Olivier Dahan

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 2 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Olivier Dahan est né le 26 juin 1967 à La Ciotat, dans le sud de la France. Réalisateur et scénariste, parfois producteur, il est surtout connu pour avoir signé La Môme (2007), un biopic flamboyant consacré à Édith Piaf, qui a valu à Marion Cotillard l’Oscar de la meilleure actrice.

Mais réduire Olivier Dahan à un seul film serait une erreur : son univers, visuellement fort et émotionnellement appuyé, s’est construit bien avant, et s’est poursuivi après, cette parenthèse internationale.

Cinéaste visiblement attiré par les trajectoires cabossées, les figures intenses, souvent féminines, Olivier Dahan ne cherche pas la distance ou le réalisme froid. Son style est expressif, parfois baroque, parfois romanesque, mais toujours porté par une sincère empathie pour ses personnages. Il filme des existences en déséquilibre, avec un goût prononcé pour la musique, les visages fatigués, et les récits non linéaires.

Une formation artistique et des débuts entre peinture et cinéma

Avant de se tourner vers la réalisation, Olivier Dahan se forme aux Beaux-Arts de Marseille. Ce n’est pas anodin : il commence comme illustrateur et plasticien, et ce bagage visuel va profondément marquer son approche du cinéma. Il attache une importance particulière à la lumière, aux couleurs, aux compositions de plans qui, souvent, ressemblent à des tableaux en mouvement.

Il réalise ses premiers clips, puis des courts-métrages, avant de signer ses premiers longs dans les années 1990. Son style s’affine avec des films comme Déjà mort (1998), un polar noir et contemporain sur fond de désillusion urbaine, et Le Petit Poucet (2001), revisite du conte de Perrault dans une esthétique sombre et onirique. Ces premières œuvres montrent déjà une préférence pour les récits troublés, mais aussi une sensibilité aux codes du conte, du mythe, et de l’intime.

La Môme, un succès planétaire qui change la donne

Le film qui propulse Olivier Dahan sur la scène internationale reste incontestablement La Môme (La Vie en Rose, à l’étranger), sorti en 2007. Il y dresse un portrait fragmenté, émotionnellement chargé, parfois presque halluciné, de la chanteuse Édith Piaf, de son enfance chaotique à sa mort prématurée. Le film évite la linéarité classique du biopic pour adopter une narration éclatée, en écho à la mémoire vacillante de son héroïne.

Au centre de ce projet, Marion Cotillard, méconnaissable, livre une performance viscérale, récompensée par une moisson de prix internationaux, dont l’Oscar, le César et le BAFTA. Ce triomphe rejaillit sur Olivier Dahan, salué pour son audace formelle et son approche profondément incarnée du genre biographique.

La Môme n’est pas un film froidement factuel : c’est une plongée sensorielle, douloureuse, presque mystique parfois, dans l’âme d’une artiste. Ce parti pris stylistique, avec ses ellipses, ses flashbacks organiques, son travail sur le son, devient la signature de Dahan. Il préfère l’émotion brute à la reconstitution sage.

Un parcours marqué par l’ambition, mais aussi par les contrastes

Après La Môme, Olivier Dahan tente de prolonger cette ouverture vers l’international avec Grace of Monaco (2014), où Nicole Kidman incarne Grace Kelly dans une fresque élégante mais très controversée. Le film est sélectionné en ouverture du Festival de Cannes, mais l’accueil critique est glacial, et les tensions avec la production, très médiatisées. Ce revers souligne les difficultés à concilier vision d’auteur et contraintes d’une production internationale très formatée.

Il revient ensuite à des projets plus personnels, comme Les Seigneurs, une comédie décalée avec José Garcia et Omar Sy, ou Simone, le voyage du siècle (2022), portrait ambitieux et solennel de Simone Veil, grande figure de la politique française. Là encore, il adopte une structure non linéaire, privilégiant le ressenti à l’exposé historique. Même si certains lui reprochent une approche trop illustrative, d’autres saluent l’intention : rendre hommage sans effacer la douleur, ni l’intimité.

Un cinéaste de l’émotion et de la vulnérabilité

Au fond, Olivier Dahan est un réalisateur de l’émotion frontale. Il ne cherche pas la neutralité, il revendique le pathos, l’épanchement, la subjectivité. Ce n’est pas un cinéaste de l’analyse, c’est un cinéaste du ressenti. Il filme la chute, la reconstruction, le doute, avec une sensibilité parfois lyrique, parfois mélancolique, mais toujours très visuelle. Les trajectoires qu’il met en scène sont souvent fragmentées, marquées par l’enfance, la mémoire, les blessures. Et surtout, il donne une place centrale aux figures féminines, qu’elles soient mythiques, oubliées, ou simplement marginalisées.

S’il divise parfois la critique, Olivier Dahan reste un auteur cohérent, attaché à une certaine idée du cinéma comme expérience sensorielle et émotionnelle. Il continue d’explorer des récits intimes sous des formes ambitieuses, avec une caméra souvent au plus près des corps et des visages, là où l’histoire s’écrit sans mots.

Filmographie

2 sur 2 films

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