan-wook tombent généralement sur lui par le biais de Sympathy for Mr. Vengeance (2002), Oldboy (2003) ou Lady Vengeance (2005). Ces trois films, bien qu’indépendants sur le plan narratif, forment un tout cohérent autour de la question de la vengeance, de ses ressorts moraux et de ses conséquences humaines. Dans Oldboy, sans doute son œuvre la plus connue à l’international, il combine un style visuel ultra léché avec une narration tortueuse, parfois presque sadique, pour plonger le spectateur dans une spirale vertigineuse de secrets et de châtiments. On se souvient évidemment de ce plan-séquence de combat dans le couloir, devenu culte, ou de la révélation finale, qui n’est pas franchement là pour réconcilier l’humanité.

Mais sous cette noirceur apparente, Park Chan-wook interroge des thèmes profonds : la culpabilité, le pardon, le désir de justice et ses dérives. Ses personnages sont rarement bons ou mauvais, plutôt déchirés, ambigus, et terriblement humains, même lorsqu’ils commettent l’irréparable.

Une esthétique de la violence et du raffinement

Ce qui frappe chez Park Chan-wook, c’est sa capacité à mêler l’ultra-violence graphique avec une esthétique presque picturale. Chaque plan est composé avec soin, chaque couleur, chaque mouvement de caméra semble chorégraphié. Il ne filme jamais la violence gratuitement, ou alors, il la filme tellement bien qu’on en vient à se poser la question.

C’est d’ailleurs cette tension entre beauté et cruauté qui fait toute la singularité de son cinéma. Dans Thirst (2009), variation vampirique aussi sensuelle que perturbante, ou The Handmaiden (2016), adaptation audacieuse de Fingersmith de Sarah Waters, il déploie une mise en scène foisonnante et sensuelle, mais toujours au service de récits tordus, complexes et dérangeants. The Handmaiden, en particulier, marie avec brio l’érotisme, le suspense et une critique sociale feutrée, le tout dans une Corée coloniale recréée avec une précision redoutable. Et ce, sans jamais sombrer dans le maniérisme gratuit.

Une ouverture à l’international maîtrisée

À l’inverse d’autres réalisateurs asiatiques tentés par Hollywood avec plus ou moins de succès, Park Chan-wook s’y aventure prudemment. En 2013, il réalise Stoker, un thriller psychologique au casting américain (avec Nicole Kidman et Mia Wasikowska), mais dont l’ADN reste profondément "Parkien" : atmosphère trouble, relations familiales malsaines et esthétique baroque. Il y explore encore une fois cette ambiguïté constante entre fascination et malaise.

Mais c’est en restant ancré dans le cinéma sud-coréen qu’il semble le plus libre. Avec Decision to Leave (2022), récompensé à Cannes pour la mise en scène, Park Chan-wook signe un polar romantique d’une finesse rare, confirmant qu’il n’a rien perdu de sa précision ni de son goût pour les récits à double fond. Loin de ses excès passés, il y joue cette fois sur la suggestion, l’ellipse et une forme de mélancolie maîtrisée. Comme s’il avait troqué la colère contre une douce résignation.

Park Chan-wook, maître d’un cinéma entre les genres

Le cinéma de Park Chan-wook ne se laisse jamais enfermer dans une case. Thriller, drame, fantastique, romance, film de vampires, drame historique ou satire sociale, il touche à tout, sans jamais se répéter. Cette liberté créative, il la doit à une rigueur de mise en scène, mais aussi à une écriture minutieuse, souvent nourrie de collaborations fidèles et d’un sens aigu du rythme narratif.

Il est aussi l’un des rares réalisateurs sud-coréens à avoir su maintenir une cohérence artistique tout en touchant un public large, y compris en dehors de la Corée. Son influence se retrouve aujourd’hui chez de nombreux cinéastes, asiatiques ou non, qui revendiquent ce mélange d’élégance et de brutalité, de lyrisme et de cruauté.

Park Chan-wook, c’est un peu l’élève appliqué qui n’a jamais perdu son goût du risque. Un cinéaste qui ne flatte jamais son spectateur, mais qui le défie, le trouble, parfois le dérange, toujours avec style. Et franchement, ça fait du bien.

Filmographie

Film Année Durée Rôles
  • Ajouté le
  • Modifié le