Olivia Colman
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 9 films |
| Récompenses | 5 nominations et 3 victoires |
Biographie
Sarah Caroline Olivia Colman est née le 30 janvier 1974 à Norwich, dans le Norfolk, au Royaume-Uni. Actrice aussi à l’aise dans les comédies grinçantes que dans les drames historiques, Olivia Colman a conquis le public britannique longtemps avant que le reste du monde ne découvre son immense palette de jeu. Elle incarne une rare combinaison de chaleur, d’intelligence émotionnelle et de maîtrise technique, capable de bouleverser dans un regard ou de faire éclater de rire sans crier gare.
Des débuts modestes : le théâtre, la télé, et un certain humour absurde
Formée à la prestigieuse Bristol Old Vic Theatre School, Olivia Colman se fait d’abord connaître sur le petit écran, dans des comédies britanniques culte. Elle débute dans Bruiser, un sketch show où elle croise David Mitchell et Robert Webb, puis devient Sophie Chapman dans Peep Show (2003–2015), une sitcom à la première personne devenue culte au Royaume-Uni. Ce rôle de petite amie douce, un peu paumée, un peu névrosée, lui colle à la peau durant plusieurs années.
Pendant cette période, Olivia Colman incarne souvent la femme gentille, la copine, l’assistante — des rôles secondaires mais toujours habités. Ce sont ces rôles, modestes en apparence, qui lui permettent de construire une présence naturelle à l’écran, une sincérité désarmante, sans jamais forcer le trait.
Le virage dramatique : quand Olivia Colman fait tout basculer
C’est avec Tyrannosaur (2011), premier film réalisé par Paddy Considine, que les choses prennent un tournant plus grave. Elle y incarne une femme brisée par les violences conjugales, dans une performance à la fois sobre et déchirante. Le film est âpre, mais son interprétation frappe par sa vérité crue. Elle reçoit pour ce rôle un British Independent Film Award, premier d’une longue série.
Elle enchaîne ensuite avec Broadchurch (2013–2017), série policière où elle joue la détective Ellie Miller, face à David Tennant. Là encore, elle incarne l’émotion sans artifice, rendant crédible chaque nuance d’un personnage bouleversé par le drame, la colère, la maternité, la loyauté et la douleur. La série est un succès critique et public, et Olivia Colman devient un visage familier bien au-delà des îles britanniques.
La consécration internationale avec The Favourite et l’Oscar
En 2018, Olivia Colman explose sur la scène mondiale avec The Favourite de Yorgos Lanthimos, dans lequel elle incarne la reine Anne, fragile, capricieuse, pathétique et terriblement humaine. Sa performance est à la fois grotesque et bouleversante, pleine de failles, de fureur et de tristesse.
Ce rôle lui vaut l’Oscar de la Meilleure actrice, ainsi qu’un BAFTA et un Golden Globe. Son discours de remerciement — sincère, drôle, maladroit et terriblement touchant — la propulse instantanément au rang de chouchou du public. Olivia Colman, l’actrice de télévision qu’on croyait réservée aux seconds rôles, devient l’une des figures majeures du cinéma d’auteur et des grandes cérémonies.
The Crown, Les Filles du Docteur March et le cinéma d’auteur contemporain
Elle incarne ensuite la reine Elizabeth II dans The Crown (saisons 3 et 4), succédant à Claire Foy avec une autorité discrète et une profondeur psychologique impressionnante. Son interprétation, plus froide, plus distante, reflète une souveraine prise dans l’âge mûr, les contraintes politiques et les drames personnels. Ce rôle lui vaut un Golden Globe et un Emmy Award, consolidant encore un peu plus son statut international.
On la retrouve aussi dans Les Filles du Docteur March (2019) de Greta Gerwig, où elle incarne la tante bourgeoise, puis dans The Father (2020) aux côtés d’Anthony Hopkins, où elle joue une fille confrontée à la déchéance mentale de son père. Deux rôles très différents, deux nouvelles preuves de sa précision émotionnelle et de sa souplesse de jeu.
En 2021, elle brille dans The Lost Daughter de Maggie Gyllenhaal, où elle incarne une femme en vacances, confrontée à sa propre maternité et à ses regrets. Ce rôle, troublant et nuancé, lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars.
Olivia Colman : actrice caméléon et humaine avant tout
Ce qui fait la force d’Olivia Colman, c’est sa capacité à rendre ses personnages crédibles jusque dans leurs contradictions. Elle peut être bouleversante dans un drame, hilarante dans une comédie, glaçante dans une série historique. Elle ne cherche pas l’admiration mais l’incarnation : elle joue pour être juste, pas pour être brillante, et c’est précisément ce qui la rend brillante.
Elle alterne aisément les rôles sombres et les parenthèses légères, en restant profondément humaine dans chacun de ses choix. Elle ne se laisse jamais enfermer dans un type de rôle. Mieux encore : elle rend chaque rôle unique, sans jamais donner l’impression d’un système ou d’une recette.
Une actrice rare, instinctive et immensément respectée
Aujourd’hui, Olivia Colman est l’une des actrices les plus respectées du cinéma anglophone, mais elle continue de surprendre. Elle reste fidèle à son style : pudique, précis, toujours au service du personnage. Et malgré les récompenses, les scripts hollywoodiens et les invitations sur les tapis rouges, elle conserve ce charme désarmant, fait d’humilité et de simplicité.
On pourrait croire qu’elle est arrivée tard. En réalité, elle a pris son temps, peaufiné son art, gagné chaque reconnaissance sans bruit. Et elle incarne mieux que personne cette vérité douce-amère du métier d’actrice : ce n’est pas une question de lumière, mais d’ombre bien habitée.
Filmographie
9 sur 9 films