Orson Welles
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- Réalisation
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Détails
| Autre nom | George Orson Welles |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 4 films |
| Récompenses | 6 nominations et 5 victoires |
Biographie
Orson Welles, né le 6 mai 1915 à Kenosha, dans le Wisconsin (États-Unis), et mort le 10 octobre 1985 à Los Angeles, est une figure incontournable de l’histoire du cinéma mondial. Acteur, réalisateur, scénariste, producteur, conteur hors pair et illusionniste à ses heures, Orson Welles a marqué à jamais le 7ᵉ art par son audace formelle, sa voix inimitable et une carrière aussi fulgurante que chaotique.
Considéré à 25 ans comme un génie du médium grâce à Citizen Kane, il est souvent cité comme l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. Pourtant, sa trajectoire a tout d’un parcours en dents de scie : entre chefs-d’œuvre reconnus, projets avortés, luttes avec les studios et exils artistiques, Orson Welles fut autant salué que contrarié. Mais toujours, il a suivi sa propre voie, fidèle à une ambition qui dépassait les cadres imposés.
Des débuts fulgurants sur scène et à la radio
Avant de bouleverser le cinéma, Orson Welles s’est illustré au théâtre et à la radio. Précocement doué, il monte des pièces shakespeariennes dès son adolescence, souvent en modernisant radicalement la mise en scène. À 20 ans à peine, il devient une figure du théâtre new-yorkais, notamment grâce à sa direction du Federal Theatre Project.
Mais c’est en 1938 qu’il entre véritablement dans la légende populaire avec son adaptation radiophonique de La Guerre des mondes. Présentée sous forme de bulletins d’informations interrompant un programme musical fictif, cette émission, diffusée à la radio CBS, déclenche une panique chez certains auditeurs persuadés d’assister à une véritable invasion martienne. Une mise en scène sonore si réaliste qu’elle entre dans l’histoire, et propulse Orson Welles sur le devant de la scène nationale.
Hollywood ne tarde pas à lui faire les yeux doux, et c’est ainsi qu’un jeune homme de 24 ans se voit offrir un contrat exceptionnel avec la RKO Pictures, qui lui accorde une liberté artistique quasi totale. Une offre quasiment inédite… qui allait changer le cours du cinéma.
Citizen Kane, ou la naissance d’un mythe
En 1941, Orson Welles réalise Citizen Kane, qu’il coécrit, produit, interprète et met en scène. Le film, inspiré de la vie de l’industriel de presse William Randolph Hearst, explore l’ascension et la chute d’un magnat, à travers une narration éclatée, des flashbacks, des effets de caméra audacieux et une esthétique visuelle révolutionnaire pour l’époque.
Citizen Kane est un coup de tonnerre. Profondément novateur, tant sur le plan narratif que technique (profondeur de champ, contre-plongées, montage non linéaire), il est salué par la critique… mais subit des pressions et des censures, notamment en raison des liens supposés avec Hearst. Malgré une réception commerciale mitigée à sa sortie, il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, voire le plus grand.
Et pourtant, ce coup de maître initial allait aussi devenir un fardeau. Comment surpasser une œuvre aussi monumentale à seulement 26 ans ? Orson Welles enchaîne alors les projets, mais rarement dans les conditions de liberté qu’il avait connues pour Kane.
Une carrière marquée par les combats et les chefs-d’œuvre contrariés
Après Citizen Kane, Orson Welles se heurte rapidement aux contraintes d’Hollywood. Ses films suivants, comme La Splendeur des Amberson (1942), La Dame de Shanghai (1947) ou Macbeth (1948), sont souvent recoupés, remontés, voire dénaturés par les studios. Cette perte de contrôle artistique devient une constante dans sa carrière américaine, le poussant à tourner de plus en plus en Europe.
L’un de ses sommets reste Touch of Evil (La Soif du mal, 1958), polar baroque à la frontière du film noir et du cauchemar expressionniste, dont le plan-séquence d’ouverture est aujourd’hui mythique. Malgré des querelles avec la production, Orson Welles y livre une œuvre sombre, suffocante, qui inspirera des générations de réalisateurs.
Toujours aussi ambitieux, il travaille pendant des années sur des projets labyrinthiques : Don Quichotte (resté inachevé), The Other Side of the Wind (finalement sorti posthumément en 2018), ou Falstaff, dans lequel il fusionne plusieurs pièces de Shakespeare. Des œuvres à la fois fascinantes et parfois inaccessibles, qui confirment son statut de créateur maudit… et visionnaire.
Une voix, un regard, un corps : Orson Welles acteur
On l’oublie parfois, mais Orson Welles fut aussi un acteur marquant, au charisme imposant. Que ce soit dans ses propres films ou chez d’autres, il incarnait avec puissance les figures d’autorité, les hommes écrasés par leur ambition ou rongés par le doute. Sa voix grave, son physique imposant et son regard magnétique en faisaient une présence immédiatement reconnaissable.
Il tourne notamment sous la direction de Carol Reed dans Le Troisième Homme (1949), où son apparition, bien que tardive, vole la vedette au reste du film. Il joue également dans Compulsion, Catch-22, Casino Royale (version parodique de 1967) ou encore dans de nombreuses séries et projets télévisés. Même lorsqu’il se contente d’un caméo, Orson Welles reste inoubliable.
Sa voix, elle, devient légendaire. Narrateur recherché, il prête son timbre inimitable à de nombreux documentaires, publicités, et même à un film d’animation culte : Transformers: The Movie (1986), dans lequel il incarne le redoutable Unicron, quelques mois avant sa mort.
Un créateur hors normes au parcours inachevé
Vers la fin de sa vie, Orson Welles continue à travailler dans des conditions précaires, souvent en autofinançant ses films, en tournant par bribes, en vivant entre plusieurs pays. Malgré les difficultés, il garde son humour mordant, son regard critique sur Hollywood, et surtout, son obsession du cinéma comme art total.
Il meurt d’une crise cardiaque à 70 ans, alors qu’il multipliait encore les projets. Son œuvre reste partiellement fragmentée, incomplète, mais son influence dépasse largement son nombre de films finalisés. Orson Welles a ouvert des portes, cassé des règles, défié les formats. Et s’il n’a jamais vraiment trouvé de place confortable dans l’industrie, c’est probablement parce qu’il était toujours un pas en avance.
Plus qu’un réalisateur ou un acteur, Orson Welles reste une figure mythique, presque shakespearienne, du cinéma moderne. Un artiste qui a toujours visé plus haut que le cadre qu’on lui imposait. Et qui, même quand il tombait, tombait avec panache.
Filmographie
4 sur 4 films