Orelsan

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Détails

Autre nom Aurélien Cotentin
Âge
Nationalité
Filmographie 3 films

Biographie

Orelsan, de son vrai nom Aurélien Cotentin, est né le 1er août 1982 à Alençon, dans l’Orne, en Normandie. Artiste polyvalent, il s’est imposé au fil des années comme une figure centrale du rap français, tout en s’illustrant dans d’autres domaines comme la réalisation, la scénarisation et même la télévision.

Avec sa plume à la fois brute, lucide et ironique, Orelsan a su capter les préoccupations de toute une génération, souvent en décalage avec les codes du rap traditionnel. Initialement remarqué pour son style nonchalant et ses textes désabusés, Orelsan est aujourd’hui reconnu pour sa capacité à mêler introspection, satire sociale et storytelling finement ciselé. Loin de l’image du rappeur formaté, il a construit un univers qui lui ressemble : à la croisée de la chronique de vie, de la fiction et du documentaire intime.

Orelsan : des débuts sur Internet à la reconnaissance nationale

C’est au milieu des années 2000 que Orelsan commence à se faire connaître, d’abord sur Internet. Il se fait rapidement remarquer grâce à des morceaux diffusés sur Myspace, une plateforme qui, à l’époque, permettait aux artistes indépendants de diffuser leur musique sans passer par les circuits traditionnels. Le titre Saint-Valentin, puis plus largement Changement, contribuent à faire émerger son nom.

Mais c’est avec Perdu d’avance, sorti en 2009, que Orelsan entre dans la lumière. Un premier album où se mélangent égotrip, autodérision et critiques sociales, avec des titres devenus cultes comme La Terre est ronde ou Soirée ratée. L’album ne passe pas inaperçu, tant pour son ton que pour la polémique qu’il suscite, notamment autour du titre Sale Pute, qui lui vaudra des accusations de misogynie et une large controverse médiatique. Malgré (ou peut-être à cause de) ce scandale, Orelsan s'impose comme un artiste à part, qui dérange autant qu’il séduit.

Du rappeur provocateur à l’auteur mature

Loin de se cantonner à la provocation facile, Orelsan va affiner son style au fil de ses albums. Le chant des sirènes (2011), plus sombre et introspectif, marque une réelle évolution artistique. L’écriture se densifie, les thématiques s’élargissent : dépression, société de consommation, solitude, rapport à la célébrité. Avec cet album, Orelsan obtient deux Victoires de la Musique en 2012, un tournant symbolique dans une carrière qui commence à dépasser les cercles strictement rap.

C’est aussi l’époque où il fonde Casseurs Flowters avec Gringe, un duo aux accents absurdes et décalés, donnant naissance à un album concept et à une série télévisée (Bloqués) diffusée sur Canal+. Ce projet, hybride et ludique, confirme le goût de Orelsan pour les formats narratifs et les projets collectifs.

Civilisation et la consécration critique et populaire

En 2017, Orelsan revient en solo avec La fête est finie, un album où il pousse encore plus loin la réflexion sur lui-même et le monde qui l’entoure. Les morceaux Basique, Tout va bien ou encore Notes pour trop tard témoignent d’une maturité nouvelle, plus posée, plus lucide. L’album est un triomphe : plusieurs disques de platine, une pluie de récompenses, et un ancrage définitif dans le paysage musical français.

Mais c’est avec Civilisation (2021) que Orelsan atteint un sommet. L’album bat des records de ventes, devient le plus vendu de l’année, et s’accompagne d’une série documentaire réalisée par son frère, Montre jamais ça à personne, diffusée sur Prime Video. Ce documentaire dévoile les coulisses de sa carrière, ses doutes, ses méthodes de travail, et contribue à forger une image d’artiste exigeant, perfectionniste et humain. Une forme de récit initiatique à ciel ouvert, qui rend Orelsan encore plus proche de son public.

Un artiste multiple, entre musique, image et narration

L’un des aspects les plus frappants chez Orelsan, c’est sa maîtrise du récit sous toutes ses formes. Que ce soit dans ses textes, ses clips ou ses projets parallèles, il s’attache toujours à construire une histoire, un univers, un regard sur le monde. Ses clips, souvent conçus avec soin (notamment ceux de Basique ou L’odeur de l’essence), témoignent d’un vrai travail d’écriture visuelle.

Il s’essaie aussi au cinéma, à la série, au documentaire, avec une même volonté : raconter des choses vraies, sans fard, mais toujours avec une forme de recul. Le ton peut être grinçant, drôle, tragique ou absurde, mais il y a chez Orelsan une constance : celle de ne pas tricher. Il ne se met jamais en scène comme un héros, plutôt comme un anti-héros conscient de ses limites, de ses failles, de ses erreurs. C’est d’ailleurs ce qui le rend aussi identifiable pour toute une génération.

Orelsan, une voix singulière dans le paysage culturel français

Aujourd’hui, Orelsan est bien plus qu’un rappeur : c’est une voix dans le débat culturel, un observateur du quotidien, un auteur qui parle des perdants, des confus, des fatigués, mais aussi des rêveurs et des désabusés. Il incarne une forme de lucidité générationnelle qui traverse les albums sans jamais sombrer dans le cynisme total.

Sa capacité à évoluer tout en restant fidèle à lui-même, à grandir sans renier ses débuts, fait de Orelsan une figure unique dans la scène musicale française. À la fois populaire et respecté, drôle et sérieux, désinvolte et minutieux, il incarne cette génération qui doute, qui cherche, mais qui n’a pas renoncé à comprendre le monde. Et c’est peut-être là que réside sa force la plus durable.

Filmographie

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