Nunnally Johnson

  • Production
  • Écriture

Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 4 films

Biographie

Nunnally Johnson est un scénariste, producteur et réalisateur américain, né le 5 décembre 1897 à Columbus, en Géorgie (États-Unis), et mort le 25 mars 1977 à Los Angeles, en Californie. Figure essentielle du Hollywood des années 1930 à 1950, il a contribué à certains des scénarios les plus incisifs du cinéma américain, mêlant satire sociale, dialogues ciselés et un sens du rythme redoutable. Si son nom est parfois éclipsé par les stars et les réalisateurs qu’il a servis, Nunnally Johnson reste l’un des grands artisans de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, avec une œuvre marquée par une intelligence mordante et une vision acérée de la société américaine.

Du journalisme au scénario, un virage naturel vers la fiction

Avant de se lancer dans le cinéma, Nunnally Johnson mène une carrière de journaliste et chroniqueur. Il écrit pour divers journaux, dont le Brooklyn Daily Eagle et The New York Herald Tribune, où il affine son sens de la formule et son regard critique sur le monde. Cette expérience dans la presse façonne profondément son style : rapide, clair, parfois ironique, souvent implacable.

C’est au début des années 1930 qu’il passe du reportage à la fiction, et ses premiers scénarios pour Hollywood sont vite remarqués. Il écrit pour de grands studios, et sa capacité à adapter des œuvres littéraires en dialogues percutants fait rapidement mouche. Il n’est pas du genre à noyer l’intrigue dans les fioritures : chez Nunnally Johnson, chaque ligne compte, chaque échange avance le récit ou révèle un caractère.

Un scénariste de l’ombre derrière de grands classiques

C’est en 1940 que Nunnally Johnson signe l’un de ses travaux les plus emblématiques : l’adaptation du roman The Grapes of Wrath (Les Raisins de la colère) de John Steinbeck, réalisée par John Ford. Ce film, devenu un classique du cinéma social américain, lui vaut une nomination aux Oscars pour le meilleur scénario. Il y parvient à capturer à la fois la rudesse de la misère et la dignité des personnages, sans sombrer dans le pathos.

Au fil des années, il écrit ou coécrit plusieurs succès critiques et commerciaux, comme The Prisoner of Shark Island, Tobacco Road, Roxie Hart ou encore The Woman in the Window. Il collabore avec des réalisateurs aussi divers que Fritz Lang, Henry Hathaway ou Jean Negulesco, toujours en apportant cette touche de vivacité, de lucidité, voire de cynisme léger, qui devient sa marque de fabrique.

Nunnally Johnson sait aussi injecter dans ses scénarios une bonne dose d’ironie sociale, notamment lorsqu’il s’attaque aux tabous américains : la sexualité, la justice, les inégalités raciales, ou encore l’hypocrisie bourgeoise.

Derrière la caméra : un auteur-réalisateur modeste mais efficace

À partir des années 1950, Nunnally Johnson passe à la réalisation, avec des films comme Night People (avec Gregory Peck), How to Be Very, Very Popular, ou encore The Man in the Gray Flannel Suit. Ce dernier, adapté d’un roman de Sloan Wilson, explore la crise existentielle d’un cadre new-yorkais après la guerre, et reflète les préoccupations de l’époque sur le conformisme et la perte de repères. Là encore, Nunnally Johnson y injecte son regard désabusé sur l’Amérique moderne, entre satire sociale et introspection.

Même s’il ne devient jamais un réalisateur de légende, il reste un metteur en scène solide, capable de faire exister des personnages nuancés, souvent pris entre les exigences sociales et leurs désirs personnels. Ce sont moins les effets visuels que la qualité des dialogues et la tension dramatique qui nourrissent son cinéma.

Un producteur à l’écoute, une plume indépendante

En parallèle, Nunnally Johnson fonde sa propre société de production, ce qui lui permet de défendre des projets plus personnels ou atypiques. Il accorde une grande importance à la fidélité aux textes d’origine, à la subtilité des personnages féminins (souvent en avance sur leur temps), et à une forme de réalisme émotionnel rare à Hollywood à cette époque.

Il est aussi l’un des premiers à se battre pour la reconnaissance du scénariste comme un véritable auteur, à une époque où le rôle du studio dominait encore tout le processus créatif. Il ne se contente pas d’écrire ce qu’on lui demande : il écrit ce qu’il pense juste, quitte à bousculer les attentes.

Une œuvre discrète mais influente

Nunnally Johnson n’a jamais été une figure flamboyante d’Hollywood. Il n’a pas cultivé de mythe autour de sa personne, ni cherché la mise en avant. Et pourtant, son influence sur la narration cinématographique américaine est profonde. Il a contribué à donner aux scénaristes une voix propre, à complexifier les personnages féminins et à aborder des sujets sociaux avec subtilité et audace.

Sa fille, Nora Johnson, deviendra elle-même romancière, preuve que l’écriture coulait bien dans les veines de la famille. Et si le nom de Nunnally Johnson reste parfois relégué aux crédits de fin, ses dialogues, eux, continuent à résonner dans les salles et à inspirer les scénaristes d’aujourd’hui.

Un homme de l’ombre, certes, mais dont la lumière créative n’a jamais cessé d’éclairer les récits qu’il a touchés.

Filmographie

4 sur 4 films

Film Année Durée Rôles
  • Ajouté le
  • Modifié le