Paco Plaza

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Filmographie 9 films

Biographie

Paco Plaza, né le 8 février 1973 à Valence (Espagne), est un réalisateur et scénariste espagnol, figure incontournable du cinéma d’horreur européen. Avec un style nerveux, une caméra souvent en mouvement et une capacité unique à mêler la peur au réel, Paco Plaza a contribué à redonner ses lettres de noblesse au film de genre en Espagne, tout en s’exportant à l’international. Il est surtout connu pour avoir co-réalisé la saga [REC], mais son œuvre va bien au-delà du simple film de zombies. Il explore les traumatismes intimes, les mythologies populaires, l’enfance troublée et le deuil, le tout avec un sens aigu du frisson.

Des débuts entre cinéma de genre et télévision

Formé à la Universitat de València, puis à l’École de cinéma de Madrid, Paco Plaza commence par réaliser des courts-métrages, rapidement remarqués dans les festivals spécialisés. Très tôt, son style visuel se démarque : il affectionne les cadres serrés, les décors urbains, les ambiances anxiogènes et les personnages en état de crise permanente.

En 2002, il réalise El segundo nombre, un thriller ésotérique sombre et oppressant, qui pose déjà les bases de ses obsessions : la famille, la religion, et la folie qui couve derrière les apparences. Ce film, bien qu’encore discret dans sa diffusion, attire l’attention des amateurs de frissons bien ficelés. Et surtout, il marque le début d’un parcours qui ne cessera plus de creuser les zones d’ombre du quotidien.

[REC] : la peur en temps réel, l’horreur comme terrain de jeu

En 2007, Paco Plaza co-réalise avec Jaume Balagueró [REC], un film d’horreur tourné en caméra subjective, dans un immeuble mis en quarantaine à la suite d’une mystérieuse infection. Le principe semble simple, presque minimaliste, mais l’exécution est brillante. En limitant le point de vue à celui d’une équipe de journalistes piégée dans l’immeuble, le film multiplie les moments de tension pure, sans jamais sortir du réalisme immédiat de sa mise en scène.

C’est un succès critique et public massif, aussi bien en Espagne qu’à l’international. [REC] devient une référence du cinéma d’horreur moderne, et Paco Plaza se retrouve projeté au rang de figure majeure du genre. Le film donne lieu à plusieurs suites : [REC]² (2009, toujours co-réalisé avec Balagueró), [REC]³: Génesis (2012, réalisé cette fois en solo), puis [REC]⁴: Apocalypse (2014), qui boucle la saga. Chacune de ces suites explore une facette différente de l’univers, passant du found footage à un style plus cinématographique classique.

Dans [REC]³, Paco Plaza ose un virage audacieux : il mêle horreur et humour noir, en pleine cérémonie de mariage zombie. Le film déroute les fans du réalisme brut des premiers volets, mais témoigne de son envie de renouveler les codes, de refuser la répétition confortable.

Verónica : l’horreur à la croisée du réel et du mythe

En 2017, Paco Plaza revient en force avec Verónica, un film inspiré d’un fait divers madrilène des années 90, souvent présenté comme « l’affaire paranormale la plus documentée d’Espagne ». Le film suit une adolescente confrontée à des phénomènes étranges après une séance de spiritisme avec une planche Ouija. Loin d’un film de possession classique, Verónica s’intéresse surtout à la fragilité psychologique, à l’isolement et à la famille éclatée.

Là encore, Paco Plaza prouve qu’il sait manier la peur comme un outil narratif et non comme une fin en soi. Il soigne l’ambiance, mise sur des effets sonores subtils, évite les artifices gratuits et construit la terreur à partir du vécu, de la mémoire et du regard d’enfant.

Diffusé sur Netflix, Verónica rencontre un succès massif, notamment à l’étranger, où il est présenté comme « le film le plus terrifiant de la plateforme », une étiquette marketing discutable, mais révélatrice de l’impact du film sur le public.

Un style reconnaissable, entre naturalisme et cauchemar

Ce qui caractérise le travail de Paco Plaza, c’est sa volonté de rester ancré dans le réel, même lorsque ses récits frôlent le surnaturel. Ses films sont peuplés de personnages ordinaires : des enfants, des mères, des couples, des voisins. Il filme souvent les banlieues madrilènes, les appartements modestes, les immeubles décrépis, comme autant de terrains fertiles à l’apparition de l’horreur.

Il préfère le brouillard à l’explication, le malaise à la démonstration, et sait s’appuyer sur des codes visuels et sonores efficaces sans tomber dans l’imitation. Même lorsqu’il emprunte au cinéma américain (le found footage, les maisons hantées), il le fait avec une touche locale, une intimité urbaine typiquement espagnole.

Et surtout, il s’intéresse à la peur émotionnelle : celle de la solitude, de la perte d’un parent, de la folie qui surgit sans prévenir. Chez Paco Plaza, l’horreur est toujours un symptôme, jamais un spectacle gratuit.

Un nom respecté dans le cinéma de genre international

Aujourd’hui, Paco Plaza est considéré comme l’un des réalisateurs les plus influents du cinéma d’horreur européen, aux côtés de son acolyte Jaume Balagueró ou d’une figure comme Julia Ducournau, avec qui il partage une certaine obsession pour le corps, la transformation, et le dérèglement de l’intime.

Il continue de travailler régulièrement en Espagne, avec des projets qui sortent des circuits commerciaux habituels tout en conservant un public fidèle. Que ce soit dans les festivals spécialisés ou dans les plateformes de streaming, ses films trouvent toujours leur place, preuve que son approche sincère et maîtrisée de l’horreur touche au-delà des amateurs du genre.

Paco Plaza, c’est en somme un artisan du frisson, un conteur de l’étrange du quotidien, un cinéaste qui a compris que la peur la plus universelle est souvent celle qui s’infiltre dans les interstices du réel. Et il n’a pas fini de la filmer.

Filmographie

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